Remporter la victoire dans l’arène de lutte nécessite l’adoption de plusieurs stratégies le jour des empoignades. L’une de ces méthodes consiste pour les lutteurs, surtout ceux du premier rang, à baisser les têtes aussi longtemps que possible avant de se mesurer à leurs adversaires. Les raisons de cette tactique ont été dévoilées par l’encadreur de lutte, Awadé Bagoubadi dans une discussion avec l’Agence togolaise de presse (ATOP).

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Selon M. Awadé tous les préparatifs effectués en amont avec les Evala pour la victoire sur les sites de lutte peuvent se solder le jour j par un échec si des dispositions ne sont pas prises pour protéger leurs visages. « On ne peut pas sortir à visage découvert, car c’est courir un grand risque parce que les lutteurs d’un camp adverse auront le temps de s’organiser pour désigner parmi eux ceux qui doivent affronter les adversaires de l’autre coalition en tenant compte des forces en présence », explique-t-il. Et de marteler « Mais quand les visages des lutteurs sont cachés cela désorganise leurs protagonistes et créé un effet de surprise qui est capital pour triompher dans l’arène de lutte car ils vont se découvrir sans avoir le temps de se préparer ».

Terrasser en premier

A en croire l’encadreur, cette manière de faire est exigée surtout pour les lutteurs de premier rang car l’objectif recherché est de terrasser en premier. « Terrasser en premier, depuis le temps de nos grands-parents, assure la victoire car à cette époque les victorieux de la lutte n’étaient pas ceux qui avaient engrangé le plus grand nombre de points mais plutôt le camp du côté duquel provenait la première victoire », détaille-t-il.  Cette tradition n’est pas pour autant oubliée. C’est ainsi, que dans les arènes de lutte, les différents camps manifestent bruyamment leur joie et allégresse quand un des leurs terrasse en premier. M. Awadé explique que c’est ce premier cri de victoire très important que le Kabyè appelle « Koégoénon ». Ceci pour faire comprendre à leurs adversaires que les autres victoires ne comptent plus parce que le meilleur lutteur, le plus fort d’entre eux tous se trouve dans leur camp.

La bataille continue

Cependant, d’après l’encadreur, le fait de terrasser en premier ne met pas fin à la lutte même aux temps anciens « La bataille va continuer parce que chaque parent est derrière son enfant. Que ce soit le premier ou dernier rang, tous les rangs s’équivalent parce que tout le monde ne peut pas sortir en même temps et donc chaque parent est derrière son enfant pour voir si celui-ci va gagner ou pas car l’ayant préalablement préparé psychologiquement depuis la maison », affirme-t-il. Et de révéler ce qui est dit en famille aux lutteurs avant les empoignades : « Si tu vas au marché sans réussir à vendre ramène intégralement la marchandise » autrement dit « A défaut de remporter la victoire ne perd pas le combat ».

Selon M. Awadé, la récompense qui revient au champion de lutte, c’est d’abord l’honneur pour lui-même, ensuite pour sa famille et sa coalition et enfin la joie qu’il créée à tout le monde.

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