Le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) a jugé « satisfaisant » le bilan de la première étape de la première phase d’indemnisation des victimes des violences sociopolitiques de 2005, au cours d’une conférence organisée ce mercredi 26 septembre à Lomé.
Cette conférence animée par la présidente de HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya et ses collaborateurs a regroupé divers acteurs des secteurs publics et privés et des professionnels des médias.
« Le processus d’indemnisation et même tout le processus de réparation a été un succès », a déclaré Mme Nana-Daboya. Pour elle, son institution vient d’achever la première étape avec les deux (2) milliards de francs CFA alloués par l’Etat togolais pour indemniser les victimes. Et à l’en croire, cette phase a été une « réussite » et a même enregistré un dépassement des taux escomptés. «
Nous avons obtenu un taux de satisfaction de plus de 95% et plus de 101,41% d’exécution du montant qui nous a été alloué « , a confié la patronne du HCRRUN. D’après elle, le montant total des indemnisations « s’élève à 1.994.177.491 F CFA, dégageant un solde excédentaire de 5.822.509 F CFA, avec 2510 victimes prises en charges contre 2475 prévues, soit un taux de réalisation de 101,41% ».
Mme Nana-Daboya a saisi l’occasion pour rendre hommage à toutes les victimes pour leur patience et leur adhésion au processus malgré leur scepticisme au départ. « Elles n’y croyaient pas au départ mais après avoir vu ce qui se passait, elles ont adhéré au processus« , a révélé l’oratrice.
A l’entendre, la plupart des victimes ont affirmé être apaisées et ont pardonné à leurs bourreaux tout en se disant prêtes à tourner la page.
La présidente du HCRRUN a exprimé sa gratitude au gouvernement et au président de la République pour cet effort qui a été consenti en faveur des victimes qui sont des compatriotes qui souffraient dans leurs corps.
D’après elle, ces efforts continus avec le démarrage imminent de la deuxième étape avec l’utilisation des cinq (5) milliards de francs CFA alloués pour l’année budgétaire 2018. « C’est donc un satisfecit pour tout le monde aussi bien pour le HCRRUN que pour les victimes », a conclu la présidente qui estime que les dix mois qu’ont duré cette étape à compter de décembre en valait la peine.
Le vice-président de l’Association Internationale des Médecins pour la promotion de l’Education et de la Santé en Afrique (AIMES-Afrique), Dr. Kpakpo Adoté a fait savoir que sous la couverture du HCRRUN, les médecins de leur organisation ont consulté environ 2410 victimes qui ont été réparties en deux groupes dont le premier constitué de 123 victimes vulnérables et l’autre de 2287 victimes non vulnérables. Il a fait noter que tous les cas vulnérables ont été tous ramenés à Lomé pour une prise en charge adéquate, tout en précisant que tous les cas vulnérables et non vulnérables ont été consultés par des psychologues. « Les 123 victimes sont des cas ayant besoins des soins chirurgicaux ou d’ophtalmologie. Ils ont été confiés aux médecins et toutes les affections qu’ils avaient liées ou non aux violences ont été prises en charge », a affirmé le Dr Kpakpo. Il a ajouté que le HCRRUN a fourni à certaines victimes des prothèses de bras ou de pieds et en a doté d’autres de tricycles. A l’en croire, présentement des victimes qui ont besoin de prise en charge ou suivis médicaux pour des pathologies chroniques sont toujours prises en charge et continuent de prendre leurs médicaments. « Le HCRRUN a fait du bon travail c’est pourquoi nous continueront de les soutenir pour que la prochaine étape connaisse plus de succès », a promis le représentant de AIMES-Afrique.
Le président du Comité de gestion du fonds spécial, Eva Kudzo Amétonou, a assuré que l’exécution des finances a été faite dans les règles de l’art. Selon lui, la stratégie qui a été mise en place au départ et qui a consisté à indemniser 2475 victimes, a été effective. Mais vu l’objectif tant recherché par le HCRRUN qui est de faire plus pour atteindre un grand nombre de victimes, la stratégie de départ a été revue ce qui a permis d’atteindre 2510 victimes. Il a précisé que toutes ces victimes ont été indemnisées conformément aux montants arrêtés par la Commission, Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). « L’objectif étant atteint et même dépassé nous pouvons dire que l’efficacité et l’efficience tant recherché par les autorités a été retrouvée », a-t-il affirmé.
Pour le président de l’Ordre National des Huissiers de Justice (ONHJ) du Togo, Me. Sama Botcho, leur tâche consistait à s’assurer que les victimes sont les vrais bénéficiaires des chèques dont les montants varient entre 420.000 F et 2.100.000 FCFA.






