« La France dispose d’un effectif de très haut niveau. Cela dit, sans Français. » Publiée dans une tribune dédiée au football, cette phrase raciste de l’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a provoqué un tollé des deux côtés des Pyrénées.

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Dans sa chronique publiée vendredi dans El Debate, l’ancien dirigeant conservateur et grand amateur de football livre son analyse à propos de la sélection française, qui affronte la Roja mardi soir en demi-finale de la Coupe du Monde. Entre deux considérations sur le niveau de jeu des Bleus, il glisse, sans développer son propos, qu’il n’y a aucun Français dans l’équipe de France.

La phrase a fait bondir en Espagne, scandalisant notamment le successeur de Mariano Rajoy, Pedro Sanchez. Dans un message X, le Premier ministre socialiste a dénoncé des « déclarations xénophobes ».

« Il y en a qui mesurent encore l’appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau. D’autres la mesurent par l’attachement à un pays et la volonté d’y contribuer », a déclaré Pedro Sanchez. « France, on se retrouve en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde », a-t-il conclu.

Tempête en France

Les réactions ont également été vives en France, où les insultes racistes proférées par la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé en avaient déjà outré plus d’un, à commencer par le principal intéressé.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a d’ailleurs des origines familiales espagnoles, a été cinglant, jugeant la phrase de Mariano Rajoy inacceptable. Plusieurs autres ministres ont également réagi, ainsi que le président de la Fédération française de football Philippe Diallo. « Nos joueurs n’ont aucun certificat de nationalité à recevoir d’un ancien Premier ministre espagnol », a-t-il écrit sur X.

Déclarations issues de l’élite politique

Que les joueurs français soient la cible de sorties racistes remonte au moins aux années 1990, la décennie qui a vu triompher la génération black-blanc-beur chez elle en 1998.

« Ce qui est nouveau, c’est que ces propos viennent des élites », observe dans Forum l’historien Yvan Gastaut, maître d’enseignement à l’Université Côte-d’Azur à Nice. « Une sénatrice paraguayenne, l’ancien Premier ministre espagnol et d’autres se donnent le droit de tenir des propos qui sont d’habitude tenus au café du commerce ou dans les stades. C’est peut-être une musique qui ramène à Donald Trump. Ces chefs ou anciens chefs politiques se lancent dans la mêlée et s’autorisent des propos coupables », analyse le spécialiste du football et de l’immigration.

Le texte incriminé peut toujours être lu librement sur le site de El Debate, sans modification depuis sa publication il y a trois jours.

ami avec les agences et vad

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