Winsley Boteli, l’attaquant genevois du FC Sion, affole les compteurs en ce début de saison et confirme le potentiel entrevu chez les jeunes au Servette FC puis au Borussia Mönchengladbach. L’équipe de Suisse lui tend les bras. Murat Yakin le retiendra-t-il la semaine prochaine?

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Alors que l’Europe a les yeux rivés sur la reprise de la Ligue des champions, le football suisse se perd en conjecture autour de la prochaine liste de Murat Yakin, qui sera livrée le 17 septembre pour les prochains matches de Ligue des nations. L’interrogation principale concerne Winsley Boteli; le quinquagénaire appellera-t-il la pépite de 20 ans afin d’affronter la Macédoine (26 septembre) puis l’Ecosse (29 septembre)?

La logique voudrait que le sélectionneur suisse lui fasse confiance au moment où, il faut bien le dire, l’équipe nationale manque d’un « tueur » dans la surface de réparation. Sauf que tout le monde sait aussi que la RD Congo, la patrie d’origine de Boteli, n’est pas la dernière à lui faire du pied, quand bien même l’intéressé a-t-il affirmé mercredi au Nouvelliste vouloir défendre le maillot rouge à croix blanche. En attendant que ne se décide le futur international du No 13 du FC Sion, qui ne sera figé qu’une fois l’attaquant apparu en match officiel, force est de constater que ses performances fascinent autant que son instinct de buteur, et ce loin à la ronde. Tout cela ne vient pas de nulle part. Surtout pas!

En M16 à Servette, Winsley a tout de suite fait étalage de nombreuses qualités, dont cette faculté devant le but qui ne s’apprend pas. C’est inné, chez lui.

Christopher Clément, entraîneur-assistant des M16 de Servette en 2022

« A l’époque où je le coachais avec Luigi Pisino, il était déjà monstrueux, se souvient ainsi Christopher Clément, entraîneur-assistant des M16 du Servette FC, ère Boteli, en 2022. Avec nous, Winsley a tout de suite fait étalage de nombreuses qualités, dont cette faculté devant le but qui ne s’apprend pas. C’est inné, chez lui. Dès le premier coup d’oeil, on ne pouvait voir que lui. Ce garçon sait transformer une ‘demi-occasion’ en but. A chaque fois…« 

Notre interlocuteur, qui se tient désormais loin du monde du foot, se souvient notamment d’un but inscrit à Zurich, où le désormais joueur du FC Sion avait fait ce qu’il voulait. « Non seulement Boteli est un remarquable finisseur, mais il sait aussi venir de plus loin pour se frayer un chemin jusqu’au but adverse« , applaudit le trentenaire. Et ce n’est pas la seule qualité de son ancien protégé, qui avait à l’époque « planté » 30 réussites en 29 matches pour porter le SFC au titre national M16.

« Dos au but, Winsley peut également faire des miracles, reprend Clément. Il sait parfaitement utiliser son corps, il peut briller comme pivot. Le travail de sape qu’il effectue sur les défenseurs fait du bien à toute l’équipe. Il pèse lourd sur ses adversaires, il les fatigue. En face, personne ne peut lui laisser un demi-espace, car même à la 75e, s’il en trouve un, il s’y engouffrera. Preuve en est ce qu’il a fait l’autre jour contre Bâle…« 

Football, Super League: les Constantins ne veulent pas vendre Boteli, même pour 20 millions
Football, Super League: les Constantin ne veulent pas vendre Boteli, même pour 20 millions / Sport dimanche / 1 min. / le 30 août 2026

Pour rappel: le 3 septembre, alors que le FC Sion était mené 1-0 par les Rhénans, Boteli avait renversé le match en quatre minutes au Parc Saint-Jacques, marquant aux 76e et 79e pour donner la victoire aux siens. Quelques jours auparavant, l’Helvète avait frappé fort en Conference League contre l’Ajax Amsterdam avec un triplé (défaite 5-3). « Vous en connaissez beaucoup, vous, des joueurs suisses qui peuvent mettre trois buts à Amsterdam dans un vrai match qui compte?« , interroge, sourire aux lèvres, Christopher Clément, encore tout ébaubi par la prestation de son ancien joueur.

Poser la question est y répondre. Ces trois buts découlent bien sûr du talent de l’attaquant, mais ils récompensent aussi le travail effectué par l’intéressé pour en arriver là. « Winsley, c’est un bosseur, avec une mentalité extraordinaire, loue l’ancien technicien des jeunes du SFC. Il promène une incroyable joie de vivre. C’est un peu un ‘déconneur’, assez décontracté, mais une fois sur le terrain, il est concentré comme personne. Il est doté d’une incroyable faculté à ‘switcher’. Ca aussi, c’est fascinant.« 

Partir à Gladbach, dans un club qui a une idée assez offensive du foot et dans un pays qui sait mieux que personne encadrer et valoriser les jeunes était une très bonne décision…

Christopher Clément, entraîneur-assistant des M16 de Servette en 2022

Comme tant d’autres, Christopher Clément promet Boteli à un fabuleux avenir. Aussi car le jeune homme a, jusqu’à présent, toujours effectué les bons choix. « Partir à Gladbach, dans un club qui a une idée assez offensive du foot et dans un pays qui sait mieux que personne encadrer et valoriser les jeunes était déjà une très bonne décision, salue son ancien coach. Ensuite, l’idée de revenir en Suisse gagner du temps de jeu à Sion en a été une autre. Cette année de stabilité, durant laquelle il doit vraiment se faire une place à Tourbillon, devrait lui permettre de franchir un cap supplémentaire. »

Et d’emmener, aussi, le club valaisan avec lui. « Parce que oui, Winsley n’est pas un joueur qui ne pense qu’à sa gueule, observe Clément. Il peut tirer un collectif. Certes, il est exigeant avec les autres, mais il a le droit de l’être. D’une part car il est exemplaire derrière et, d’autre part, car il est encore plus dur avec lui-même. C’est l’un de ces rares gars qui peuvent être des leaders techniques et des leaders aussi par la voix. »

Le tableau brossé présente un Winsley Boteli qui a tout pour plaire et tout pour réussir. « Oui, il peut aller très, très loin« , assure Christopher Clément. Avec la Suisse, aussi? « Ce n’est pas à moi de dire quel choix il doit faire, répond son ancien coach. Mais tout ce que je vois, c’est que jusqu’à aujourd’hui, il a été de toutes les sélections helvétiques de jeunes. » Ne lui reste donc « plus qu’à » endosser le maillot des « A ».

« Allô, Winsley, c’est Murat à l’appareil… »

Arnaud Cerutti

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