Aux Européens de Birmingham, la Suisse a été reçue 7 sur 7, compilant sept médailles et se positionnant au 6e rang continental. C’est certes un poil moins que deux ans auparavant à Rome (9 podiums, 5e place au tableau des nations), mais qui oserait faire la fine bouche devant un bilan aussi extraordinaire pour un pays qui a fait un merveilleux bond en avant ces quinze dernières années? Personne! « Nos » athlètes évoluent dans une dimension quasi inimaginable au carrefour des années 2000-2010.
Question bond en avant, Simon Ehammer en connaît un rayon. En sautant à 8,29m, l’Appenzellois a longtemps cru pouvoir s’emparer du titre européen, mais l’intenable Miltiadis Tentoglou (8,44m) lui a soufflé l’or au dernier essai. Pas de quoi attrister le sauteur de 26 ans, qui avait croqué du bronze en 2024 en Italie. Ce saut a ouvert à la Suisse la porte des médailles. Jason Joseph y est en effet allé par la suite de sa course dorée sur le 110m haies, en 13 »12, soit sa meilleure performance de la saison. Une belle réussite pour le Bâlois, qui restait sur une désillusion l’été précédent aux Mondiaux de Tokyo.
Alors que Timothé Mumenthaler a cueilli une 3e place sur 200m, avec un meilleur chrono (20 »26) qu’à l’occasion de son titre romain d’il y a deux ans (20 »28) et que Dominic Lobalu a attrapé de l’argent sur un grand 10’000m, les femmes ont aussi donné des ailes et, surtout, de l’or à la Suisse. Angelica Moser a d’abord été irrésistible à la perche, comme à Rome en 2024, puisqu’elle est parvenue à Birmingham à conserver son étiquette de meilleure perchiste du continent en franchissant une barre à 4,80m.
Ensuite, Audrey Werro, la grande dame du double tour de piste, a été phénoménale dans l’un des plus grands 800m de l’histoire, matant – excusez du peu! – Keely Hodgkinson et Femke Broeders-Bol. Dingue!
La Fribourgeoise de 22 ans s’est installée sur le Toit du continent après avoir pourtant été victime d’une chute en demi-finales, consécutivement à une bousculade. Repêchée, l’athlète de Belfaux n’a laissé à personne d’autre le soin de croquer l’or, appréciant pleinement le moment, mais sans en ajouter. « Sur le moment, cela a été dur de réaliser que j’avais gagné, a-t-elle admis au micro de la RTS. Je m’étais imaginé beaucoup de scénarios et j’ai presque l’impression que c’est le plus facile qui s’est déroulé…«
Pour prouver à tout un pays que l’athlétisme suisse a considérablement grandi en 15 ans, le relais 4x100m dames, l’un des plus beaux et vieux projets de Swiss Athletics, est enfin allé au bout de ses rêves, bondissant sur le podium au bout d’une course absolument incroyable, achevée à la 2e place, derrière l’intouchable Grande-Bretagne avec un 43 »12 signé par le quatuor Géraldine Di Tizio-Frey, Fabienne Hoenke, Léonie Pointet, Salomé Kora. Après un ultime passage de relais qui a fait frémir tout un pays trop habitué à des frustrations dans l’exercice, la dernière ligne droite de la Saint-Galloise a finalement fait lever ce même pays de son canapé.
Oui, Birmingham, c’était beau. Et que dire du Weltklasse de Zurich, qui a vu Audrey Werro remporter un nouveau 800m complètement dingue, la Fribourgeoise achevant encore une fois ce double tour de piste sous les 1’54 »00, laissant même penser durant quelques instants que le plus vieux record du monde de l’athlétisme, celui de Jarmila Kratochvilova, allait enfin exploser? Werro n’a « que » amélioré sa propre marque nationale, mais elle a confirmé à tous ses compatriotes qu’avec elle (et quelques autres…), les belles soirées d’athlétisme risquent de devenir une tradition nationale. In Werro veritas.
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