Le chiffre donne la mesure de la menace : plus de 900 000 alertes d’intrusion auraient été enregistrées en soixante jours au Gabon, certaines jugées très critiques. Après plusieurs attaques contre des organismes du pays, le gouvernement hausse le niveau de vigilance. Dans une communication consacrée à la cybersécurité, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, appelle désormais administrations, entreprises et particuliers à considérer la protection numérique comme une exigence permanente.

Mark-Alexandre Doumba sonne l’alerte face à la montée des cybermenaces au Gabon. © GabonReview (capture d’écran)
Le danger n’est plus théorique. Il frappe aux portes des systèmes informatiques gabonais, teste leurs failles et, parfois, parvient à les franchir. Face à ce que le gouvernement décrit comme une recrudescence des tentatives d’intrusion, des piratages et des cyberattaques, Mark-Alexandre Doumba a appelé, le 7 septembre, à un changement de posture : ne plus attendre l’incident pour réagir, mais tenter de le prévenir.
«La cybersécurité ne relève pas uniquement des spécialistes de l’informatique, elle constitue désormais une responsabilité collective», a insisté le ministre. Une manière d’élargir le périmètre de la défense numérique bien au-delà des salles serveurs et des directions informatiques : «Chaque utilisateur d’un ordinateur, d’un téléphone, d’une messagerie électronique ou d’un service numérique peut, par son comportement, contribuer à renforcer ou, au contraire, à fragiliser la sécurité d’un système d’information.»
Aussi, Mark-Alexandre Doumba a-t-il appelé administrations, entreprises et citoyens à observer une vigilance de tous les instants face aux courriels suspects, liens douteux et sollicitations frauduleuses par téléphone ou messagerie.
900 000 alertes en deux mois
Le niveau de pression aurait fortement augmenté. Lors d’une réunion présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, il a été fait état de «plus de 900 000 alertes d’intrusion» recensées en soixante jours, dont certaines présentant «un niveau très critique».
Le vice-président du gouvernement a également évoqué les cyberattaques ayant récemment touché la Société de commercialisation générale (SCG) et le Conseil gabonais des chargeurs. Des incidents qui, pour l’exécutif, font désormais de la cybersécurité un «enjeu majeur de souveraineté nationale, de continuité des services publics et de protection de l’économie», selon Mark-Alexandre Doumba.
Le ministre annonce dans ce contexte un renforcement des «mécanismes de prévention, d’audits et de contrôle, de protection et de réponse aux incidents de cybersécurité», avec l’objectif de passer d’une logique de réaction après attaque à une logique d’anticipation des vulnérabilités.
Deux chantiers structurants ont été arrêtés à l’issue de la rencontre avec le vice-président du gouvernement : la gouvernance de la digitalisation, encadrée par la loi 037, et sa déclinaison opérationnelle, consignée dans un cahier des charges devant être soumis au vice-président pour amendements.
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