Les dirigeants mondiaux, les États membres et les partenaires se sont réunis hier en marge de la soixante-dix-neuvième Assemblée mondiale de la santé (AMS79) pour le lancement de la stratégie du Corps mondial d’intervention d’urgence sanitaire (GHEC), une vision commune visant à constituer une main-d’œuvre sanitaire prête à faire face aux urgences et résiliente dans chaque pays d’ici 2030.
Cet événement parallèle, co-organisé par l’Éthiopie, l’Allemagne et le Brésil et soutenu par la Fondation Gates et l’Institut de philanthropie, a mis en lumière le besoin urgent d’investir dans la préparation aux urgences sanitaires et de renforcer la coordination entre les pays et les régions compte tenu de la nature de plus en plus complexe des urgences sanitaires.
La stratégie GHEC vise à traduire les engagements internationaux pris dans le cadre du Règlement sanitaire international (RSI) et de l’Accord relatif aux pandémies en capacités nationales concrètes, en renforçant les effectifs de santé d’urgence et en améliorant la coordination, l’interopérabilité et les mécanismes de réponse aux situations d’urgence. Elle fixe un objectif clair : garantir que 10 % du personnel de santé de chaque pays soit organisé, formé, opérationnel et connecté pour répondre aux urgences d’ici à 2030.
Dans son discours d’ouverture, la directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, le Dr Hanan Balkhy, a souligné que la préparation devait devenir une capacité nationale durable plutôt qu’un effort réactif mobilisé lors des crises.
« Les urgences sanitaires ne connaissent pas de frontières, et la préparation ne peut reposer sur une mobilité de dernière minute », a déclaré le Dr Balkhy. « Elle exige un leadership fiable, des systèmes nationaux, des effectifs coordonnés et une collaboration plus rapide que les crises elles-mêmes. »
Elle a souligné que la Stratégie offre aux pays une voie concrète pour renforcer leur capacité de préparation en créant des forces de travail d’urgence organisées à l’échelle nationale et connectées au-delà des frontières grâce à la solidarité, au partage d’expertise et à une action coordonnée.
Revenant sur les crises récentes survenues dans la région de la Méditerranée orientale, le Dr Balkhy a souligné que des mesures de coordination plus strictes et une collaboration plus rapide sont essentielles pour protéger des vies et empêcher l’escalade des situations d’urgence.
« Comme l’ont montré les crises récentes dans la région de la Méditerranée orientale – et au-delà –, les pays ont besoin de systèmes et de partenariats capables d’agir rapidement, de se coordonner efficacement et d’apporter un soutien avant que les situations d’urgence ne s’aggravent », a-t-elle déclaré.
Tout au long de l’événement, les participants ont souligné que les urgences sanitaires deviennent de plus en plus complexes et interconnectées, renforçant ainsi la nécessité d’une appropriation nationale plus forte, parallèlement à une collaboration régionale et mondiale.
La stratégie vise à mieux coordonner les équipes médicales d’urgence, les épidémiologistes de terrain, les experts en santé publique, les réseaux de réponse aux épidémies et les centres d’opérations d’urgence afin d’améliorer la coordination et la capacité de réponse en cas de crise. Elle encourage les exercices de simulation, le développement des compétences, l’adoption de normes de qualité pour la gestion des pics d’activité et la collaboration transfrontalière afin de renforcer les capacités de préparation et de réponse.
Les participants ont souligné l’importance de transformer les engagements politiques en actions concrètes pour développer le personnel de santé, les systèmes de coordination des urgences et la planification de la préparation à long terme, et ont appelé à un renforcement des investissements nationaux et internationaux afin de garantir que les pays soient mieux à même de détecter les épidémies, les pandémies et les urgences humanitaires, d’y répondre et de s’en remettre.
se sont ralliés autour de 4 priorités d’action communes : organiser les effectifs d’urgence, y compris les équipes d’intervention et les responsables ; s’entraîner régulièrement par le biais de simulations et d’exercices de simulation pour maintenir leur niveau de préparation ; coordonner leurs actions grâce aux mécanismes et protocoles établis ; et connecter les effectifs et les réseaux d’urgence à l’intérieur et entre les pays.
Le lancement s’est conclu par un appel collectif à la solidarité et à un investissement soutenu afin de garantir que, d’ici à 2030, chaque pays dispose du leadership, de la main-d’œuvre et des systèmes nécessaires pour répondre rapidement et efficacement aux urgences sanitaires.







