Dans un contexte où les questions sécuritaires occupent une place croissante dans les agendas africains, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a eu, à Lomé, un entretien avec Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies. Et pour cause. Les crises, les recompositions régionales et les difficultés économiques obligent désormais les Etats à multiplier les espaces de dialogue et à rechercher des réponses dépassant les frontières nationales. Trois dossiers se sont ainsi invités dans les échanges : la paix, la sécurité et le développement en Afrique de l’Ouest.

A noter que les échanges s’inscrivent dans la logique de concertation, le choix du dialogue constituant en lui-même un signal diplomatique. Pour Lomé, la coopération africaine ne peut se limiter aux périodes de crise. Elle doit également permettre d’anticiper les tensions, de partager les expériences et de construire des réponses collectives. La diplomatie préventive apparaît comme l’un des leviers susceptibles d’éviter que les fractures politiques et sécuritaires ne deviennent irréversibles.
Les deux personnalités ont également abordé la question du développement, rappelant implicitement que la stabilité du continent ne peut être dissociée de ses performances économiques et sociales. Dans de nombreux pays africains, les défis sécuritaires se superposent aux difficultés liées à l’emploi, aux infrastructures, à la gouvernance et aux perspectives offertes aux populations. Le développement durable devient donc autant un objectif économique qu’un facteur de stabilité.
Bien que n’ayant pas débouché sur un nouvel accord, la rencontre entre Robert Dussey et Sahle‑Work Zewde a permis de maintenir ouverts les canaux de discussion sur les grandes questions du continent.
SerAz







