M. N’POH Balolèbè est un acteur du secteur agricole au Togo. Il dirige le Centre interafricain pour la Promotion Economique et les Affaires. Cette structure travaille sur différents volets dans le monde de l’agriculture. Elle apporte sa contribution aussi modeste soit-elle afin que l’agriculture puisse s’associer à la transformation. Le Centre Interafricain pour la Promotion Economique et les Affaires (CIPEA) a entre autres pour services : Le conseil et assistance, l’agro business, l’agro ingénierie, la recherche de financement agricole, la vente de matériels agricoles et la certification des produits.

image

Pour son directeur, point n’est besoin de peindre en noir les efforts qui se font sur le terrain. Il y a un gros travail qui se fait chacun à son niveau mais il le reconnait mais encourage chacun à poursuivre le travail en privilégiant la qualité. Cette interview a été réalisée par l’équipe du journal Lomebougeinfo.

Quels sont les domaines dans lesquels vous intervenez ?

N’POH Balolèbè : Nous sommes essentiellement dans le domaine agricole. Nous faisons de l’assistance-accompagnement en donnant la formation sur les techniques et autres aux jeunes entrepreneurs. Il faut avoir la base du domaine même si on n’a pas un diplôme. Cela implique la rédaction de plan d’affaire afin de bénéficier de financement auprès de structures comme le MIFA.

On se penche aussi sur la qualité des produits dans le cas d’une personne qui fait déjà de la transformation. Qu’il s’agisse d’emballage, de branding, la certification nationale ou internationale, nous intervenons sur tout le processus.

Nous répondons aussi présents lorsque des personnes ont besoin de restructurer leurs fermes ou l’appui de techniciens du domaine. Au-delà de cet aspect, nous cherchons des agrégateurs pour acheter des produits agricoles. C’est en réalité un travail qui se fait en amont lors de la rédaction de plan d’affaires.

Nous faisons aussi la formation agricole. Elle est assez complète car elle contient la méthodologie des différentes cultures. Les techniques enseignées permettent d’avoir des produits qui répondent aux normes internationales.

Vous intervenez aussi dans l’ingénierie agricole. Pouvez-vous en dire plus?

 A ce niveau, nous travaillons à avoir une cartographie des cultures. Aux USA par exemple, on parle de ceintures de culture ou belts. Il est important d’avoir une idée claire sur ce qui se cultive et où, quelle quantité, entre autres. La carte agricole permet à tout investir de savoir où (dans quelle ville, région) commencer une culture. Ce travail est en cours et sera réussi avec le concours de l’Etat.

Nous faisons aussi de la recherche-innovation-développement. Elle permet de mettre des courbes précises à la disposition des partenaires. Ce faisant, il y aura des données beaucoup plus précises sur l’agriculture. Cela permet de revoir les investissements et de savoir où ils peuvent bien servir.

Quels sont vos rapports avec le ministère de l’agriculture ?

 Le ministère est notre partenaire. Nous avons une convention avec le ministère qui nous permet de travailler sur le terrain, à la base. Nous pensons que ce partenariat va continuer par beaucoup nous aider.

 Quelle perception avez-vous du travail des transformateurs ?

Tout le monde veut transformer mais on ne se pose pas les bonnes questions. Il y a un travail qui se fait mais il faut qu’on repense la manière de faire. Nous devons chercher à être compétitifs et cela signifie que nous devons nous inspirer des autres pays.

Nous devons être humbles pour apprendre. Les produits made in Togo doivent en réalité être vendus partout dans le monde. La qualité a du prix mais elle en vaut la peine. Au niveau du CIPEA, nous avons aussi une vitrine pour exposer les produits des entrepreneurs togolais.

Nous espérons que d’ici les prochaines années, ça va beaucoup s’améliorer.

Quel est votre message à la population ?

Nous devons consommer local. On se rappelle que la Chine a fait ce choix il y a longtemps. Cela leur a permis d’être à un autre niveau. Tout le monde sans exception doit se donner cette obligation de consommer ce qui se fait au Togo. On devrait tous avoir des produits locaux et les intégrer dans l’alimentation. Cela rentrera de ce pas dans l’habitude des enfants qui sont la relève de demain.

Qu’avez-vous à dire aux autorités ?

Les autorités doivent aider les entrepreneurs en mettant les moyens à leurs dispositions. Le Togo doit promouvoir des leaders sur le plan entrepreneurial et avoir des entreprises qui le représentent à l’extérieur. C’est le moment de valoriser nos produits techniquement et financièrement malgré ce qui se fait déjà. Il faut par exemple que les autorités assouplissent les procédures et coût de certification. Les gouvernants doivent montrer l’exemple en matière de consommation locale car c’est eux qui prennent les décisions que tout le monde suit.

Votre mot de fin 

 Merci à la Rédaction de Lomebougeinfo pour cet entretien. Bon courage à tout le monde. Le pari n’est pas encore gagné. Nous voulons réussir dans le domaine agricole, qu’on s’y mette corps et âme et qu’on se donne un délai.

 Que l’Eternel bénisse le Togo !

Related Posts