Dès la première journée des luttes traditionnelles « Evala » dans le canton de Pya, certains lutteurs ont dominé totalement leurs adversaires. C’est le cas de Ali Mawabidè Fidel, un jeune lutteur de Lao-Haut. Comme lors des deux précédentes éditions, il a offert, en moins d’une minute d’empoignades, la première victoire à son camp. Dans un entretien avec l’Agence togolaise de presse (ATOP), ce lutteur physiquement fort, âgé de 24 ans, a révélé certains de ces secrets de ses exploits dans l’arène de lutte.
Le jeune Ali dit tirer sa force des entraînements quotidiens avec des courses de résistance pour gagner du souffle qui, selon lui, est très important pour prendre le dessus sur l’adversaire. « La taille de l’adversaire ne m’effraie pas car je sais qu’en étant endurant, il finira par s’essouffler et je vais le terrasser », confie-t-il. Ce champion de lutte de 1,74m de taille, insiste également sur une alimentation saine et équilibrée. « Je contrôle mon alimentation en évitant de manger trop gras, trop salé et trop sucré, je consomme beaucoup de légumes et de fruits », révèle-il. Outre la force physique et l’endurance, la victoire dans l’arène, d’après Ali, est conditionnée par la maîtrise des techniques et l’adoption d’une stratégie de combat. « Je m’approche des anciens champions de lutte pour m’instruire sur les variétés de techniques et de prises et également pour apprendre à développer une excellente coordination. J’apprends aussi à adapter mon style de combat à l’adversaire et à anticiper ses mouvements pour le surprendre », détaille-t-il.
Ce lutteur musclé, calme, timide mais très technique, s’est appesanti, en outre, sur l’aspect mental, soulignant qu’il est crucial, avec la confiance en soi et la gestion du stress pour déterminer l’issue des empoignades. Pour lui, la joie procurée à sa famille, à sa communauté, et l’encouragement des aînés, après chaque victoire, est une puissante source de motivation. « Quand je terrasse en premier et que je vois mon camp manifester bruyamment sa joie et la fierté sur les visages de mes grands frères qui m’encouragent par des mots réconfortants, cela me motive à me surpasser encore plus pour les satisfaire », révèle-t-il.
Très croyant, le jeune Ali avoue se confier toujours en Dieu avant de rentrer dans les aires de lutte. « Je prie toujours le Seigneur avant chaque combat de me donner la victoire parce que je sais que ma force, mon endurance, mes techniques, mon habileté et mes ruses seules ne suffiront pas pour triompher de mon adversaire ».
Comme les années passées, ce jeune lutteur, pesant 69 kg, très attentif, est un adversaire redoutable que les autres protagonistes, certainement présents pour l’espionner, doivent encore prendre au sérieux.







