À la veille d’une audience au Vatican du président sud-coréen Lee Jae-myung, le préfet du Dicastère pour le clergé, ancien archevêque de Daejeon, a célébré ce dimanche une messe pour la paix et la réconciliation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.
«La péninsule coréenne porte encore les stigmates de la division. Des frères et sœurs vivent toujours séparés. Quelle souffrance pourrait être plus grande que celle-là ? Nous ne pouvons en aucun cas renoncer à la paix, pour aucune raison. Nous avons la responsabilité de nous engager tous, ensemble et de toutes nos forces, pour construire la paix». C’est par cet appel, lors de son homélie prononcée à l’occasion de la messe spéciale pour la paix et la réconciliation dans la péninsule coréenne, dans la basilique romaine Saint-Paul-hors-les-Murs, que le cardinal coréen Lazzaro You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le clergé et archevêque-évêque émérite de Daejeon, a souhaité que la République de Corée «puisse témoigner devant le monde entier que le dialogue est plus fort que la confrontation, la réconciliation plus forte que la haine et la confiance plus forte que la peur». Un vœu formulé en s’adressant directement au président sud-coréen, Lee Jae-myung, présent à la célébration ce dimanche avec son épouse Kim Hye-kyung, quelques représentants du gouvernement sud-coréen et des membres du corps diplomatique de différents pays du monde.

Le président sud-coréen Lee Jae-myung, au centre, et son épouse.
Avec Léon XIV, l’Église en mission pour construire la paix
En ce onzième dimanche du temps ordinaire, à la veille de l’audience du Pape Léon XIV avec le président Lee, prévue le 15 juin, le cardinal You a rappelé que «même dans les endroits les plus difficiles, il y a toujours de l’espérance». La compassion, a-t-il invité, «doit remplacer la violence, et la communication doit remplacer l’indifférence. Même lorsqu’une personne semble impossible à dialoguer, la voie de la paix s’ouvre lorsque nous cherchons la rencontre avec un cœur disposé à l’écoute». Le cardinal coréen a souligné que, guidée par Léon XIV, «l’Église catholique continue de s’engager sans relâche pour réaliser sa mission de préserver la dignité de toute vie humaine et de construire un monde de paix».
La vraie paix naît d’un dialogue sincère et ouvert
La vraie paix, a-t-il expliqué, n’est pas simplement l’absence de conflits, mais elle naît d’engagements concrets : «un dialogue sincère et ouvert, le respect de la dignité de chaque personne humaine et l’effort de comprendre la situation de l’autre». Pour le cardinal, «les langages de la politique et de la diplomatie peuvent être différents, mais le désir de protéger la vie, de servir la personne humaine et de rechercher le bien commun peut toujours se rejoindre dans l’esprit de l’Évangile».

Le cardinal You pendant la messe
Le Pape François et la compassion envers les victimes
Le monde d’aujourd’hui, a poursuivi le cardinal You, «est une époque où la compassion envers nos frères et sœurs est plus nécessaire que jamais». Mais là où devrait régner la compassion, «nous trouvons souvent l’indifférence et l’égoïsme ; et même la violence et la force tentent de prendre sa place. Au milieu de cette réalité, le Seigneur nous appelle à avoir un cœur plein de compassion envers ceux qui sont victimes de la violence», a-t-il ajouté, rappelant la rencontre du Pape François avec les familles des victimes de la tragédie du ferry Sewol, lors de son voyage en Corée du Sud en août 2014. «Dans un silence profond, par la prière et avec un regard plein d’amour, il a accueilli leur douleur» et «a montré concrètement que l’Église doit être une Église qui chemine aux côtés des pauvres et de ceux qui souffrent».
L’Église est aux côtés de ceux qui sont blessés
Sur le vol de retour vers Rome, a conclu le préfet du Dicastère pour le clergé, on lui a demandé si son geste de consolation pouvait être interprété politiquement. Le Pape François avait répondu clairement : «Face à la douleur humaine, on ne peut pas rester neutre». Ces paroles, pour le cardinal You, «ont apporté une profonde consolation et du courage à la société coréenne. Elles nous ont rappelé que le style de l’Évangile et la manière de vivre la compassion propre à l’Église ne consistent pas à créer des divisions, mais à rester aux côtés de ceux qui sont blessés».
Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican






