L’équipe tchèque de football a raté son retour en Coupe du monde, vingt ans après sa dernière participation à une phase finale. Pour ses débuts dans la compétition, ce vendredi à Guadalajara (Mexique), la Reprezentace, malgré l’ouverture du score en deuxième mi-temps par son capitaine Ladislav Krejčí, a été logiquement battue (1-2) par une Corée du Sud plus entreprenante et techniquement supérieure.

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Vingt ans, jour pour jour, après sa dernière victoire contre les États-Unis (3-0), le 12 juin 2006, suivie alors de deux défaites contre le Ghana et l’Italie qui avaient finalement abouti à son élimination dès le premier tour, la République tchèque n’a pas retrouvé le goût du succès en Coupe du monde, contrairement à ce qu’espéraient ses courageux supporters qui avaient écourté leur nuit de sommeil (coup d’envoi à 4h00, heure de Prague).

 

Ladislav Krejčí (7) marque un but de la tête lors de la deuxième mi-temps d’un match de football de la Coupe du monde, dans le groupe A, contre la Corée du Sud, à l’Estadio Guadalajara de Zapopan, au Mexique|Photo: Yonhap News/Newscom/Profimedia

Alors qu’ils menaient 1 à 0 contre le cours du jeu, après que le défenseur central Ladislav Krejčí, à la 59e minute, a propulsé le ballon de la tête au fond des filets coréens suite à une longue touche, et sur leur premier tir cadré de la rencontre, Patrik Schick, Pavel Šulc – tous deux invisibles pendant l’essentiel des 64 minutes qu’ils ont passées sur le terrain –  et leurs partenaires ont fini par céder dans la dernière demi-heure.

À force d’insister, et malgré plusieurs arrêts avant cela du gardien Matěj Kovář, indéniablement le meilleur joueur tchèque d’une rencontre dont la deuxième période a été autrement plus rythmée et animée que la première, très tactique, le milieu de terrain Hwang In-beom a d’abord égalisé d’un subtil petit ballon piqué (67e). Puis l’attaquant Oh Hyeon-gyu, plus prompt que des défenseurs tchèques tardant eux à réagir au danger, a inscrit le deuxième but décisif en reprenant un centre au premier poteau (80e), permettant ainsi à la Corée de rejoindre en tête du groupe A le Mexique, qui avait dominé l’Afrique du Sud (2-0) quelques heures plus tôt en ouverture du tournoi.

Une juste récompense pour une formation asiatique globalement enthousiasmante qui, même si elle n’a pas tout réussi et a parfois manqué d’efficacité, s’est toujours efforcée d’aller de l’avant.

Comme lors des deux matchs de barrages contre l’Irlande et le Danemark en mars dernier à Prague, lors desquels ils avaient arraché leur qualification pour ce Mondial 2026, et conformément à ce que l’on attendait d’eux avant le coup d’envoi, les Tchèques ont essentiellement misé sur leur organisation collective, leur supposée solidité défensive et leur abnégation tout en s’efforçant de profiter de leur avantage en taille sur chaque phase arrêtée à proximité de la cage adverse.

Minimaliste mais efficace, ce plan de jeu aurait pu suffire, et a même d’ailleurs longtemps suffi à leur bonheur – beaucoup moins à celui des spectateurs neutres. Mais les insuffisances techniques d’un trop grand nombre de leurs joueurs pour ce niveau de compétition auront, cette fois, constitué une limite rédhibitoire.

Ils auraient pu, mais…

Certes, si son but n’avait pas été refusé pour hors-jeu, Tomáš Souček aurait pu, lui aussi de la tête à la reprise d’un coup-franc (77e), redonner l’avantage à la Reprezentace. Et avec un poil de réussite en plus, ou sans deux arrêts déterminants du portier coréen Kim Seung-gyu sur une frappe de près d’Adam Hložek (82e) puis sur un tir au sol de Michal Sadílek dans le temps additionnel, les hommes de Miroslav Koubek auraient aussi pu arracher l’égalisation en toute fin de match.

Au-delà même d’un résultat qui, forcément, aurait permis d’envisager avec davantage d’optimisme une éventuelle qualification pour les 16es de finale avant le prochain match contre l’Afrique du Sud, jeudi 18 juin (18h00) à Atlanta, l’évaluation de cette entrée en matière dans cette Coupe du monde 2026 aurait alors été probablement différente, ne serait-ce que sur la forme.

Mais sur le fond, au vu de la pauvreté du contenu proposé, vivement critiqué dans les médias tchèques ce vendredi matin, le constat n’en serait pas moins resté le même que celui établi depuis déjà plusieurs années : dès lors qu’elle se mesure à un adversaire ambitieux dans le jeu et techniquement mieux armé qu’elle, comme dans le cas de la Corée du Sud, la « česká Repre » souffre fatalement de la comparaison. Et comme l’a honnêtement reconnu son sélectionneur Miroslav Koubek quelques minutes après ce premier revers logique, c’est donc bien « la meilleure équipe [qui] a gagné ».

 

Les supporters tchèques à Guadalajara|Photo: Daniel Becerril, Reuters

Auteur:Guillaume Narguet

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