En refusant d’embaucher des professionnels noirs, l’entreprise alimente le discours selon lequel l’Afrique n’a pas sa place dans les discussions mondiales sur l’énergie.
La Chambre africaine de l’énergie (AEC), porte-parole du secteur énergétique africain, appelle à un boycott généralisé du prochain Sommet Africa Energies. Organisé par Frontier Energy Network à Londres du 12 au 14 mai, cet événement se présente comme « la première conférence mondiale africaine sur l’amont pétrolier et gazier ». Pourtant, l’entreprise, dirigée par Daniel Davidson, ne compte aucun professionnel noir africain parmi ses dirigeants. Ce contraste saisissant souligne que le positionnement du sommet, axé sur l’Afrique, ne se traduit pas par une véritable représentation des Noirs africains au sein de l’organisation : il ne s’agit que d’un outil de profit.
Depuis trop longtemps, les professionnels africains et des organisations comme l’AEC se battent pour construire, défendre et faire progresser l’industrie pétrolière et gazière du continent. Ils sont en première ligne pour plaider en faveur de meilleures conditions fiscales, d’un environnement politique favorable, de possibilités d’octroi de licences et d’une transition énergétique juste, à la hauteur des besoins de développement de l’Afrique. Pourtant, des entreprises comme Frontier Energy Network illustrent bien le fait que les talents africains ne sont toujours pas pleinement intégrés au secteur même qu’ils ont tant œuvré à soutenir.
Le contenu local ne peut se limiter à des discussions de salon et à des documents de politique générale. Il ne saurait servir d’outil promotionnel avant une conférence à Londres. Il doit impérativement se traduire par des recrutements, le développement du leadership, des opportunités offertes aux fournisseurs et un accès facilité à l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique. Un modèle d’entreprise privilégiant l’Afrique mais qui n’intègre pas les professionnels africains risque de perdre toute crédibilité sur le marché qu’il prétend servir.
« Nous n’accepterons pas d’être exclus du secteur pétrolier et gazier. Nous voulons un secteur accueillant, ouvert, inclusif et solidaire. Des personnes comme Daniel Davidson adoptent une approche diamétralement opposée en refusant d’embaucher des Africains noirs. Ils vont même jusqu’à interdire l’accès à certaines personnes », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
Frontier Energy Network compte de nombreux modèles à suivre en Afrique. Partout sur le continent, des entreprises ont démontré que l’inclusion des Africains et la réussite opérationnelle ne sont pas incompatibles. La compagnie pétrolière et gazière indépendante Africa Fortesa Corporation, dirigée par Rogers Beall, illustre parfaitement cette approche, en plaçant les professionnels africains au cœur de ses opérations et en leur accordant une priorité absolue à l’emploi des Africains. Exploitant le champ gazier terrestre de Gadiaga au Sénégal, l’entreprise répond à la demande énergétique nationale depuis plus de vingt ans. Mais c’est son engagement à recruter des professionnels africains qui la distingue véritablement dans le secteur.
« Nous sommes inspirés chaque jour par des personnes comme Rogers Beall. Quand on va au Sénégal et qu’on voit ce qu’il a accompli avec Fortesa, on est stupéfait. Il a réalisé cela avec une majorité d’employés africains. Même dans des circonstances difficiles comme la pandémie de COVID-19, l’entreprise est restée fidèle à ses employés. Nous sommes également très attachés aux entreprises qui ont soutenu le Mozambique pendant les périodes difficiles et qui ont continué à faire progresser les projets de GNL du pays. Nous sommes passionnés par ceux qui investissent dans les talents locaux, qui créent des politiques favorisant le renforcement des capacités et qui veillent à ce que les professionnels africains ne soient pas seulement des participants, mais aussi des acteurs clés des discussions énergétiques en Afrique », a ajouté Ayuk.
Ces exemples illustrent le type d’industrie dont l’Afrique a besoin : ouverte, compétente, attractive pour les investissements et fondée sur une prospérité partagée. Ceci est d’autant plus important que de plus en plus de professionnels noirs intègrent le marché du travail. Les étudiants africains travaillent dur pour obtenir leurs diplômes. Une fois diplômés et titulaires de solides qualifications, ils devraient être jugés sur leur talent, leur formation et leur capacité à contribuer, et non se voir refuser des opportunités en raison de la couleur de leur peau.
Les enjeux dépassent le simple recrutement. À l’heure où le secteur pétrolier et gazier fait l’objet d’un examen minutieux de la part des militants anti-énergies fossiles, toute perception selon laquelle cette industrie exclut les Africains ou n’investit pas dans les communautés locales ne fait que renforcer les arguments de ses détracteurs. Si le secteur souhaite défendre son rôle dans l’avenir économique de l’Afrique, il doit veiller à ce que ses propres pratiques soient synonymes d’équité et d’égalité des chances.
« Quand Frontier, Daniel Davidson et Africa Energies Summit se livrent à de tels comportements discriminatoires, savez-vous ce que cela signifie ? Cela alimente le même discours que celui de Greta Thunberg et de tous ces militants anti-énergies fossiles qui affirment que l’industrie se désintéresse des Noirs et des communautés africaines. Daniel Davidson et Frontier justifient ce discours », ajoute Ayuk.
Le message est clair : l’avenir pétrolier et gazier de l’Afrique doit se construire non seulement en Afrique, mais aussi avec les Africains au cœur du projet. Il est temps de boycotter le Sommet Africa Energies.
Distribué par APO Group pour African Energy Chamber.







