Après la messe au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, Léon XIV a rencontré le personnel et les résidents de la structure d’accueil, où, depuis 1997, 750 000 personnes malades, accompagnateurs et personnes en situation de handicap ont séjourné. Les témoignages d’un médecin, et de Marguerite Hourt, qui, en 2016, a vu sa vie basculer après une chute de vélo dans un ravin, ont marqué ce moment rempli d’émotions.

image

Antonella Palermo – Cité du Vatican

La fragilité des personnes malades ou en situation de handicap se mêle au dévouement de ceux qui leur offrent un peu de tendresse, de compagnie, de partage et de soins. Les mains tendues de ceux qui cherchent du réconfort, même dans le doute et la colère, croisent celles de ceux qui se font bons samaritains. Au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, la rencontre du Pape avec les animateurs et les personnes accompagnées par « l’Accueil Notre-Dame« , devient ainsi un cercle de dons. Les témoignages présentés au Successeur de Pierre parlent d’une guérison du cœur, qui redevient un cœur de chair, qui recommence à aimer avec plus de conviction, d’ardeur et de confiance.

Les fragilités, le ciment du sanctuaire

Des milliers de personnes choisissent de passer leurs vacances à Lourdes pour aider les malades à accomplir leur pèlerinage, explique au Pape le directeur de « l’Accueil Notre-Dame« , Mathias Terrier, qui, sous les applaudissements de l’assemblée composée de professionnels de santé, de malades et d’accompagnateurs, évoque un lieu où, d’une certaine manière, on goûte déjà à l’ailleurs, à l’éternité, à l’au-delà. Depuis 1997, année de son inauguration, 750 000 personnes malades ou en situation de handicap, y ont séjourné, parmi lesquelles saint Jean-Paul II en 2004. Leurs fragilités sont «le ciment des pierres de cet édifice». C’est ici que le Pape est accueilli, dans ce qui n’est pas seulement un lieu géographique, mais une véritable «école de vie».

Le médecin s'adressant au Pape

Le médecin s’adressant au Pape   (@Vatican Media)

Le médecin: la souffrance accompagnée apporte l’espérance

«Soigner, c’est se donner, partager notre humanité, en refusant de réduire notre mission au verbe “avoir” ou au verbe “être”, mais plutôt de la vivre à travers le verbe “aimer”». C’est ainsi que s’exprime l’un des médecins qui prend la parole devant le Pape. «Lourdes permet d’accomplir le plus beau des voyages, celui qui consiste à aller à la rencontre de l’autre», raconte-t-il, mettant en lumière précisément cette réciprocité de conscience, ce reflet: les personnes fragiles «nous offrent le don de nous révéler notre propre vulnérabilité. Un don merveilleux de cette relation entre celui qui sert et celui qui est servi, qui ne peut être accueilli qu’en le vivant».

Ce professionnel de santé va jusqu’à dire que «Lourdes, c’est la joie» et que, surtout, le parcours dans lequel il s’est retrouvé impliqué, a profondément transformé sa manière d’exercer son métier. Il s’agit, en effet, de partager «un fragment d’humanité chaleureuse» sans jamais oublier de remercier Dieu chaque jour pour le don de la vie. Tout cela sans céder à aucune idéalisation ni spiritualisation: «La souffrance reste un mystère, mais si elle est accompagnée, allégée, apaisée, elle nous permet de comprendre les paroles de Charles Péguy: “L’espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera.”»

Margherite Hourt racontant son histoire au Pape

Margherite Hourt racontant son histoire au Pape   (@Vatican Media)

Marguerite: son accident et la reprise de son service à Lourdes

Le chant mélodieux de l’héroïne de la comédie musicale «Sainte Bernadette de Lourdes» – créée en France avec un succès retentissant, et qui a fait ses débuts en Italie, à Rome, au début de l’année dernière dans le cadre des événements du Jubilé – crée une atmosphère des plus douces. Il donne le ton au récit de Marguerite Hourt. Après avoir péniblement rejoint la scène en s’appuyant sur son déambulateur, elle se laisse aller devant le Pape, en faisant cette confession spontanée et sincère: «Moi aussi, j’aimerais être guérie…».  C’est une femme qui porte les marques d’un corps «qui ne fonctionne pas bien», avec une jambe enveloppée dans une attelle.

Elle travaille comme agent d’accueil dans l’établissement que le Pape a visité ce 27 septembre. Son histoire a commencé par le service, a été forgée par la douleur d’un accident qui l’a rendue paraplégique, et l’a ramenée au service, là même où, pendant 14 ans, elle a accompagné les malades: Lourdes. Elle est originaire de Metz, précisément là où Léon XIV se rendra demain; c’est là qu’il y a dix ans, elle a fait une chute violente à vélo. Désespoir, lutte, rééducation, foi qui vacille. «C’est dans la grotte que j’ai trouvé du réconfort auprès d’Elle», auprès de Marie, la mère de Jésus. Se remettre, malgré les blessures, aux côtés des plus vulnérables est pour elle un nouveau départ, une source de vie presque paradoxale.

Related Posts