Renouant avec la tradition, ce lundi 29 juin, le Pape a remis, pour la deuxième fois de son pontificat, le pallium à 35 nouveaux archevêques métropolitains venant de diocèses des cinq continents, lors d’une messe présidée en la basilique Saint-Pierre. En la solennité des saints Pierre et Paul, saints patrons de Rome, Léon XIV les a invités à emprunter le chemin de ces deux bâtisseurs d’unité, serviteurs généreux de la vérité et de la charité.
Fidèles, cardinaux et évêques de la Curie ou des cinq continents se sont retrouvés, nombreux, ce lundi matin en la basilique Saint-Pierre pour participer à la messe présidée par Léon XIV en la solennité des saints Pierre et Paul. Un temps de prière et de joie, puisque le Pape a remis le pallium à trente-cinq archevêques métropolitains nommés au cours de l’année écoulée. Lors de la célébration eucharistique, ils ont été appelés à prendre exemple sur les patrons de la ville et du diocèse de Rome.
Annoncer l’Évangile et rassembler le troupeau
Dans son homélie, le Pape a tenu à commémorer les «deux colonnes de l’Église» célébrées ce lundi. Le Successeur de Pierre s’est d’abord longuement arrêté sur saint Pierre, «berger du troupeau» de Jésus et «gardien du peuple de Dieu» engagé à préserver la communion entre les frères. Une aptitude et aspiration illustrée à maintes reprises dans le Nouveau Testament, rappelle Léon XIV, qui cite les Évangiles de Luc (Lc 5,5), de Jean (Jn 6,68 ou 21, 1-17) et de Matthieu (Mt 16, 13-19). Le Pape souligne en particulier sa capacité à rassembler les frères, à les écouter, puis guider par le Saint-Esprit, à prendre une décision, en préservant la communion, par exemple lorsque la question de l’admission des païens non-circoncis au baptême risque de diviser la communauté à Jérusalem.
La grandeur d’âme de Pierre «ne veut pas dire qu’il soit parfait», précise le Pape. Il a renié le Maître pendant la Passion et Paul, lui-même, lui reproche l’incohérence de certains de ses comportements. Mais, poursuit Léon XIV, Pierre «sait reconnaître ses erreurs et se reprendre sans se décourager et sans abandonner la mission d’annoncer l’Évangile et de rassembler le troupeau du Christ, et ce, jusqu’au martyre» subi à Rome.

Lors de la célébration ce lundi 29 juin. (@Vatican Media)
Chercher les points de rencontre dans la vérité
Cette «sollicitude fidèle et patiente pour l’unité» s’exprime très bien par le symbole des clés, avec lequel il est souvent identifié. Une clé, note le Pape, n’abat pas les portes, mais elle les ouvre puis les ferme, en cherchant à l’intérieur les bons leviers et en accompagnant leurs mouvements, afin que les blocages se défassent, que les gâches coulissent et que les battants tournent librement sur leurs gonds, unissant ainsi les espaces et faisant des nombreuses pièces isolées une seule et même maison accueillante. «De la même manière, poursuit-il, la communion dans l’Église ne se construit pas en se figeant sur ses propres positions, mais en recherchant, dans le cœur de chacun, les points de rencontre dans la Vérité, à la seule lumière de laquelle chacun devient pour l’autre instrument de croissance».
Coopérer au salut les uns des autres
Ainsi se lit la mission confiée à Pierre et à ses successeurs «au profit du saint Peuple de Dieu», affirme Léon XIV: écouter la voix de chacun, discerner les inspirations; guider les chemins; corriger les erreurs; instruire; encourager; exhorter et accompagner les frères «afin que, dociles à l’action du même Esprit (cf. 1 Co 12, 1-11), ils coopèrent au salut les uns des autres et de l’humanité entière». Une mission, précise le Pape, qui est aussi une invitation à chaque chrétien, appelés eux aussi à placer Dieu au centre de leur existence, à se rapprocher de leurs frères, «attentifs à leurs vicissitudes et à leurs besoins», afin de vivre avec eux dans la charité et qu’ainsi «la proclamation de l’Évangile s’accomplisse» (cf. 2 Tm 4, 17).
Paul, de persécuteur à messager de paix
Cet enseignement est également celui de saint Paul, «héraut infatigable de la Bonne Nouvelle», doté lui d’un livre et d’une épée. Des signes distinctifs étroitement liés comme l’explique lui-meme l’auteur de la Lettre aux Hébreux: «Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants», capable de pénétrer «jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit» et de discerner «les intentions et les pensées du cœur» (cf. He 4, 12). Voilà ce que Dieu a accompli dans le cœur de Saul en le conquérant, souligne le Pape, «l’Apôtre des nations s’est laissé transformer par la puissance de la Parole de Dieu qui l’a soustrait à la violence pour le conduire sur le chemin de l’amour». Le jeune converti prit un nom nouveau, annonça l’Évangile dans le monde entier, témoigna jusqu’au don de sa vie. Le Pape citant saint Augustin explique que «Dieu a pris le persécuteur de l’Église et en a fait un messager de paix. Il lui a pardonné tous ses péchés et l’a placé dans un ministère où il pourrait pardonner les péchés d’autrui».

Lors de la remise du pallium à un archevêque métropolitain. (@VATICAN MEDIA)
La remise du pallium
En la solennité des saints Pierre et Paul, le Pape souhaite que chacun se tourne vers ces deux saints pour comprendre «comment être à notre tour des apôtres et des bâtisseurs d’unité, des serviteurs généreux de la vérité dans la charité», en particulier les nouveaux archevêques métropolitains, qui se sont vus remettre le pallium ce lundi.
“Ces bandes de laine blanche ornées de croix expriment en effet l’engagement de chaque pasteur – mais aussi de tout chrétien – à porter sur ses épaules les frères et sœurs qui lui sont confiés comme autant d’agneaux du troupeau du Seigneur et à offrir pour eux son énergie, son temps, ses efforts, voire sa propre vie afin que l’Évangile parvienne à tous et que le monde entier y trouve harmonie et concorde (Gaudium et spes, n. 38).”
Dans cet esprit, le Pape a également cordialement salué les membres de la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople, envoyée par «mon très cher frère Sa Sainteté Bartholomée» et conduite par le métropolite de Chalcédoine.
Le Pape a enfin invité à prier les saints Pierre et Paul, afin qu’ils nous soutiennent sur le chemin de la communion à la suite du Sauveur. Comme l’affirmait Benoît XVI le 29 juin 2012, «c’est le chemin qu’Il a tracé, c’est ce pour quoi Il a prié le Père lors de la Cène (cf. Jn 17, 21-23), c’est le but vers lequel Il nous a enseigné à tendre avec confiante espérance».

Le Pape et le métropolite Emmanuel de Chalcédoine. (@VATICAN MEDIA)
Marie Duhamel – Cité du Vatican






