Sami Galbi, chanteur et multi-instrumentiste lausannois d’origine marocaine signé sur le label genevois Bongo Joe, a sorti début mai un premier album intitulé « YLH Bye Bye ». Un mélange entre raï et électro-pop à découvrir sur scène à Festi’Neuch le 14 juin, puis au Palp Festival et au Paléo en juillet.
« YLH Bye Bye », premier album de Sami Galbi a été, dès sa sortie, très bien accueilli par la critique suisse et internationale. Le titre de ce premier disque est une expression marocaine utilisée pour se dire au revoir (« allez, maintenant, on y va! »), qui résume bien cet élan du départ qui correspond à Sami Galbi, lui qui a passé sa jeunesse entre la patrie de son père, le Maroc, celle de sa mère, la France, et le pays où il est né, la Suisse.
« [Ce titre] symbolisait pour moi évidemment les allers-retours avec le Maroc, et puis aussi ces deux dernières années dans ma vie pleine de ruptures à plusieurs niveaux: des ruptures relationnelles, musicales avec d’autres projets que j’avais avant, un départ pour le Maroc pour ce projet-là et le retour. Et puis aussi, il y a cette forme d’urgence, parce que c’est vrai qu’il y eu un premier single, puis un deuxième, beaucoup de concerts et beaucoup de monde me demandait quand allait arriver l’album. Alors à un moment, Yallah Bye Bye, on le fait », raconte Sami Galbi dans l’émission Vertigo du 3 juin.
Une musique taillée pour le lâcher-prise
Les morceaux de Sami Galbi sont taillés pour le lâcher-prise sur la piste de danse. Le chanteur qualifie lui-même sa musique de raï-gaeton, contraction du raï marocain, qui a tendance à garder sous tension, à élever, et du reggaeton d’Amérique centrale dont la rythmique lourde et répétitive ancre au sol. En associant ces deux styles avec sa créativité musicale, Sami Galbi invente un son qui lui est propre, reconnaissable et très tendance.
« Je participe à quelque chose de plus large qui se développe depuis plusieurs années. Je pense que, petit à petit, avec les rencontres, les concerts et les allers-retours au Maroc, cette idée s’est cristallisée pendant une résidence à Casablanca », confie l’artiste. Là-bas, Sami Galbi vit une immersion dans la musique comme le chaâabi et le melhoun, et sa créativité se trouve sans limites: « Je pouvais faire ce que je voulais. Je pouvais vraiment expérimenter ».
La musique arabe réinventée
De retour de cette résidence, Sami Galbi tire quatre morceaux, puis écrit tout un album en arabe vernaculaire. Un répertoire qui évoque notamment sa grand-mère et son père, décédés tous les deux, mais aussi la ville de Casablanca. Il chante ses expériences personnelles en en tirant un message universel. « Tout le monde vit des séparations, tout le monde vit des décès », indique Sami Galbi.
Avec « YLH Bye Bye », Sami Galbi s’impose comme une figure de proue d’une nouvelle vague d’artistes innovants qui réinventent la musique arabe en l’associant à la musique électronique et à la musique urbaine.
Michel Nzede/ld







