Il est parfois peu aisé de s’y retrouver dans le dédale des ensembles régionaux d’Europe centrale et orientale dont fait partie la Tchéquie à l’heure actuelle – on fait le point.

image

« Bien que l’Initiative des Trois Mers ne soit pas très connue du grand public, elle a déjà célébré son dixième anniversaire. Elle a été créée dans le but de soutenir non seulement la mobilité, mais aussi les connexions entre les pays d’Europe centrale et orientale.

Ses principaux domaines d’action concernent l’interconnexion de ces pays à travers les infrastructures de transport, les réseaux énergétiques ainsi que les liaisons de données et de communication.

Il s’est avéré qu’il s’agit d’un groupement très pragmatique, dont l’importance ne cesse de croître et qui attire l’intérêt des investisseurs. C’est pourquoi il est positif que la République tchèque y participe » : c’est ainsi que le président tchèque Petr Pavel a présenté, dans une courte vidéo, cet ensemble régional dont le sommet était organisé cette semaine à Dubrovnik, 10 ans après la création de cette Initiative des Trois mers dans cette même ville balnéaire croate.

L’Initiative des Trois Mers compte 13 pays membres, dont la Tchéquie, qui est avec la Slovaquie l’un des pays qui appartient au plus grand nombre d’ensembles et de groupes régionaux de pays en Europe. L’occasion de faire le point sur tous ces groupes à l’heure actuelle.

D’abord, parmi ces groupes régionaux les plus connus figure le Groupe de Visegrad (ou V4), souvent évoqué sur nos ondes en fonction des accointances entre les leaders des trois, puis quatre pays qui le forment depuis 1991 : la Hongrie, la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie.

Tchéquie et Slovaquie forment aussi avec l’Autriche le Format de Slavkov – Austerlitz-Format en allemand – ou S3, né en 2015 dans la commune où Napoléon a remporté la célèbre bataille.

Mais cela ne s’arrête pas là – ce serait trop simple. La Tchéquie est également partie intégrante du Central 5 (C5), qui rassemble avec elle dans un groupe informel quatre autres États depuis 2020 : l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie.

Les deux prochains ensembles sont a priori connus par les férus de la géopolitique de l’Europe centrale et orientale – pour les autres ça devient quand même légèrement compliqué :

*La Coopération de défense d’Europe centrale (CDEC) est une structure de collaboration militaire créée en 2010 et composée de six pays : Autriche, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Slovénie et Croatie.

*Le Forum de Salzbourg – peut être abrégé dans sa forme anglaise en SF bien que nous soyons loin de la science-fiction – est quant à lui un partenariat de sécurité en Europe centrale réunissant neuf États de la région : l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Vous suivez ? Ça tombe bien, car ce n’est pas fini – toujours dans le domaine de la défense, la Tchéquie fait également partie des Neuf de Bucarest, également appelé B-9 ou Format Bucarest, qui réunit – évidemment – lui aussi neuf pays, mais pas les mêmes que le Forum de Salzbourg – ce serait étrange. Donc, sont membres du B-9 neuf pays qui ont pour point commun d’être d’anciens membres de l’Union soviétique ou du Pacte de Varsovie et de se trouver sur le flanc oriental de l’OTAN : la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Tchéquie.

À l’échelle supérieure, avec 13 pays membres, se trouve donc l’Initiative des Trois Mers déjà évoquée plus haut. La Tchéquie, on le rappelle, fait partie de l’Union européenne depuis 2004, comme tous ses voisins, mais ne fait pas partie de l’Eurozone, contrairement à bon nombre de ses voisins.

On pourrait également ajouter que, depuis 2023, le Format de Riga regroupe les États baltes et la Pologne, mais, comme la Tchéquie n’en fait pas partie, soyons indulgents.

Si l’auditeur ou même le lecteur distrait en cette veille de week-end prolongé a encore un peu de mal à déterminer, par exemple, quel pays fait partie du S3 mais pas du V4, et un schéma valant peut-être mieux que trop d’explications, en voici un relativement clair dans cet imbroglio : https://x.com/IanCooperEU/status/1511265026224631808

Enfin, pour conclure, rappelons qu’un autre groupe régional avait été initié par la Chine il y a une quinzaine d’années – appelé 14+1 puis 16+1 et 17+1 – afin de regrouper tous les pays d’Europe centrale et orientale (puis la Grèce) dans un partenariat avec Pékin, mais ce format n’a pas survécu au rapprochement de certains pays (dont les États baltes) avec Taïwan et à la guerre russe en Ukraine.

Auteur:Alexis Rosenzweig

Related Posts