Cette nouvelle revue de presse s’intéresse notamment à la décision d’abolir la redevance audiovisuelle. Elle explique également pourquoi les Tchèques divorcent désormais moins souvent qu’auparavant. Enfin, un mot sur l’histoire du Festival du film de Karlovy Vary et sur les critiques suscitées par la Coupe du monde de football.

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Le gouvernement d’Andrej Babiš a décidé qu’à partir de l’année prochaine, la Télévision tchèque et la Radio tchèque ne seraient plus financées par la redevance audiovisuelle, mais par le budget de l’Etat. Selon le journal en ligne Echo24.cz, il s’agit du sujet politique le plus brûlant de l’année. « Le gouvernement a apporté à une partie importante des électeurs ce qu’ils attendaient de lui. A savoir une satisfaction émotionnelle », écrit-il. Le ton du journal Hospodářské noviny est à ce propos catégorique :

« En réalité, le gouvernement a choisi de placer ces deux médias sous son contrôle direct tout en réduisant leurs ressources financières. La Télévision tchèque devrait ainsi perdre près d’un milliard de couronnes par rapport à cette année, tandis que la Radio tchèque verrait son budget amputé d’environ 400 millions. Certes, la majorité au pouvoir est parfaitement en droit d’engager de telles réformes. Mais il est difficile de croire que son objectif se limite à faire des économies. Tout porte à croire qu’elle cherche avant tout à accroître son influence sur les médias de service public. L’enjeu est de les mettre sous pression, de les affaiblir et, à terme, de mieux les contrôler. »

L’éditorialiste conclut qu’il sera sans doute difficile d’empêcher cette évolution. « Mais protester a tout de même un sens », écrit-il, en référence aux manifestations et aux grèves annoncées dans les prochains jours.

Selon le site d’information Forum24.cz, le problème est que ni Andrej Babiš (ANO) ni le ministre de la Culture Oto Klempíř (Automobilistes) ne semblent eux-mêmes avoir une vision claire du modèle de médias de service public qu’ils souhaitent mettre en place.

« Il n’y a pas de débat à ce sujet, ils n’en ont pas mené et n’en mènent pas. Le gouvernement présente à la hâte une proposition qu’il souhaite faire adopter le plus rapidement possible, idéalement d’ici la fin de l’année. Sans débat, sans projet. Pourtant, une discussion sur les moyens dont doivent disposer les médias du service public est tout à fait légitime. Tout comme une définition plus précise de leur rôle dans la société, trente ans après l’adoption des premières lois en la matière. »

« Le projet de loi du gouvernement supprime les médias publics tels que nous les avons connus au cours des trois dernières décennies. Pas immédiatement, mais à plus long terme », observe pour sa part un article publié sur Seznam Zprávy qui indique :

« La modification proposée du financement ne se traduit pas seulement par une intervention dans le budget des deux institutions et par la nécessité de réaliser des économies. Les médias publics, qui vont perdre des centaines de millions de couronnes, devront faire des économies partout où cela sera possible. Et très probablement là où cela fera le moins mal, vu de Prague. C’est-à-dire dans les régions. Ce qui est dangereux. »

Les Tchèques désormais plus prudents à l’égard du divorce

Le nombre de divorces en Tchéquie est à son plus bas niveau depuis au moins vingt-cinq ans. Une information que rapporte l’hebdomadaire Respekt qui constate que, depuis cinq ans, on ne peut plus affirmer qu’un mariage sur deux se solde par un échec :

« Selon les données de l’Office tchèque des statistiques, le taux global de divorce, c’est-à-dire la probabilité qu’un mariage se termine par un divorce, est tombé à environ 40 % en 2020. C’est en 2023 que cet indicateur a atteint son niveau le plus bas pour s’établir à 37 %. Les démographes s’attendent à ce que cette baisse se poursuive dans les années à venir. »

Le magazine explique que le taux de divorce est étroitement lié à l’âge auquel les gens se marient. Les mariages contractés à un âge très jeune sont généralement  plus instables que ceux qui se font à un âge plus avancé. L’âge moyen auquel les Tchèques se marient est aujourd’hui d’environ 31 ans pour les femmes et de 33 ans pour les hommes. « Aujourd’hui, les Tchèques se marient en moyenne neuf ans plus tard que dans les années 1980. Ils le font également pour des raisons généralement plus réfléchies que le simple fait d’être amoureux ou d’attendre un enfant », précise-t-il, avant d’évoquer un autre élément qui vient confirmer cette évolution.

