Alors que le G20 se réunit à Johannesburg, la Chambre africaine de l’énergie (CAE) appelle à une réorientation fondamentale de la politique énergétique mondiale, plaçant les énergies fossiles africaines au cœur de la sécurité énergétique, de la croissance industrielle et de la lutte contre la pauvreté. Trop longtemps, des politiques idéologiques ont marginalisé l’immense potentiel énergétique de notre continent. Il est temps d’exploiter pleinement le potentiel énergétique de notre continent – de manière responsable et stratégique – afin de répondre aux besoins énergétiques de centaines de millions d’Africains qui vivent encore dans l’obscurité.
L’Afrique recèle un potentiel considérable pour l’exploration et la production pétrolières et gazières. Selon les prévisions de la Communauté économique de l’Afrique (CEA) pour 2026, la production de pétrole et de gaz devrait atteindre 11,4 millions de barils par jour (bpj) d’ici 2026, puis 13,6 millions de bpj d’ici 2030, grâce à l’accélération de l’exploration dans les bassins frontaliers. L’Afrique devrait représenter environ 41 milliards de dollars d’investissements mondiaux dans l’exploration et la production pétrolières et gazières d’ici 2026, portés par d’importants projets au Mozambique, en Angola et au Nigeria. Les appels d’offres en cours ou prévus jusqu’en 2026 – sur des marchés matures comme l’Angola, le Nigeria, la République du Congo, la Guinée équatoriale, la Libye et l’Égypte, ainsi que sur des marchés émergents comme la Namibie, la Sierra Leone, la Tanzanie et l’Afrique du Sud – continuent d’attirer les sociétés d’exploration en quête de nouvelles opportunités.
Avec des réserves de gaz prouvées dépassant 620 billions de pieds cubes, l’Afrique est un fournisseur essentiel pour les marchés gaziers mondiaux et le développement énergétique national. Le Mozambique abrite plusieurs grands projets de GNL dans son bassin offshore de Rovuma, le Sénégal poursuit la phase 2 du projet Greater Tortue Ahmeyim parallèlement à Yaakar-Teranga, et la Guinée équatoriale continue de développer son méga-hub gazier régional, reliant les gisements isolés aux infrastructures de traitement du gaz à terre. Le retour de la Libye sur la scène internationale, avec un environnement amont stable et attractif, a attiré de nouveau les principaux acteurs internationaux. Parallèlement, l’Ouganda et la Tanzanie progressent dans la construction de l’oléoduc est-africain, témoignant d’un engagement régional en faveur d’infrastructures intégrées et d’une production à long terme. En Afrique du Sud, le charbon demeure un pilier de la sécurité énergétique, même si le pays investit dans l’exploration et l’exploitation du gaz pour accompagner sa croissance industrielle.
S’exprimant vendredi au Forum du G20 sur l’investissement énergétique en Afrique, à Johannesburg, le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, a insisté sur la stratégie du pays : « Forons, forons, forons ! Aucune restriction légale ne s’applique à l’exploration et à l’exploitation du pétrole et du gaz en Afrique du Sud. Si nous parvenons à une percée dans ce domaine, notre PIB connaîtra une croissance exponentielle. Notre population ne pourra jamais respirer un air pur dans l’obscurité. » Ses propos soulignent que l’exploitation du potentiel en combustibles fossiles de l’Afrique du Sud est essentielle non seulement pour l’accès à l’énergie, mais aussi pour le développement industriel, la création d’emplois et la croissance économique nationale.







