A l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République togolaise, célébré le 27 avril, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a livré un message centré sur la responsabilité collective liée à l’indépendance et la nécessité d’accélérer la consolidation de la souveraineté nationale. Dans un discours solennel, le chef du gouvernement a appelé les Togolais à transformer l’héritage de 1960 en progrès concret pour les populations.
D’entrée, le Président du Conseil a rappelé la portée historique de cette date fondatrice, marquée par « le choix de la liberté, de la souveraineté et de la dignité ». Rendant hommage aux acteurs de l’indépendance, il a souligné que ce combat doit aujourd’hui servir de référence pour affronter les défis contemporains. Selon lui, l’indépendance ne saurait être considérée comme un acquis, mais plutôt comme « une responsabilité permanente » qui implique des efforts constants pour renforcer les institutions, dynamiser l’économie et consolider la cohésion sociale.
Dans un contexte international qu’il a décrit comme « plus incertain, plus fragmenté et plus exigeant », le Président du Conseil a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté et la résilience du pays. Il a souligné que la souveraineté implique la réduction des dépendances stratégiques, la sécurisation des ressources essentielles et la capacité à faire face aux chocs économiques, climatiques et sécuritaires. Cette approche, a-t-il précisé, « ne signifie pas l’isolement, mais plutôt la recherche de partenariats équilibrés, soutenus par une diplomatie active et un engagement régional renforcé ».
Le PC a également mis l’accent sur les attentes sociales des populations, estimant que l’indépendance ne prend tout son sens que si elle améliore concrètement les conditions de vie. Il a évoqué les besoins en matière d’emploi des jeunes, d’accès à l’eau potable, à l’électricité, à la santé, à l’éducation ainsi que la nécessité de réduire les inégalités entre territoires. Face à ces défis, il a réaffirmé la responsabilité de l’Etat d’apporter des réponses concrètes à travers des actions visibles et des résultats mesurables.
Abordant la prochaine étape de l’action gouvernementale, le Président du Conseil a présenté la feuille de route des six prochaines années, placée sous trois exigences majeures : protéger, rassembler et transformer. Ces principes, a-t-il précisé, guideront l’action publique dans la durée.
Le premier axe, « protéger », vise à consolider les fondations de la République. Il s’agit notamment de garantir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire, de renforcer la présence de l’État dans les zones exposées, notamment dans le nord du pays, et d’assurer les conditions d’une vie digne pour les populations. Cette ambition inclut également la préparation face aux chocs climatiques, la sécurité alimentaire et énergétique ainsi que la réduction des dépendances stratégiques.
Le deuxième axe, « rassembler », met l’accent sur la cohésion nationale et l’équité territoriale. Le Président du Conseil a évoqué la nécessité de réduire les disparités régionales, de renforcer la décentralisation et de lutter contre la pauvreté. Il a également insisté sur l’importance du dialogue entre l’État et les citoyens, la transparence dans l’action publique ainsi que la consolidation de la confiance dans les institutions et la justice.
Le troisième axe, « transformer », porte sur la modernisation structurelle de l’économie togolaise. Cette transformation passera par la modernisation de l’agriculture, le développement de la transformation locale, la création d’emplois durables et l’investissement dans la formation des jeunes. Le Président du Conseil a également souligné l’importance du renforcement des infrastructures logistiques, notamment les routes, les zones industrielles et les capacités portuaires, afin de produire davantage de richesse sur le territoire national.
Enfin, le Président du Conseil a insisté sur la dimension inclusive de cette stratégie. Il a annoncé l’ouverture prochaine d’une phase de concertation avec les institutions, le secteur privé, la société civile et les partenaires du Togo afin d’enrichir la feuille de route gouvernementale. L’objectif, a-t-il expliqué, est de bâtir une action publique « plus ouverte, plus concertée et plus responsable ».
Concluant son adresse à la nation, le Président du Conseil a réaffirmé que « l’indépendance n’est pas un souvenir, mais un projet collectif, destiné à construire un Togo plus souverain, plus résilient, plus juste et plus prospère ».






