Le président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Serges Ekué a offert, le vendredi 29 septembre dernier, un déjeuner aux journalistes togolais et béninois pour échanger sur la vision de la banque, une activité inscrite au programme des 50 ans de cette institution sous régionale.
« A la banque, nous estimons que cette démarche ouverte nous permettra de sous région ouest africaine au cours des cinquante prochaines années », a affirmé dans sa déclaration liminaire, le président de la BOAD en fonction depuis le 28 août 2020.
A bâtons rompus autour de la table, M. Ekué, entouré de ses collaborateurs a entretenu les professionnels des médias de ces deux pays sur plusieurs sujets notamment les nouvelles orientations de la banque, les réalisations à mi-parcours du plan Djoliba, les secteurs d’investissement et le programme du cinquantenaire de la banque sous le thème : « 2023-2073 : financer le développement autrement, la BOAD du prochain cinquantenaire ».
Bâtir une « BOAD de demain, forte et bien ancrée dans le temps »
Avec ce cinquantenaire, annonce le N° 1 de la banque « les plus hautes autorités de l’Union nous donnerons leurs orientations pour bâtir la BOAD de demain, forte et bien ancrée dans le temps et outillée pour faire face aux éventuelles mutations à venir ». Il n’a relevé que « dans une économie régionale et une économie internationale soumises à de grands bouleversements, de même qu’à des incertitudes de divers ordres, nous ne nous contenterons pas de reproduire, au niveau de la BOAD, les mêmes modèles économiques, les mêmes stratégies ou recettes en matière de financement du développement de nos Etats ». M. Ekué, un expert des marchés financiers et des marchés de capitaux espère faire de la BOAD, « une banque accessible ». « C’est notre maison, elle doit être comprise. La BOAD est une très belle institution qui allie les acteurs régionaux, les propriétaires et les clients », a-t-il dit avant d’inviter tous les acteurs à protéger cet outil qu’est la BOAD.
Depuis sa création en 1973, la banque a totalisé 7 916,9 milliards F CFA d’engagement de financements dans les économies des huit pays de l’Union à savoir : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le
Togo. Cette performance qui sous-tend, d’après le président, « notre plan stratégique
Djoliba est plus que jamais de mise. Il s’agit de bien poursuivre le positionnement de la BOAD en tant qu’une banque de référence, pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’ouest ».
A mi-parcours, les résultats du plan Djoliba sont encourageants
Le plan stratégique 2021-2025 de la banque dénommé « Djoliba » ambitionne une augmentation de l’impact des interventions de la banque en termes de résultats de développement. A travers ce plan, la banque envisage devenir une institution de référence, pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’ouest. Cinq domaines prioritaires sont dans le viseur de ce plan notamment les infrastructures, la production et l’accès équitable à l’énergie et aux ressources naturelles, l’agriculture, l’immobilier, la santé et l’éducation. A la fin du mois de juin dernier, les financements cumulés depuis le début de la mise en œuvre du Plan Djoliba s’élèvent à 1 584,6 milliards F CFA, soit 47,2% de l’objectif quinquennal et 82,4% de l’objectif triennal 2021-2023. Sur cette période, les décaissements se chiffrent à 1 054,8 milliards F CFA. En termes de mobilisation de ressources, le total de ressources mobilisées sur cette période s’établit à 800,5 milliards F CFA. Les fonds propres de la banque notamment le capital a connu une augmentation à travers le projet « Peninsula » qui a permis de mobiliser 900 millions USD au 30 juin dernier.
« Les résultats du plan Djoliba sont encourageants à la 2e année de mise en œuvre », s’est réjoui le président qui espère un renforcement d’intervention pour « une pleine atteinte des objectifs stratégiques ». Pour y parvenir, le président a mis en exergue certains points à travailler notamment le financement des projets intégrateurs d’infrastructures, la promotion des produits « lignes de refinancement » et « arrangements de financement et conseil financier », l’organisation et la sélectivité des projets en lien avec l’augmentation de l’impact des résultats de développement en particulier ceux pouvant contribuer à une décarbonations des économies des Etats membres.
D’autres activités en perspectives
Le programme du jubilé d’or se poursuivra les 10 et 11 octobre prochain avec le sixième et dernier atelier en ligne autour du thème « Développement humain : financer l’habitat abordable et les modèles éducatifs du futur ». A travers ces différents ateliers, a dit le président de la BOAD, « il s’agit de nous faire part de ce que l’on souhaite de nouveau et de plus efficace pour nos Etats, pour notre Union et pour la BOAD elle même ».
Durant la première décade du mois d’octobre, il est prévu une rencontre avec les investisseurs dont les conclusions et recommandations donneront lieu à l’élaboration d’un document prospectif à soumettre à l’appréciation des autorités de l’UEMOA. Les autres temps remarquables de ce cinquantenaire sont, entre autres, une projection privée du film rétrospectif des 50 ans de la BOAD (11 novembre), un séminaire des administrateurs de la banque (12 novembre), un séminaire ministériel (13 novembre) et le lendemain, un forum présidentiel avec la participation des chefs d’Etat des huit Etats pour boucler cet anniversaire de la BOAD dont la création remonte au 14 novembre 1973. AJA/BA







