La Suisse a réalisé deux semaines parfaites en Ligue des nations en concluant son pensum par une nouvelle victoire 3-0 contre la Macédoine du Nord, mardi soir. Parmi les satisfactions majeures figure naturellement Johan Manzambi, joueur-clé de la troupe de Murat Yakin et véritable petite merveille du foot helvétique.

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QUELLES SATISFACTIONS? Quatre matches, quatre victoires, douze points, onze buts marqués, un seul encaissé et une très fort probable promotion en Ligue A de la LDN; le bilan suisse est forcément réjouissant et les satisfactions ne manquent pas. Au premier rang desquelles un certain Johan Manzambi, si admirable balle au pied. Le Genevois donne l’impression de pouvoir transformer chaque ballon en or, de pouvoir amener le danger dès lors qu’il manie le cuir. Cela s’est encore vu mardi dès son entrée en jeu, puisque tout a changé avec lui sur le terrain. Sans vouloir s’emballer, rarement la Suisse a-t-elle pu compter sur un joueur capable de faire de telles différences. Dan Ndoye a aussi réalisé une belle entrée dans l’automne, même s’il en a par moments trop fait mardi durant la première heure. Zeki Amdouni, nouvel artificier en chef, a retrouvé la forme de ses débuts internationaux et cela ne peut que faire plaisir à Murat Yakin. Remo Freuler a réalisé des choses intéressantes également, même s’il a été réglé sur courant alternatif. Autres satisfactions: les néophytes Zachary Athekame et Sascha Britschgi. Et bien entendu la charnière centrale Nico Elvedi/Manuel Akanji. Bref, l’orchestre est bien accordé et le mayonnaise a pris entre les deux générations. « Il y a un respect entre eux« , soulignait avec plaisir notre consultant Alexandre Comisetti, sur le plateau de la RTS.

Groupe B1, Suisse - Macédoine du Nord (3-0): "J'ai essayé d'apporter un plus" confie Johan Manzambi
Groupe B1, Suisse – Macédoine du Nord (3-0): « J’ai essayé d’apporter un plus » confie Johan Manzambi / Football – Ligue des Nations UEFA / 2 min. / hier à 22:49

QUESTION SUR LA CHARNIÈRE CENTRALE Cette charnière centrale, justement, est très solide, mais des questions se posent à son sujet. Non pas que Nico Elvedi et Manuel Akanji posent problème, bien au contraire, puisqu’ils rayonnent et s’entendent comme larrons en foire, mais car en dehors de ces deux hommes, on ne voit pas qui pourrait occuper avec tant d’aisance ce secteur du terrain. En témoigne le fait que Murat Yakin a, à quatre reprises en 12 jours, titularisé les deux hommes. Autant dire que le sélectionneur doit prier pour qu’il n’arrive aucun pépin aux deux Zurichois. Et ce pour les quatre prochaines années, apparemment, tant pas grand-chose ne semble pointer le bout de son nez au niveau de la relève.

LA CONSTANCE, LA CLÉ… Le football, il a changé. L’équipe de Suisse aussi, dans le sens où elle affiche désormais une certaine constance à un très bon niveau, qui lui permet justement d’aligner quatre succès de rang. De là à dire qu’elle est meilleure que certaines volées du passé, non. Il faut en effet bien relever que l’Ecosse, la Slovénie et la Macédoine du Nord affrontées ces derniers jours étaient très faiblardes. Mais oui, le mérite de l’équipe nationale actuelle est d’avoir acquis une certaine solidité, forcément bienvenue. « Le défi, c’est de répéter ces performances à chaque apparition, mais on doit avoir une exigence envers nous-mêmes pour demeurer à ce niveau« , a relevé Dan Ndoye au micro d’Olivier Dominik.

UN BON RIEDER MARDI SOIR En retrouvant une place de titulaire mardi, Fabian Rieder a semble-t-il aussi retrouvé des jambes et des idées claires, sur certaines séquences. Son envie de percuter face aux Slovènes a été intéressante. S’il n’a pas toujours joué juste, le Bernois a toutefois toujours cherché à aller de l’avant, à éclairer le jeu offensif helvétique. Sa persévérance a été récompensée par un but, ce qui n’est pas négligeable. Mais il ne faut pas oublier qu’un Rieder peut effectivement être bon contre la Macédoine du Nord ou peut-être par moments face à la Bosnie ou encore la Suède, mais c’est souvent autre chose lorsque la route s’élève. « Je peux prendre la confiance que j’ai acquise en club, à Augsburg, pour mettre mes qualités à disposition de l’équipe nationale« , a soulevé Rieder au micro de la RTS.

Groupe B1, Suisse - Macédoine du Nord (3-0): Fabian Rieder à l'interview
Groupe B1, Suisse – Macédoine du Nord (3-0): Fabian Rieder à l’interview / Football – Ligue des Nations UEFA / 2 min. / hier à 22:46

LA GESTION DE LA FRUSTRATION S’il est un domaine où la Suisse doit encore apprendre, c’est celui de la gestion de la frustration. Elle doit savoir garder la tête (plus) froide dans ces moments où tout ne tourne pas vraiment à son avantage. Elle n’avait pas eu le temps, samedi contre la Slovénie, de douter, malgré l’ouverture de la marque rapide des hommes de Cesar, puisqu’elle avait vite égalisé. Mardi soir en revanche, à force de ronronner pendant 40 minutes, en se voyant menacés par la Macédoine et même frustrés par certaines décisions arbitrales – pourtant justes, à en voir les ralentis -, certains joueurs ont peiné à cacher cette frustration. Une frustration qui aurait pu coûter (plus) cher face à une formation plus douée que ne l’est la Macédoine du Nord. Une frustration qu’il s’agira de canaliser, voire de dompter pour les vrais grands rendez-vous. Autre problème de l’équipe de Suisse: son incapacité à amener du danger sur les coups de pied arrêtés. Et cela fait longtemps que ça dure…

Groupe B1, Suisse - Macédoine du Nord (3-0): pour Dan Ndoye, le plus compliqué est de maintenir un haut niveau en enchaînant les matchs
Groupe B1, Suisse – Macédoine du Nord (3-0): pour Dan Ndoye, le plus compliqué est de maintenir un haut niveau en enchaînant les matchs / Football – Ligue des Nations UEFA / 2 min. / hier à 22:53

BOTELI AURAIT-IL DÛ JOUER DAVANTAGE? Quatre minutes en Macédoine, treize face à la Slovénie et vingt mardi; Winsley Boteli n’a pas vraiment eu le temps de jeu que d’aucuns espéraient au moment de sa première convocation sous le drapeau rouge à croix blanche. Si on peut effectivement se dire que le Genevois de Sion aurait peut-être mérité de goûter à un peu plus de terrain mardi face à la Slovénie, il ne faut toutefois pas oublier qu’il est encore en apprentissage du plus haut niveau. Certains louent, eux, le fait que Murat Yakin ne lui ait pas déroulé le tapis rouge. Histoire de faire comprendre à tout un chacun qu’une dizaine de (très) bons matches avec un club de Super League ne suffit plus, aujourd’hui, pour prétendre à être un membre indispensable de cette équipe de Suisse. Mais on est sûr, déjà, qu’on reverra plus d’une fois Boteli, qui a toute sa place dans cette sélection et le prouvera certainement très vite.

Arnaud Cerutti

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