Les gardiens des us et coutumes de la région de la Kara ont été entretenus sur les enjeux liés à leur rôle dans la préservation de la paix, la cohésion sociale, la gestion des conflits locaux pour un processus apaisé des élections municipales prochaines, le mardi 17 juin à Kara.
La rencontre est à l’actif du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière (MATDCC) et s’inscrit dans le cadre d’une tournée nationale d’échanges avec la chefferie traditionnelle. Elle a regroupé, mis à part les gardiens des us et coutumes, les préfets et maires, les secrétaires généraux, les chefs de services déconcentrés de la région et les deux vice-présidents du conseil régional de la Kara.
Ils ont eu pour mission d’échanger sur les enjeux cruciaux qui se résument à des interrogations interpelant les chefs traditionnels à réfléchir sur : comment redorer les blasons et renforcer le rôle de la chefferie dans la gouvernance locale dans le cadre de la stabilité de nos institutions de la République ; comment assainir davantage le secteur de la chefferie traditionnelle pour une meilleure gestion des successions ; comment promouvoir plus d’équité dans le secteur et comment moderniser le secteur de la chefferie dans la dynamique de la 5ème République, afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle de régulateur des tensions sociales et de promoteur du développement à la base. Il s’est agi également de voir quelles initiatives mettre en place pour favoriser une meilleure collaboration entre les chefs traditionnels et les autorités locales et davantage impliquer les jeunes et les femmes dans la prise de décision au sein des communautés.
Les participants ont été édifiés à travers trois communications portant sur des thématiques relatives à la « Contribution du conseil national, des conseils régionaux et préfectoraux à une meilleure gestion de la chefferie traditionnelle et à un processus électoral apaisé » ; aux « Rapports entre les conseils de la chefferie traditionnelle et les autorités locales » ; ainsi qu’à « La chefferie traditionnelle dans la 5ième République ».
Le directeur de la chefferie traditionnelle, Vondoly Kodjo Djidjonu, représentant le ministre chargé de l’Administration territoriale, a d’abord rappelé que la chefferie traditionnelle, pilier fondamental et vecteur de développement local, est régie par la loi relative à la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels au Togo et son décret d’application du 11 mars 2016. Il a ensuite relevé que les périodes électorales sont souvent des moments de tension, d’intoxication, d’agitation sous diverses formes et de manipulation surtout de la jeunesse. M. Vondoly a, à cet effet souligné l’importance de la rencontre, rappelant que la transparence, la franchise et la sincérité doivent prévaloir lors des échanges. Tout en appelant les uns et les autres à leur responsabilité face aux enjeux de la chefferie traditionnelle dans la gestion sociale apaisée des populations, il a exhorté les acteurs à une participation active, à un partage de connaissances et d’expériences et à des propositions concrètes, pertinentes et constructives susceptibles de créer un environnement propice à un développement harmonieux du Togo.
Les présidents du conseil des chefs traditionnels de la région Kara et de la préfecture de la Binah, respectivement Sama Batcharo, chef canton de Kpinzindè et Pré Gnadi-N’laba, chef canton de Pagouda ont salué l’initiative qui vient les aguerrir davantage dans leur mission pour être de véritable courroie de transmission des valeurs de sécurité, paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble pour un processus électoral réussi et un développement local inclusif dans leurs collectivités respectives.
Le gouverneur de la région de la Kara, le général Adjitowou Komlan a félicité son ministre de tutelle dont la démarche vient davantage éclairer les dépositaires des us et coutumes sur les sujets de grande importance tels que l’extrémisme violent et le processus électoral en cours. TAL/AR






