L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) en collaboration avec le ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF) et la Banque Africaine de Développement (BAD) ont organisé le mercredi 17 janvier à Lomé, une cérémonie de lancement du projet de « Renforcement par des Activités génératrices de revenus (AGR), de la résilience des femmes et des jeunes de la zone littorale du Togo face au changement climatique ».
Le Togo à l’instar des autres pays côtiers de la sous-région, est confronté à de sérieux Une bénéficiaire recevant son matériel des mains problèmes d’érosion côtière qui se traduisent de M. Koudadzé Kodjo par un fort recul du trait de côte à l’est du Port autonome de Lomé, avec de graves conséquences socioéconomiques et environnementales. Ces conséquences se ressentent plus fortement sur les populations des villages côtiers, notamment les plus vulnérables que sont les femmes et les jeunes, dont les moyens d’existence dépendent fortement de l’extraction de sable, du gravier et des coquillages le long du littoral.
Face à ce phénomène d’érosion côtière, accéléré par le prélèvement de sable et de graviers marins le long du littoral et amplifié par le changement climatique, le gouvernement togolais s’est retrouvé dans l’obligation d’interdire la poursuite de cette activité. La formulation du projet « Renforcement par des AGR de la résilience des femmes et des jeunes de la zone littorale du Togo face au changement climatique » est une réponse pour aider les communautés du littoral à définir de nouvelles stratégies de survie.
En effet, d’après les études sur la vulnérabilité du littoral togolais face au changement climatique, il est apparu que les secteurs de la pêche et du maraîchage subissent rudement les effets néfastes de l’érosion côtière. Ainsi, on note, entre autres, dans le secteur de la pêche l’augmentation de la température des eaux marines, les pertes post-captures, la faible capacité des pêcheurs en équipements pour la pêche au large. Par ailleurs, le maraîchage est confronté aux aléas climatiques, à la baisse de la fertilité et la dégradation des sols, la faible capacité technique des maraîchers, l’accès au foncier, l’enclavement de certaines zones de production.
Ainsi l’impact attendu de ce projet est l’accroissement de la résilience des populations du littoral et une meilleure gestion de l’écosystème côtier face au changement climatique. De ce fait, il est attendu le renforcement de capacités de huit (8) coopératives de pêcheurs et vingt-cinq (25) aquaculteurs; la restauration de trois hectares de mangroves dans la zone du littoral; la réduction de 15% des pertes post-captures de pêche; l’aménagement et l’exploitation de vingt hectares de terres pour le maraîchage.
Le projet est financé à hauteur de 1.059.088 USD, soit environ 614.000.000 FCFA sur les ressources du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) avec la BAD comme Agence d’exécution et la FAO comme partenaire de mise en œuvre. Il vise, entre autres, la création de la richesse dans le domaine de la pêche, l’aquaculture et le maraichage avec des activités de protection des mangroves.
La cérémonie de lancement a été aussi l’occasion de faire le bilan et de présenter les acquis du projet « Appui à la valorisation et à la modernisation des filières des produits forestiers non ligneux » aux différentes parties prenantes. Ce projet financé par la FAO à hauteur de 151 millions de FCFA a pris fin le 31 décembre passé après deux ans de mise en œuvre. Entre autres résultats, il a permis de dresser l’état des lieux du potentiel et la gestion durable des Produits forestiers non ligneux (PFNL), du Togo; d’améliorer les connaissances sur cinq (5) filières porteuses de ces produits, notamment le miel, le karité, le moringa et les plantes médicinales et de promouvoir les bonnes pratiques d’exploitation de ces produits à travers les campagnes de sensibilisation et de formation des acteurs. Ce projet a aussi contribué à l’amélioration du cadre communicationnel et permis l’accompagnement des unités de transformation dans la publicité et la conception des films documentaires sur leurs activités. Pour une meilleure organisation des filières des PFNL, le projet s’est également attelé à renforcer les capacités de 60 acteurs en marketing des produits forestiers non ligneux et en bonnes pratiques de production (processus de production, de conditionnement, d’hygiène et de qualité). Plusieurs lots de matériels et équipements ont été acquis par le projet pour soutenir les femmes transformatrices des produits forestiers non ligneux et réduire un tant soit peu la pénibilité de certaines tâches. Il s’agit de trois concasseurs de noix de karité, trois baracteuses de karité, trois séchoirs solaires, trois torréfacteurs d’amande de karité, deux malaxeurs de savon, deux tables coupe-savon, un four-cuisinier combiné, un broyeur mélangeur, deux refractomètres pour mesurer l’humidité du miel et dix balances électroniques.
Pour le chargé de programme de la FAO au Togo, Oyétoundé Djiwa, le projet
« Renforcement par des AGR de la résilience des femmes et des jeunes de la zone littorale du Togo face au changement climatique », démarre au moment même où le Gouvernement se prépare à inaugurer un nouveau port de pêche moderne et pendant que les acteurs du secteur de la pêche au Togo se sont constitués en une Fédération nationale de l’Union des coopératives de pêche du Togo.
A l’en croire, ce contexte est particulièrement propice pour renforcer les actions en faveur de la lutte contre les pertes post capture estimées à près de 15% en vue de s’assurer que le poisson mis sur le marché national par les pêcheurs du Togo soit de meilleur qualité. M. Djiwa s’est dit convaincu, au vu de l’engagement du gouvernement et de l’importance que chacune des institutions accordent à la gestion durable de l’environnement, qu’aucun effort ne sera ménagé pour contribuer à l’atteinte des résultats escomptés du projet. Pour ce qui concerne la FAO, il a rassuré de sa disponibilité et de son engagement à continuer d’accompagner le Togo dans ses efforts pour la faim zéro, la gestion durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement.
Selon le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières, Kodjo Koudadzé, le matériel remis aux bénéficiaires va bien évidemment occasionner un gain de temps et alléger le travail pénible des transformatrices. Toutes les actions à ses dires, permettront à terme de moderniser la transformation et de valoriser davantage les produits forestiers non ligneux qui jouent un rôle important dans la vie socioéconomique des populations. D’après lui, les bénéfices tirés de ces produits permettront d’accroître les actions du gouvernement en faveur des populations les plus vulnérables. Ce qui contribue à la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND) qui vise, entre autres, la création massive des emplois et de la richesse, a-t-il souligné. M. Kodjo Koudadzé a renouvelé ses remerciements et ceux du gouvernement a tous les partenaires techniques et financiers, en l’occurrence la FAO, la BAD et le FEM qui accompagnent le ministère dans ses actions de protection de l’environnement, de valorisation des produits forestiers non ligneux, de création de richesses dans un cadre de vie sain et de réduction des risques côtiers notamment celui de l’érosion côtière.
Une centaine de personnes ont pris part à la cérémonie de lancement officiel du projet, au nombre desquels les représentants des ministères sectoriels impliqués, les différents acteurs du littoral, les membres des ONG intervenant dans la gestion de l’écosystème côtier, les partenaires techniques et financiers et les acteurs de la filière des produits forestiers non ligneux.







