L’équipe de Suisse féminine aborde les demi-finales des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde 2027 dans un contexte particulier. Largement favorites face à Israël sur le papier, les Suissesses doivent composer avec le climat sensible qui accompagne cette double confrontation (Israël – Suisse à suivre vendredi dès 15h20 sur RTS 2) pour continuer à rêver du Brésil.
Pas de poignée de mains, pas d’échange de fanions, têtes baissées des Irlandais lors de l’hymne israélien, tensions en conférence de presse: les deux matches entre l’Irlande et Israël en Ligue des nations masculine ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. « Je ne souhaite à aucune équipe nationale de traverser ce que nous avons traversé ces deux dernières semaines« , a confié le sélectionneur islandais de l’Irlande Heimir Hallgrimsson à l’issue du deuxième acte de ce duel.
Les tensions ne devraient pas atteindre une telle intensité face à Israël pour l’équipe de Suisse. L’ASF ne souhaite pas voir d’actions de protestation menées sur le terrain, sans fermer la porte à d’éventuelles volontés de boycott individuel. La Fédération a prôné le dialogue avec les joueuses et organisé une rencontre avec le conseil d’équipe composé de la capitaine Lia Wälti, Ana-Maria Crnogorcevic, Noelle Maritz et Géraldine Reuteler. Conseil qui s’est ensuite entretenu avec l’ensemble de l’équipe. Mais le contexte particulier est bel et bien sur toutes les lèvres avant le match aller de vendredi, délocalisé pour des raisons sécuritaires à Mezokovesd, à 120 kilomètres à l’est de Budapest en Hongrie.
L’ancienne internationale Noa Schärz, retraitée depuis 2025, a ainsi appelé au boycott des rencontres ou à afficher des signes ostentatoires de contestation, les questions en conférence de presse ont largement tourné autour du climat qui entoure ce duel lors des premiers jours du rassemblement… La Fédération, elle, souhaite surtout se focaliser sur le terrain. « Tout le monde est au courant du contexte et tout le monde a son avis« , a rappelé le directeur technique du football féminin à l’ASF Johan Djourou lundi. « On sait que ça peut être particulier pour différentes joueuses. Mais ce qui est clair, c’est que le but ultime est la qualification pour le Brésil. On doit tout mettre en oeuvre pour avoir un contexte favorable afin que les joueuses soient prêtes le jour J.«
« On se prépare pour ce match comme pour chaque autre, explique la Valaisanne Iman Beney. C’est clair que le contexte est différent. Mais ce n’est pas à nous de le gérer. On se concentre sur l’aspect sportif. » Pour cette rencontre justement, la Suisse a toutes les cartes en main « même si c’est toujours un peu plus compliqué contre une équipe qui joue en bloc bas. » La joueuse de Manchester City demeure toutefois confiante. « Je pense qu’on a la qualité, qu’on a les joueuses pour trouver des solutions, casser les lignes, tirer de loin.«
Même si le contexte autour de cette double confrontation est complexe, même si l’ambiance risque d’être feutrée dans la campagne hongroise, pas question de se laisser détourner de l’objectif: « Ce sont des qualifications pour la Coupe du monde, c’est maintenant que ça commence. On va se donner à 100%. » Et nul doute que Beney, qui possède également la nationalité brésilienne, compte bien tout mettre en oeuvre pour aider la Suisse à se qualifier et donc à remporter, en premier lieu, cette demi-finale des barrages contre Israël.
Ludovic Perruchoud







