Fortement impliqué dans la rencontre de Lomé axée sur l’harmonisation et l’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, le Directeur Général d’AFRISTAT, Paul-Henri NGUEMA MEYE parle des défis et avantages de l’harmonisation et de la modernisation des données statistiques. Lisez plutôt !

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*Bonjour monsieur le Directeur Général d’AFRISTAT. Présentez nous tout d’abord votre institution !*

Merci monsieur le journaliste! Observatoire Économique et Statistique d’Afrique Subsaharienne, AFRISTAT est une organisation intergouvernementale qui s’occupe de l’harmonisation des statistiques parmi ses États membres. Aujourd’hui l’observatoire compte 22 États membres dont tous les pays membres de l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et ceux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et huit autres pays africains francophones. Notre mandat est d’assurer l’harmonisation  des méthodes de travail statistiques. Notre mandat entre bien en ligne de compte avec le thème de l’atelier auquel nous participons depuis trois jours maintenant. Nous sommes bien en phase.

*Maintenant quelle est l’importance de l’harmonisation ?* 

L’harmonisation nous aide à travailler sur les bases communes d’un État à un autre de sorte qu’on puisse travailler sur les mêmes bases, c’est-à-dire que lorsque vous dites que le taux de pauvreté au Togo est de 5% il ne faut pas qu’il y ait une ambiguïté possible lorsque vous allez écouter demain qu’au Mali le taux de pauvreté est de 5% ou 15% ou encore 20%. Au moins vous pourrez avoir un élément de comparaison. C’est vraiment pour améliorer la comparabilité des informations statistiques que tout ce travail d’harmonisation se fait. Il y a un second volet qui concerne la modernisation. La modernisation c’est pour nous permettre de partager les bonnes expériences. Lorsqu’un pays a acquis une méthode de travail qui lui permet soit d’avancer plus rapidement soit de produire à moindre coût, alors nous encourageons le changement d’expériences et de méthodes entre les directeurs généraux des instituts nationaux de la statistique et des organisations comme AFRISTAT qui s’occupe du renforcement des capacités statistiques.

*D’après vos analyses, y a-t-il des défis liés à cette harmonisation et modernisation à relever ?*

Il y a certainement des défis et ils ne vont jamais manquer. Mais si on peut citer 2 ou 3 que nous avons identifiés, le premier à mon sens relève de l’organisation institutionnelle, c’est-à-dire que vous avez les instituts nationaux de statistique dans les pays qui n’ont pas la même facilité de gestion de leurs ressources. C’est une grosse contrainte parce que la statistique est un produit qui nécessite beaucoup d’exigences de rapidité. Lorsque vous êtes en train de produire de la statistique, vous devez mener des enquêtes. Mais si vous ne pouvez pas disposer des ressources pour mener des enquêtes, la conséquence c’est que la production statistique devient plus chère, c’est la première conséquence. La deuxième conséquence c’est que vous allez accuser des retards qui vous empêchent de participer au travail d’harmonisation que nous sommes en train de faire. Donc la question de l’organisation institutionnelle est une question cruciale.

Le deuxième défi à mon sens serait la disponibilité des ressources. Et c’est justement en cela que la réunion à laquelle nous participons cette semaine est importante parce qu’à travers la Banque Mondiale, le système statistique africain va recevoir des ressources d’un certain montant. Ceci nous amène à réfléchir sur comment utiliser judicieusement ces ressources qui sont mises à disposition.

Le dernier défi reste les ressources humaines. Si elles ne sont pas de qualité suffisante, vous pourriez amener tous les moyens que vous voulez mais il vous sera difficile d’atteindre les résultats escomptés. Voilà les quelques défis que je peux partager avec vous.

*Dites-nous en quelques mots les avantages liés à cette réunion de Lomé ?*

C’est déjà dans la mise en œuvre des projets que les pays vont développer dans les prochaines semaines. On a la chance d’avoir les fonctionnaires de la Banque Mondiale avec nous. Ceux qui ont déjà commencé les projets vont partager avec nous les écueils qu’ils ont rencontrés pour que les autres apprennent de cela pour ne plus commettre les mêmes erreurs lorsque nous allons rentrer dans l’exécution de ces projets. Et l’autre avantage c’est l’amélioration de la qualité des statistiques qui vont permettre la qualité des décisions que nos autorités étatiques vont prendre pour le bien-être des populations.

*Merci monsieur le Directeur !*

Je vous remercie !

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