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Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Col Ouro- Koura Agadazi a lancé le label togolais pour la filière karité « Karibelah », au cours d’une cérémonie qui a regroupé les actrices et acteurs, le mercredi 7 mars à Lomé.

La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de M. Ali Kéita, président de la filière karité de Côte d’Ivoire, et de Mme Elisabeth Pali-Tchalla, directrice générale de la Société Togolaise de Karité (STK) dont l’accompagnement des différents acteurs a abouti à la création de ce label.

Les potentialités de la filière karité au Togo sont énormes autant que les défis à relever pour une relance de la filière. Le karité est un arbre que l’on retrouve en grande partie en Afrique au Sud du Sahara. Il pousse dans les Savanes arborées de l’Afrique de l’Ouest et produit un fruit comestible composé de pulpe et d’une noix. Le karité apporte une contribution importante à la création de la richesse. En effet, en dehors des usages alimentaires et pharmaceutiques dont il fait l’objet, il alimente de nombreuses chaînes de valeur ajoutée en créant des emplois et en réduisant considérablement la pauvreté de ménages en milieu rural.

Malgré les avantages énormes que cette filière apporte aussi bien au plan local que national, elle est peu connue des acteurs et fait face à de nombreux défis structurels et organisationnels. Parmi ces défis, l’on peut citer la faible structuration et l’absence de formation des acteurs, la faible capacité à produire des semences performantes, l’atomisation de la production sur le plan national, le manque de financement adéquat pour la filière, le manque de structures de stockage, le manque d’équipement de transformation et l’inexistence d’un outil de certification de la qualité impactant la compétitivité du produit sur les marchés.

Pour le ministre Agadazi, la promotion des filières à haute valeur ajoutée telle que celle du karité, s’inscrit dans la vision du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé afin de créer de nouvelles ressources génératrices de revenus et d’emplois pérennes contribuant ainsi non seulement à la lutte contre la pauvreté mais aussi au rééquilibrage de la balance commerciale du pays.

Il a, au nom du gouvernement, félicité la directrice générale de la STK pour l’initiative prise de fédérer tous les acteurs des différentes localités particulièrement les femmes pour une synergie d’action en vue de créer un label togolais pour la filière karité.

Le ministre a rassuré les actrices et acteurs et particulièrement la directrice générale de la STK de l’accompagnement du gouvernement pour la promotion de la filière en vue d’une expression optimale de son potentiel au regard de nombreux atouts notamment l’ouverture du marché américain aux produits togolais suite au 16ème forum de l’AGOA tenu en août 2017 à Lomé.

La directrice de la STK, a fait savoir que sa société oeuvre à redynamiser la filière karité pour gagner le pari de l’autonomisation économique de la femme au Togo. Mme Pali-Tchalla a souligné que grâce à l’accompagnement de sa société aux différents acteurs dans les trois régions productrices à savoir Centrale, Kara et Savanes, le Togo est classé aujourd’hui parmi les sept premiers pays africains producteurs de karité et des milliers de femmes vivent de la production et de la commercialisation du beurre de karité et de ses produits dérivés dans le pays. A l’en croire, avec l’appui de son entreprise,

plus de 800 actrices de la filière karité ont vu leurs capacités renforcées et plus de 50 sociétés coopératives ont été formées afin d’aider les femmes à mieux profiter des opportunités qu’offre la loi

AGOA. Elle a sollicité le soutien financier et matériel du gouvernement pour permettre aux femmes d’accroître la quantité de produits transformés pour satisfaire les demandes sur le marché et assurer davantage ainsi leur autonomisation.

Pour le président de la filière karité de Côte d’Ivoire, Ali Kéita le Togo dispose aujourd’hui de son label et il revient d’abord aux togolais de se l’approprier en consommant les produits du karité dont les vertus sont nombreux. Le secteur, a-t-il relevé, mérite davantage l’appui multiforme du gouvernement pour permettre au Togo de franchir un autre palier en devenant un pays fournisseur de karité.

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