« Le mariage est passé du statut de norme sociale à celui d’institution qui ne convient pas à tout le monde, que ce soit pour des raisons philosophiques ou matérielles. On constate en effet qu’aujourd’hui, ce sont plus souvent les personnes les plus diplômées et les plus favorisées sur le plan socio-économique qui choisissent de se marier. A l’inverse, les couples non mariés, y compris ceux qui ont des enfants, se révèlent en moyenne moins stables, tandis que les personnes disposant de moins de ressources financières franchissent moins fréquemment le pas du mariage. »

Le Festival international du film de Karlovy Vary : 60 ans déjà

A l’approche du Festival international du film de Karlovy Vary, dont la 60ème édition se tiendra du 3 au 11 juillet 2026 et qui proposera des centaines de projections, des avant-premières mondiales et européennes, des débats d’experts ainsi qu’un riche programme parallèle, le journal en ligne Lidovky.cz rappelle :

« Deuxième plus ancien festival de cinéma au monde, le Festival de Karlovy Vary appartient à la première génération des grandes manifestations cinématographiques européennes nées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il y a 80 ans se tenait sa première édition à vocation internationale, alors encore sans compétition, organisée conjointement dans les villes thermales de Mariánské Lázně et de Karlovy Vary. Cette édition a précédé les premières éditions des festivals de Cannes et de Locarno, ainsi que la reprise du plus ancien festival de cinéma au monde, celui de Venise, dont la septième édition marquait alors le renouveau après la guerre. »

Le chroniqueur de Lidovky.cz raconte qu’au cours des trente dernières années, le festival de Karlovy Vary a été soutenu par de nombreuses personnalités éminentes dont, le réalisateur Miloš Forman, la secrétaire d’Etat américaine d’origine tchèque Madeleine Albright et le président Václav Havel auquel une exposition photographique à l’hôtel Thermal sera consacrée cette année. Ceci en rappel du 90e anniversaire de sa naissance.

La Coupe du monde de football sous une pluie de critiques

Les pays qui aspirent à accueillir la Coupe du monde de football, l’un des événements sportifs les plus suivis de la planète, y voient généralement une occasion de redorer leur image ou de faire oublier une réputation parfois ternie. Mais, comme le relève le site d’information Seznam Zprávy, les Etats-Unis, principal organisateur de l’édition 2026 aux côtés du Mexique et du Canada, semblent avoir opté pour une approche pour le moins inhabituelle : au lieu de soigner leur image, ils donnent parfois l’impression de mettre en avant ce qui suscite le plus de controverses :

« Les Etats-Unis confirment que, à l’image de leur président, ils deviennent un pays toujours plus arrogant, mais aussi plus fermé et plus hostile, affichant un mépris croissant à l’égard du reste du monde et ne manquant jamais une occasion de lui compliquer la tâche. Parmi les exemples les plus frappants figure le refus d’entrée sur le territoire opposé à l’un des meilleurs arbitres africains, originaire de Somalie. Les prix exorbitants pratiqués sur place et l’image actuelle des Etats-Unis sont également loin de favoriser l’afflux de touristes aisés et de supporters espéré par les organisateurs. Certes, la situation peut encore évoluer, mais le scepticisme semble largement partagé. Ainsi, alors que les organisateurs tablaient sur la venue de 1,2 million de supporters à New York pendant la compétition, les hôteliers locaux ne s’attendent désormais qu’à environ la moitié de ce chiffre. »

Mais c’est surtout l’organisateur principal de la compétition, la Fédération internationale de football (FIFA), qui est sous le feu des critiques. Le chroniqueur de Seznam Zprávy estime que son président, Gianni Infantino, avait déjà largement entamé sa crédibilité en remettant à Donald Trump le tout premier « Prix de la paix de la FIFA ». Selon lui, cette distinction, censée compenser l’absence persistante d’un prix Nobel de la paix pour le président américain, devait également garantir une attitude plus conciliante de l’administration Trump pendant la Coupe du monde, notamment en matière de visas et d’entrée sur le territoire. « Nous savons aujourd’hui qu’il n’en a rien été », écrit-il. Le chroniqueur conclut toutefois sur une note plus légère, reconnaissant que malgré toutes ces réserves, il se laissera finalement volontiers séduire par la magie du ballon rond.

Alena Gebertová

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