Alors que la République centrafricaine poursuit ses efforts de reconstruction après plusieurs années de crises, Mgr Joseph Samedi, archevêque coadjuteur de l’archidiocèse de Bangui, souligne le rôle de l’Église dans la promotion de la communion, du dialogue et de la paix. Il attend de la rencontre du 1er octobre entre le Pape Léon XIV et son président Faustin-Archange Touadéra des fruits de changement politique.
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été reçu par Léon XIV dans la matinée de ce jeudi 1er octobre 2026 au palais apostolique du Vatican. De cette rencontre, l’archevêque coadjuteur de Bangui espère «une nouvelle étape pour le pays, marquée par la paix, le développement et la cohésion nationale».

Le Pape Léon XIV et le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra (ANSA)
Cette espérance était au cœur des assises diocésaines de l’archidiocèse de Bangui qui se sont déroulées du 23 au 27 septembre. En raison notamment de la situation économique et politique du pays, Mgr Joseph Samedi explique que le thème de la «communion», inspiré du Synode sur la synodalité, a été choisi. «Nous avons choisi ce thème pour nous mettre ensemble, parce qu’il s’agit de marcher ensemble dans la communion», affirme-t-il.
Prenant la Sainte Trinité comme modèle de communion et d’unité, l’archevêque coadjuteur rappelle que les chrétiens sont appelés à vivre dans l’unité malgré leurs différences. «Comment, nous, chrétiens, pouvons-nous vivre ensemble sans être divisés?», interroge-t-il, avant d’insister sur la nécessité de promouvoir «la paix, la cohabitation et le dialogue».
L’Église et l’État collaborent dans la reconstruction du pays
Mgr Samedi identifie plusieurs défis pour l’archidiocèse de Bangui, notamment la pastorale familiale, la formation des futurs prêtres, l’accompagnement des différentes communautés et la gestion financière. Mais au-delà de ces enjeux pastoraux, il insiste sur la question de la paix et de la reconstruction de la Centrafrique. Dans ce contexte, selon lui, «l’Église entend apporter sa contribution pour travailler au relèvement de ce pays sur tous les plans». Pour le prélat, l’Église catholique a historiquement joué un rôle important dans les périodes de crise en Centrafrique. Il souhaite que se poursuive le dialogue entre les autorités publiques et l’Église, notamment dans les domaines de l’éducation et de la formation. «L’Église donnera donc sa part pour contribuer à la construction de notre pays», affirme-t-il.
Évoquant les attentes suscitées par la rencontre entre le Pape et le président centrafricain, Mgr Samedi exprime le souhait de voir s’ouvrir une nouvelle étape pour le pays, marquée par la paix, le développement et la cohésion nationale. «Nous souhaitons qu’à l’issue de cette rencontre, le président retourne au pays et mette en place une véritable politique de construction, qu’il n’y ait plus d’exclusion et que les Centrafricains s’entendent entre eux pour construire leur pays», déclare-t-il.
Cette volonté rejoint, selon lui, l’engagement de la Conférence épiscopale centrafricaine. «Nous avons opté pour la paix et nous travaillons à la pacification du pays», affirme-t-il. L’évêque plaide pour que l’économie soit «bien partagée», afin que les populations puissent vivre «décemment et dignement sur leurs terres». Il invite également les autorités à mettre en place «une bonne politique et une bonne gestion des ressources naturelles du pays» afin de favoriser un véritable développement.
Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican






