Et si les règles du football avaient d’abord été conçues pour des joueuses et non des joueurs, à quoi ressemblerait aujourd’hui le jeu masculin? Quelle serait la taille de leur but, le poids de leur ballon ou les dimensions du terrain? L’émission « Einstein » de SRF s’est posé la question.
Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, le football se joue aujourd’hui selon les mêmes règles, sur des terrains de mêmes dimensions, avec des buts de même taille et des ballons de même poids.
Cependant, un facteur crucial est souvent ignoré: avec des morphologies en moyenne différentes, les joueuses doivent produire un effort physique plus important à certains postes ou dans certaines phases de jeu que leurs homologues masculins. Mais dans quelle mesure exactement?
Par exemple, les femmes jouent avec les mêmes ballons que les hommes, même si, en proportion de leur masse corporelle, ils représentent une charge légèrement supérieure et sont donc plus difficiles à manier. En inversant les rôles, la question se pose:
Le ballon aurait une circonférence de 76 cm (taille 7) et aurait la même taille et le même poids qu’un ballon de basket. Mais d’où viennent ces calculs?
Dans le cadre d’une étude, une équipe de recherche de l’Université de Trondheim a calculé l’effort physique supplémentaire que les footballeuses doivent fournir dans les conditions actuelles.
Leur conclusion: si les conditions du jeu étaient adaptées pour que les hommes fournissent un effort équivalent à celui des femmes aujourd’hui, presque tout devrait changer.
L’écart entre le football masculin et féminin est particulièrement marqué au poste de gardienne de but: si les femmes mesurent en moyenne 1,70 mètre, elles protègent des cages de 7,32 mètres de large et 2,44 mètres de haut – les mêmes que celles des hommes, dont la taille moyenne atteint 1,90 mètre.
Cette différence implique que les interceptions sont statistiquement plus difficiles pour les femmes, notamment en raison d’une amplitude de saut et d’une envergure en moyenne moindres. En renversant la perspective, un but masculin devrait mesurer 8,40 mètres de large et 2,72 mètres de haut pour que les gardiens aient à couvrir une surface équivalente en proportion de leur gabarit.
La dimension du terrain
Le terrain de jeu est actuellement de même taille pour les deux sexes. Selon le règlement de la SFV, la taille standard en Super League est de 105 x 68 m, légèrement plus petite dans les ligues inférieures (100 x 64 m). La zone de cinq mètres commence exactement à 5,5 mètres du poteau de but, et la zone de 16 mètres commence à 16,5 mètres. Cela correspond à la norme internationale de la FIFA.
Pour un football masculin soumis aux mêmes contraintes physiques relatives que les femmes, le terrain devrait être agrandi. Il mesurerait environ 132 x 84 mètres, soit 20% de plus. La ligne des cinq mètres deviendrait une ligne des sept mètres et celle des 16 mètres, une ligne des 21 mètres. Un penalty serait tiré à 14 mètres, et un corner devrait être exécuté à 42 mètres du but.
Ce redimensionnement permettrait d’adapter le terrain de jeu aux données scientifiques relatives aux différences anthropométriques et physiologiques moyennes entre les sexes.
La distance parcourue
Les footballeurs ne portent plus seulement des maillots et des crampons: ils sont également équipés de puces électroniques qui mesurent les kilomètres parcourus ou le nombre de sprints effectués à une certaine vitesse.
Un match classique dure actuellement 90 minutes. Cependant, en tenant compte de l’intensité relative des efforts, les hommes devraient jouer deux mi-temps de 56 minutes pour équilibrer la charge physique. Cela représenterait 12 à 13 kilomètres parcourus par match, au lieu des 10 kilomètres habituels.
Le coup franc
Il existe des écarts visibles entre hommes et femmes sur les coups francs, liés aux caractéristiques physiques moyennes. Le mur défensif dans les matchs féminins est généralement plus bas et moins large, même avec le même nombre de joueuses.
Pour que les conditions soient comparables, le mur masculin devrait être positionné à 10 mètres au lieu de 9,15 mètres du ballon.
Ce déséquilibre rend la tâche plus difficile pour les gardiennes, qui disposent de moins de marge pour intercepter le ballon. Dans les règles actuelles, la tireuse bénéficie d’un espace de tir plus ouvert, tandis que la gardienne fait face à une équation plus exigeante.
Article original de SRF: Christian Bachmann, Dominique Marcel Iten (éditorial), Fabian Schwander (développement frontend), Marc Heer (design)
Adaptation française: furr (RTS)






