Partout en Tchéquie, les citoyens et les représentants politiques ont commémoré le 36e anniversaire du début de la révolution de Velours qui a renversé le régime communiste à la fin de l’année 1989 dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Cette année, les célébrations de la Journée de la lutte pour la liberté et la démocratie ont été marquées par une tension post-électorale.

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Comme de tradition, de nombreuses cérémonies, manifestations et autres événements se sont tenus à l’occasion de la fête nationale partout dans le pays, et à Prague plus particulièrement.

Des milliers de Tchèques, ainsi que des dirigeants politiques, sont venus se recueillir et allumer des bougies près du mémorial qui rappelle, sur l’Avenue nationale (Národní třída), au centre de Prague, la manifestation étudiante du 17 novembre 1989, brutalement réprimée par la police communiste.

Conflit d’intérêt et soutien à l’Ukraine

Dans la matinée, le président de la République Petr Pavel y a déposé une couronne de fleurs, avant de s’exprimer devant les journalistes. Selon Petr Pavel, la liberté que la République tchèque célèbre le 17 novembre « n’a pas de sens sans respect et sans responsabilité envers les autres ».

Faisant référence à la « Prière pour Marta », chanson emblématique de la révolution des années 1989 et 1968 (interprétée cette année précisément à 17h11 par l’acteur Jan Cina), Petr Pavel a encore constaté que « si le pouvoir était revenu entre les mains du peuple, la méchanceté, la jalousie et la rancœur n’avaient malheureusement pas disparu de la société tchèque ».

Pour les médias, le président s’est également expliqué à propos du conflit d’intérêt du probable futur Premier ministre Andrej Babiš, propriétaire du holding Agrofert. Si M. Babiš ne parvient pas à résoudre ce conflit d’intérêt, le mouvement ANO devrait proposer un autre candidat au poste de Premier ministre, estime le chef de l’État.

En ce qui concerne la guerre en Ukraine, Petr Pavel a tenu à rappeler que le conflit continuait à représenter un risque immédiat pour Prague et que le soutien au pays agresssé par la Russie était important pour la sécurité de la Tchéquie.

Ambiance agitée sur l’Avenue nationale

Leader du mouvement ANO Andrej Babiš, qui négocie la formation du furut gouvernement avec les partis extrémistes et nationalistes SPD et les Automobilistes (Motoristé) s’est également rendu sur l’Avenue nationale. Sa présence a suscité des réactions controversées, de même que celles des représentants des Automobilistes Petr Macinka et Filip Turek.

Le gouvernement Fiala fait ses adieux

Le Premier ministre sortant Petr Fiala (ODS) a déclaré qu’il « ne se réjouissait pas que la situation actuelle en Tchéquie ». Il a critiqué son probable successeur Andrej Babiš pour sa prétenue collaboration avec la police secrète communiste, ainsi que le nouveau président de la Chambre des députés Tomio Okamura (SPD) pour ses « opinions extrémistes ».

Pour sa part, le ministre sortant de l’Intérieur Vít Rakušan (STAN) a pointé du doigt Tomio Okamura pour ne pas s’être rendu sur l’Avenue nationale à l’occasion de la fête du 17 novembre.

En effet, le leader de l’extrême droite tchèque a préféré assister à la commémoration des les événements de novembre 1939 à la Hlávkova kolej, plus précisément de la fermeture des universités du pays par les autoritlés du Reich, suite à de grandes manifestations des étudiants pour protester contre l’occupation nazie.

Au Palais Czernin, siège de la diplomatie tchèque, le ministre sortant des Affaires étrangères Jan Lipavský a remis les Médailles du mérite diplomatique à six personnalités, parmis lesquelles le chargé gouvernemental pour la reconstruction de l’Ukraine Tomáš Kopečný et l’ancienne présidente de la Chambre des députés Markéta Pekarová Adamová (TOP 09).

Manifestation contre le gouvernement ANO-SPD-Automobilistes et.. soirée en musique

Dans l’après-midi, une manifestation organisée par l’organisation « Un million de moments pour la démocratie » (« Milion chvilek pro demokracii ») a rassemblé des milliers de personnes sur la place de la Vieille-Ville, au centre de Prague. Ils ont protesté contre « le gouvernement des mafieux » qui serait formé par les partis ANO, SPD et les Automobilistes, suite à la victoire du mouvement ANO aux lélections législatives d’octobre dernier. Plusieurs personnalités ont assisté à la manifestation surveillée par la police, dont l’ancien Premier ministre et président du Sénat Petr Pithart, le philosophe Daniel Kroupa ou encore l’économiste et directeur de la Bibliothèque Václav Havel, Tomáš Sedláček.

La soirée se termine en musique, avec le traditionnel « Concert pour l’avenir » qui rassemble, chaque année, sur la place Venceslas, des dizaines de milliers de personnes.

Magdalena Hrozínková

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