La Fédération des étudiants en  Pharmacie de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO), a organisé la 21ᵉ édition des Assises scientifiques et culturelles, qui a réuni l’écosystème médical et universitaire sous‑régional, le mercredi 12 août dernier à l’Agora Senghor de Lomé. Objectif : poser les bases d’une refonte totale de la stratégie sanitaire ouest‑africaine. Fini le modèle hérité d’une officine strictement distributrice ; l’heure est à l’industrialisation, à la recherche génomique et à la validation scientifique des savoirs ancestraux. Et pour cause. La pandémie mondiale et les récentes crises logistiques ont agi comme un électrochoc pour le continent : la dépendance aux importations  pharmaceutiques n’est plus seulement une anomalie économique, elle constitue une faille de sécurité nationale majeure.

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L’enjeu est vital : sans une industrie pharmaceutique locale robuste et une recherche scientifique enracinée dans les réalités africaines, l’Afrique de l’Ouest restera dépendante de solutions venues d’ailleurs. Les experts ont plaidé pour une valorisation industrielle de la pharmacopée traditionnelle. Il ne s’agit plus de tolérer la médecine par les plantes de façon informelle, mais de la soumettre à la rigueur des essais cliniques pour breveter de nouvelles molécules actives 100 % africaines.

Professeur Gado Tchangbédji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a fixé le nouveau cap gouvernemental togolais : faire de l’innovation et de la production pharmaceutique locale les boucliers de la sous‑région face aux futures pandémies.

Intervenant en sa double qualité de ministre délégué à la Santé et de doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Lomé, le Professeur Tchin Darré a mis le doigt sur la clé de voûte de cette révolution : la réforme des cursus. Le pharmacien ouest‑africain de demain ne peut plus être formé pour être un simple dispensateur de boîtes de médicaments derrière un comptoir. Il doit devenir un chercheur de pointe, un acteur clé de l’industrie manufacturière et un spécialiste de la validation des savoirs endogènes.

SerAz

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