De nouveau largement défait, cette fois sur la pelouse de Tottenham (0-3), mardi soir, le Slavia n’a désormais pratiquement plus aucune chance de se qualifier pour les barrages de la Ligue des champions.
32es avec seulement trois points au compteur, en attendant les résultats des autres matchs de la 6e journée ce mercredi soir, les Pragois s’enfoncent un peu plus encore au classement.
Après le parcours déjà décevant du Sparta la saison dernière, les performances du Slavia confirment que la place des clubs tchèques sur la scène européenne se trouve probablement ailleurs que parmi l’élite.
Dure, très dure même, et douloureuse, est décidément pour les clubs tchèques la confrontation avec le très haut niveau européen. Et bien évidemment, au vu de leurs résultats, mais aussi plus globalement de leurs performances, se pose l’inévitable question du bien-fondé de leur présence en Ligue des champions.
Un an après le Sparta, qui avait achevé la phase de ligue à la 31e place avec un bilan d’une seule victoire pour six défaites et un total de quatre petits points, le Slavia découvre à son tour à ses dépens, journée après journée, l’impitoyable réalité de la plus relevée des compétitions continentales.
Sans même démériter, et c’est peut-être bien là le plus amer des constats, les Pragois ont de nouveau été logiquement défaits par Tottenham, mardi soir, essuyant ainsi, comme contre l’Inter Milan en septembre puis contre Arsenal en novembre, une nouveau revers sur le même score (0-3).
Un but contre son camp du défenseur David Zima en première mi-temps (26e minute), puis deux penaltys en deuxième transformés par Mohammed Kudus (50e) et Xavi Simons (79e) auront suffi au bonheur des Londoniens. Bien que décevants 11es en Premier League, ces derniers n’auront pas eu besoin de forcer leur talent outre mesure pour venir à bout d’un champion de Tchéquie en titre dont l’entraîneur, Jindřich Trpišovský, estimait pourtant qu’il n’avait pas fait mauvaise figure :
« C’est un paradoxe. D’un côté, le résultat parle de lui-même, c’est une défaite nette. 3-0, c’est comme si nous avions perdu par forfait (sic)… D’un autre côté, nous avons eu de bons passages dans le match. Si je compare avec notre prestation contre l’Inter à Milan, par exemple, cela a été beaucoup mieux aujourd’hui, même si le résultat est identique au bout du compte. Nous avons eu des situations intéressantes et si nous avions réussi à marquer un but, le match aurait pu être différent. Au lieu de cela, nous avons fait cadeau à l’adversaire des deux premiers buts. C’est une question d’efficacité dans les trente derniers mètres, mais c’est aussi la réalité du très haut niveau. »« Tottenham reste une équipe de Premier League. C’est une chose de les voir à la télé, où vous vous dites qu’ils sont prenables, et c’en est une autre quand, depuis le bord du terrain, vous observez la vitesse avec laquelle ils jouent. Je suis déçu pour nos supporters qui, encore une fois, se sont déplacés en nombre et ont été formidables. Je pense que nous aurions mérité mieux que cette lourde défaite, mais le football, c’est aussi ça. Parfois vous obtenez un résultat que nous ne méritez pas forcément, d’autres fois, c’est l’inverse. Je préfère retenir le positif, et ce sont les performances individuelles de certains joueurs. »
Parmi ces performances individuelles, l’une des plus marquantes aura incontestablement été celle de Jindřich Staněk. Car si le Slavia aurait effectivement peut-être mérité d’inscrire au moins un but, les nombreuses parades de son gardien international lui ont aussi permis de ne pas repartir de Londres avec une valise plus chargée encore. Déjà grand artisan des résultats nuls (0-0) obtenus à Bergame contre l’Atalanta puis contre l’Athletic Bilbao à Prague il y a deux semaines, Jindřich Staněk, auteur d’un réflexe exceptionnel dès la première minute de jeu, a, une fois encore, longtemps retardé l’inéluctable face aux Spurs :
« Bien sûr que je suis déçu (d’avoir encaissé trois buts). On peut dire qu’ils étaient évitables, mais c’est inutile de pointer les fautifs du doigt. Tout le monde a donné le maximum, nous aussi avons su leur poser des problèmes, et dans l’ensemble, je pense que nous n’avons pas à rougir de notre prestation. Ce genre de match nous permet d’engranger de l’expérience, mais reconnaissons aussi honnêtement que la qualité technique était du côté des joueurs de Tottenham et que quand ils ont mis de la vitesse dans leur jeu, cela est devenu plus difficile pour nous. » Malgré des performances dans le jeu sinon suffisantes pour obtenir de meilleurs résultats, au moins honorables, le constat chiffré n’en reste pas moins implacable : voilà désormais cinq matchs que le Slavia, qui reste aussi sur une série de treize matchs sans succès sur la scène européenne (en tenant compte de son parcours en Ligue Europa la saison dernière) – et même de dix-sept en Ligue des champions -, n’est pas parvenu à inscrire le moindre but en Ligue des champions.
Treize aussi comme le nombre de matchs où, depuis la victoire du Sparta contre les faibles Autrichiens de Salzbourg lors de la 1ère journée la saison dernière, les deux plus grands clubs tchèques ne sont plus parvenus à s’imposer dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Et puisque le Slavia accueillera Barcelone lors de la prochaine journée en janvier prochain pour ce qui, vu de Prague, ne sera plus qu’une affiche de gala sans grand enjeu sportif, il est fort à parier que cette série d’insuccès s’étendra bientôt à quatorze…
Auteur:Guillaume Narguet






