La commission mixte de l’éducation, la science et la culture, la santé, les télécommunications et les technologies de l’information du Parlement de la CEDEAO tient du 10 au 14 mars à Lomé, sa réunion délocalisée sur le thème « Renforcer l’alignement des programmes éducatifs sur les besoins socio-économiques de la région ».

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Les travaux ont été ouverts par le représentant du président de l’Assemblée nationale du Togo, Mme Mémounatou Ibrahima, présidente en exercice du Parlement de la CEDEAO en présence des ministres de l’Economie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki et de l’Education nationale, Mama Omorou.

L’objectif est d’évaluer la pertinence et l’adéquation des programmes d’études existants aux niveaux élémentaire, primaire, secondaire et supérieur, ainsi que dans le domaine l’Enseignement et de la formation technique et professionnel (EFTP) au regard des secteurs de croissance dans la région. Il s’agira de faciliter l’intégration de l’EFTP dans les systèmes éducatifs nationaux afin d’améliorer l’employabilité, la productivité et les opportunités de travail indépendant.

Des défis à relever

Les parlementaires de la CEDEAO vont proposer, entre autres, des mécanismes pour soutenir la transition vers des programmes d’études axés sur les compétences, en mettant l’accent sur l’innovation, la résolution de problèmes, la pensée critique et l’adaptabilité aux mutations du marché du travail. Ils mèneront des réflexions sur l’intensification de la collaboration entre les établissements d’enseignement et les acteurs du secteur privé.

Les assises permettront de proposer aussi l’harmonisation des cadres et des normes de certification dans les Etats membres de la CEDEAO afin de faciliter la reconnaissance mutuelle des diplômes, la mobilité de la main-d’œuvre et l’intégration régionale. Il sera également question pour les participants de faire des recommandations permettant de promouvoir l’éducation à l’entrepreneuriat à tous les niveaux afin de stimuler la création d’emplois et de soutenir les petites et moyennes entreprises. Les travaux aideront à encourager la formation continue et les programmes de reconversion professionnelle permettant aux travailleurs de s’adapter aux évolutions technologiques et aux besoins économiques régionaux.

Les débats se feront en sessions techniques sur « l’Analyse régionale du marché du travail et harmonisation des réformes stratégiques des programmes éducatifs pour la résilience socio-économique dans la région de la CEDEAO » ; en session de dialogues sur les « Réformes législatives et institutionnelles pour une éducation adaptée au marché : combler le déficit de compétences – rôle du Parlement dans l’alignement des programmes éducatifs sur les besoins du marché du travail » et « Exploiter la transformation numérique et les compétences d’avenir pour favoriser l’entrepreneuriat et formaliser l’économie informelle dans la région de la CEDEAO ».

Des opportunités attendues

Une session interactive regroupera des étudiants et participants et leur permettra de comprendre la nécessité de repositionner les diplômes pour leur pertinence économique régionale, les secteurs économiques clés qui stimulent le développement régional, l’importance des compétences numériques et vertes, la mobilité régionale et les opportunités transfrontalières afin de prévenir l’exode des compétences hors de la région. Elle permettra aux étudiants de cerner l’inadéquation des compétences et l’adaptation proactive en encourageant des stages, apprentissages et des partenariats avec l’industrie.

La présidente du Parlement de la CEDEAO a fait observer que l’éducation est le socle de toute nation qui prospère. « À travers elle, nous façonnons non seulement des esprits et les corps, mais aussi l’avenir de nos sociétés », a-t-elle signifié. Mme Ibrahima exhorte les participants à transformer la jeunesse, en un levier pour bâtir un avenir prospère. Et pour cela, a-t-elle dit, il faut passer par une refonte des programmes éducatifs, afin qu’ils répondent aux aspirations des peuples et aux besoins des économies.

Le président de la Commission mixte chargée de l’Education, la Science et la Culture du Parlement de la CEDEAO, Kweku George Ricketts Hagan a fait savoir que dans plusieurs pays, les programmes d’enseignement ne sont pas suffisamment adaptés à l’évolution des exigences du marché du travail, aux secteurs émergents, aux mutations technologiques et aux contextes socio-économiques locaux. « Construire l’avenir suppose de reconquérir la capacité de définir notre propre histoire. La lutte n’est pas uniquement politique ou économique ; elle est également intellectuelle et historique, orientée vers la quête de la vérité. Elle implique de reprendre la maîtrise du contenu de notre éducation et de nos récits historiques, de raviver la fierté de notre patrimoine culturel et de redéfinir de manière délibérée l’identité nationale à l’aune de nos réalités et de nos aspirations propres », a-t-mentionné.

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