Ce mercredi après-midi s’est ouvert au Vatican le colloque sur Amoris laetitia, à l’occasion des dix ans de l’exhortation apostolique du Pape François. Dans son discours d’ouverture, Léon XIV a exhorté les patriarches et évêques du monde entier à affronter avec courage les questions, les fragilités et les difficultés auxquelles les familles sont confrontées aujourd’hui.
Après la prière d’ouverture et la lecture d’un extrait de l’Évangile selon saint Jean, le Pape a adressé un discours en anglais aux chefs des Églises orientales et aux présidents des Conférences épiscopales réunis en salle Paul VI ce mercredi après-midi. Ils sont venus des cinq continents pour participer au colloque qui débute ce 7 octobre et qui se déroulera pendant une semaine au Vatican, intitulée «Dix ans après ‘‘Amoris laetitia’’: annoncer l’Évangile avec les familles aujourd’hui». La famille qui a toujours occupé une place importante dans les préoccupations pastorales du Successeur de Pierre, et à qui le Pape François avait consacré une exhortation apostolique une décennie plus tôt. «Au début de son pontificat», a rappelé Léon XIV, «le Pape François a une nouvelle fois placé la famille au cœur d’un processus synodal, reconnaissant la nécessité de poursuivre le discernement de l’Église face aux profonds changements qui touchent un domaine si étroitement lié à sa mission dans le monde d’aujourd’hui».
Lors du Concile Vatican II déjà, les pères conciliaires avaient reconnu «que la vie familiale offre un point d’entrée privilégié vers les grandes questions culturelles, économiques, sociales et politiques de notre temps, y compris l’œuvre de promotion de la paix entre les peuples». «La famille, a encore rappelé le Souverain pontife, reste au cœur d’une approche qui concilie le local et le global, guidée par la recherche d’une fraternité universelle en Christ».
Amoris laetitia, dix ans après
Dix ans après la publication de l’exhortation apostolique, Amoris laetitia a été accueillie dans différentes cultures et différents contextes pastoraux, qui seront représentés tout au long de cette semaine dans la salle Paul VI. «Ce sont ces dix années que nous présentons aujourd’hui devant le Seigneur Jesus» a souligné le Saint-Père, rappelant que les participants au colloque seront amenés à partager les témoignages recueillis tout au long de ce parcours missionnaire, qu’il soit des témoignages de «conversion, de fruits inattendus, et des relations que Dieu a tissées au sein des familles» ou alors des difficultés rencontrées sur le chemin. Amoris laetitia invite les évêques et chefs des Églises orientales à «prendre au sérieux cette vocation et cette responsabilité».
“Les familles participent elles-mêmes à la mission de l’Église dans le cadre ordinaire de leur vie, par l’amour et la fidélité, la bienveillance et le pardon, l’éducation des enfants, leurs efforts pour transmettre la foi, l’attention portée aux personnes âgées et aux plus vulnérables, ainsi que par les nombreuses façons dont elles se mettent au service de leurs communautés et de la société.”
«De toutes ces manières, a précisé le Pape, les familles rendent témoignage à l’Évangile et contribuent à la vie et à la mission de l’Église». Les pasteurs de l’Église ont la responsabilité de les accompagner, de les écouter et même d’apprendre des familles, a assuré Léon XIV.
Les joies et les angoisses des familles aujourd’hui
«Leurs vies nous posent également des questions auxquelles il convient de faire face avec courage» a poursuivi le Saint-Père. «Dans de nombreux contextes, un fossé s’est creusé entre la manière dont la sexualité et l’intimité sont vécues et la vision chrétienne du mariage». Si les jeunes aspirent aujourd’hui à «l’amour, à la fidélité et au sentiment d’appartenance», ils peinent à avoir confiance en l’avenir en raison des nombreux défis, énumérés par le Pape, qui les attendent: «L’insécurité économique, les migrations, la violence, la solitude et d’autres formes de fragilité affective influencent également les choix que font les personnes et les perspectives d’avenir qu’elles peuvent envisager».
Ce contexte soulève un certain nombre de question dont le Pape invite les participants à la rencontre à se saisir: «Que recherchent véritablement les personnes derrière ces changements culturels? Que nous révèlent leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs angoisses? En quoi notre langage et nos pratiques pastorales parviennent-ils à ouvrir une voie, et en quoi ne parviennent-ils pas à toucher le cœur des personnes ou à les aider dans leurs efforts pour faire le bien? (…) Que pouvons-nous proposer en matière de formation pour une vie familiale saine et sainte?».
L’expérience de la fragilité
Léon XIV invite également les pasteurs à accorder une attention particulière à la «fragilité». «L’expérience de la fragilité nous amène à nous demander si nous sommes capables de rester proches les uns des autres lorsque la vie ne correspond plus à ce que l’on avait espéré, et si nous pouvons reconnaître l’œuvre de la grâce même dans des situations marquées par des limites, des blessures et des échecs apparents» a souligné le Pape.
«À cet égard encore, l’expérience des familles a quelque chose à enseigner à chacun, car la fragilité fait partie de notre condition humaine commune et, par conséquent, de la vie de l’Église elle-même». Ainsi, «la prise de conscience de ce défi commun devrait façonner la manière dont nous nous accompagnons les uns les autres au sein de l’Église». Le Pape a soulevé d’autres questions liées à la fragilité: «Quel genre d’Église les personnes rencontrent-elles, précisément lorsqu’elles sont les plus fragiles? Nos communautés les aident-elles à découvrir qu’elles ont encore une place, une responsabilité et des dons à offrir?».
Léon XIV a conclu en appelant les participants au colloque à accorder «tout leur poids à ces questions», afin d’aboutir à une réflexion qui pourra nourrir «le discernement pastoral des conférences épiscopales et des structures hiérarchiques des Églises orientales».
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican







