C’est un secret de polichinelle. Plus rien ne va dans le secteur éducatif. Ce n’est pas une exagération. C’est une vérité connue de tous, une situation de crise annuelle sinon sempiternelle dont personne n’arrive à trouver de solutions durables. Pendant ce temps les élèves tournent en rond, tombent inconsciemment sous le coup de la loi…

Un citoyen togolais fait son analyse de la situation pour notre site. Bonne lecture !
« L’école togolaise est malade, gravement malade. Elle souffre de la misère de ses enseignants. Elle souffre de leurs conditions de travail déplorables. Elle souffre de l’insuffisance de ses infrastructures et de ses équipements. » Avait déclaré un ministre de la république en 1991.
Mais qu’en est-il de la situation de l’éducation au Togo aujourd’hui ?
Même si depuis, des progrès ont été faits en matière d’éducation, de nombreux problèmes persistent encore aujourd’hui. Entre inégalités sociales et inégalités géographiques, de nombreuses difficultés restent encore à soulever. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet échec scolaire.
Tout d’abord, le sort des enseignants et de leurs conditions de travail.

Les enseignants du primaire et du secondaire perçoivent des salaires miséreux et irréguliers, ce qui ne pousse pas les jeunes diplômés à se tourner vers ce corps de métier. Comment peut-on comprendre de nos jours, qu’en un mois de travail acharné, on puisse payer à un enseignant-volontaire (EV) -soit-il-, un misérable salaire de dix mille francs (10.000 F) CFA ? Il faut souligner sans détour que les enseignants au Togo, sont confrontés à un salaire ce qui les empêche de se doter d’une bibliothèque personnelle et donc de renouveler leurs cours. Ce qui entraîne une stagnation intellectuelle.
De plus, les salles de classe sont bondées. Théoriquement, les effectifs devraient être à 35 élèves par classe en primaire et secondaire, pourtant en réalité, une salle de classe accueille entre 50 et 150 élèves.
Par ailleurs, les bâtiments sont souvent vétustes et délabrés. La presque totalité des écoles et collèges ruraux sont dans un état de délabrement incroyable. Ainsi, dans les villages du Togo ce n’est pas les enseignants qui décident du calendrier des cours mais les intempéries et les reptiles car ces facteurs peuvent décider à tout moment d’interrompre le bon déroulement des leçons.
Au collège Essè-Zogbédji-Nadjé, situé à 5 Km de Tchékpo dans la préfecture de Yoto, le constat est amer.
En effet, crée depuis 2001 par les villageois eux-mêmes, et placé sous le statut de Collège d’Enseignement Général d’Initiative Locale (CEGIL), cet établissement d’intérêt général, n’a été reconnu par les autorités publiques qu’en 2021, soit vingt ans après.
Vingt années au cours desquelles les villageois ont eux-mêmes organisé le collège et payé les enseignants de leurs propres poches. C’est dire que pendant vingt ans, ce collège a survécu avec les moyens de bord.
Cependant, en transformant enfin cet établissement en Collège d’Enseignement Général (CEG), donc reconnu de l’autorité publique, l’Etat n’a effectué aucun aménagement structurel au niveau du corps enseignant, encore moins au niveau des infrastructures.

Le collège Essè-Zogbédji-Nadjé n’est pas un cas isolé. Etudier dans un village au Togo n’est jamais une chose facile. Surtout quand l’école dans laquelle vous êtes sensé apprendre, ne présente à première vue aucun signe d’un lieu d’enseignement. Dans plusieurs villages les écoles n’existent que de nom. Les infrastructures sont inexistantes.
Avec l’inaction de l’Etat dans ces écoles, les villageois, au-delà de leurs efforts de cotisation, se rabattent sur quelques bonnes volontés, à savoir : les ressortissants vivant en ville et à l’étranger d’une part, certaines les organisations non gouvernementales (Ong) et organismes internationaux d’autre part.






