Adapté du roman dʹAmélie Nothomb, « Amélie et la métaphysique des tubes » est un film d’animation sorti le 25 juin qui revient sur l’enfance de l’écrivaine belge née au Japon. Amélie vit sa vie comme une aventure au côté de sa nounou Nishio-san jusqu’au jour où un événement vient tout bouleverser.

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Petit bijou d’animation, « Amélie et la métaphysique des tubes » a pu voir le jour grâce aux réalisateurs Liane-Cho Han et Maïlys Vallade. Tous deux passés par l’école des Gobelins à Paris, ils se sont rencontrés sur le tournage du film d’animation « Le petit prince » de Mark Osborne. Une expérience qui leur a permis d’acquérir de nouvelles compétences dans l’élaboration de storyboard et de scénarios, tout en créant « une famille » de passionnés autour deux.

Liane-Cho Han avoue être tombé amoureux du roman d’Amélie Nothomb à l’âge de 19 ans: « A la base, je n’étais pas vraiment un féru de littérature. J’étais plus tourné sur la culture populaire, l’animation japonaise et les jeux vidéo. Mais quand j’ai lu cette histoire d’une petite fille de deux ans et demi qui se prend pour Dieu, j’ai eu ce fantasme de l’adapter », déclare le réalisateur dans l’émission Vertigo du 24 juin. Des années plus tard, Liane-Cho réussit à convaincre Maïlys Vallade d’adapter le roman sur grand écran.

Une adaptation complexe

« ‘Métaphysique des tubes’ a beau être un petit livre, c’est une petite bible en soi, riche de plein de thématiques. Pour nous les réalisateurs, ça a duré des années d’écriture, de réécriture, de remise en question et d’analyse », confie la réalisatrice Maïlys Vallade. Un défi renforcé par le souhait de la production d’en faire un film familial, tout en gardant la profondeur et l’humour de la version originale.

« Cette transition de la petite enfance à l’enfance est un sujet qui a été peu traité au cinéma, précise Liane-Cho Han. Au début, la petite Amélie pense être au centre du monde et elle doit faire ce deuil, elle doit lâcher-prise pour se rendre compte qu’elle fait partie du monde, tout simplement ».

Une voix off indispensable

Une des originalités du film « Amélie et la métaphysique des tubes » est la voix off, utilisée comme fil rouge de l’histoire. Pour Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, c’était une évidence et un sacré challenge: « C’était, on ne va pas se le cacher, le plus gros point de désaccord, affirme Liane-Cho Han. Cette voix off, est-ce qu’on la met ou pas? Qui est-elle? D’où parle-t-elle? Du futur, du présent? Est-ce un enfant ou un adulte? »

Et le réalisateur d’expliquer: « On a toujours voulu retranscrire quelque part dans ce film la patte littéraire d’Amélie Nothomb qui a cet humour particulier, ces mots presque assassins, mais extrêmement justes. Il fallait que l’on crée aussi une sorte de décalage entre ce que dit cette voix off et ce qu’on voit à l’image, de manière à avoir différents niveaux de lecture ».

Les réalisateurs ont donc choisi Loïse Charpentier, une comédienne espiègle, qui sait aussi bien articuler que raconter pour incarner cette fameuse voix off. Quant à la voix de la petite Amélie âgée de deux ans et demi, il s’agit d’un melting-pot des enfants de l’entourage des réalisateurs. Ceux-ci ont enregistré leurs conversations, leurs rires, leurs bruitages, leurs respirations, pour en faire « un travail de dentelle » au montage, de manière à être le plus proche de la petite enfance.

Propos recueillis par Philippe Congiusti

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