Mme Bineta Sambe Ba représente le Sénégal au Togo. Elle veille sur ses compatriotes. Depuis déjà 5 ans, le Togo lui a ouvert les bras. Elle a été bien accueillie, se sent chez elle puisqu’étant toujours en Afrique. La culture l’a convaincu de l’unicité de l’Afrique, la nécessité de bâtir un continent fort tel un bloc solide et puissant. L’économie lui a fait voir l’urgence pour les deux pays d’accroître les échanges commerciaux pour une meilleure viabilité des entreprises.
Madame l’ambassadeur est amoureuse du Togo. Ses plats locaux, elle les aime et porte au quotidien le lien qui unit les deux pays. Mme Bineta Sambe Ba est admirative devant le sens de discipline dont font preuve les Togolais et surtout la propreté des rues.
En ces temps de pandémie, votre journal Lomébougeinfo est allé à sa rencontre pour mieux comprendre ses missions. Au cours d’un entretien empreint de courtoisie, l’ambassadeur évoque la question de la gestion de la pandémie au niveau du gouvernement togolais. A cela s’ajoutent les efforts fournis par l’ambassade pour sensibiliser les Sénégalais résidant au Togo. Madame l’ambassadeur a aussi abordé avec clarté les piliers du renforcement des liens entre le Togo et le Sénégal.
Comment gérez-vous la pandémie du coronavirus à votre niveau ?
La pandémie est mondiale. Tout le monde a paniqué au début mais après, on a remis les pieds sur terre. Il n’y a pas eu de cas de contamination dans la communauté sénégalaise résidente au Togo. Par contre, j’ai eu à recevoir plus de 20 Sénégalais en transit au Togo et qui se sont retrouvés bloqués par la prise des mesures d’urgence. Parmi ces gens, il y avait deux qui étaient atteint par le nouveau coronavirus. Nous avons procédé aux tests puis avions emmener ces patients au Centre Hospitalier Régional de Lomé-Commune y compris un agent de l’ambassade. Après leur guérison, ils ont été mis en quarantaine jusqu’à leur départ. Nous avons fait tester tout le personnel de l’ambassade et tout le monde est heureusement négatif.
Nous avons fait des communications envers la communauté sénégalaise au Togo en insistant sur la nécessité de rester le plus possible chez soi et le respect scrupuleux des mesures barrières. Je le répète encore : nous n’avons pas enregistré de cas positifs dans la communauté résidente. Nous souhaitons que ceux qui n’ont pas la maladie y compris les Togolais soient tous épargnés.
Notre président S.E.M Macky Sall a envoyé des fonds pour soutenir tous les Sénégalais. Un comité de gestion des fonds Covid a été mis en place et élargi à la communauté sénégalaise par quatre de ces représentants qui ont servi de relais.
Comment voyez-vous la gestion de la pandémie par le gouvernement togolais ?
Le Togo fait beaucoup d’efforts. Il y a moins de cas que dans beaucoup d’autres pays. Il y a un taux de létalité acceptable si on se base sur les dégâts de la maladie ailleurs. Je vois que le gouvernement a vraiment insisté sur le respect des mesures barrières. Ce qui est une bonne chose et de nombreuses personnes portent les masques, il y a des dispositifs de lavage de mains un peu partout. Le gouvernement a pris la sage décision de fermer les écoles au bon moment. Ce qui a poussé d’autres écoles à faire du télétravail dans la mesure du possible. Le Togo gère bien cette pandémie.
Même lors de l’investiture du président S.E Faure Gnassingbé, les mesures barrières ont été scrupuleusement respectées. Ce qui renvoie un signal fort à toute la population.
Que pensez-vous des relations entre le Sénégal et le Togo ?
Ces relations datent. Elles sont séculaires. Nous faisons tout pour tenir allumé le flambeau qui nous a été légué. Je suis arrivée en 2015 au Togo. Je reconnais que tout est parti de l’Afrique et tout doit revenir à l’Afrique. Nous devons passer par l’économie et la culture notamment pour redonner au continent sa grandeur. Lors de la 12ème Foire internationale de Lomé par exemple, j’ai remarqué que les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Togo sont très faibles. Il faut une meilleure interactivité entre nos deux pays.
Avec M. Kueku-Banka Johnson du CETEF, M. Meba Germain de la CCIT, et la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), nous avons réfléchi et initié un événement en ce sens. C’est ainsi que sont nées en 2017 à Dakar les Premières Journées économiques sénégalo-togolaises. J’étais partie avec au moins 50 opérateurs économiques à Dakar. Nous avions décidé de continuer dans cette même lancée. En 2018, une cinquantaine de Sénégalais était là pour la deuxième édition. En 2019, il y a eu un changement à la tête de la Chambre de commerce de Dakar puis la tenue de la première édition du forum économique Togo- Union Européenne. Nous étions en train de préparer la troisième avant que la pandémie actuelle ne porte un coup au projet.
Sur le plan culturel, je travaillais sur un projet de jumelage entre la ville d’Anié (Togo) et celle de Joal (Sénégal) qui représente la ville natale du premier président sénégalais, Léopold Sédar Senghor. Il y a beaucoup de similitudes entre les cultures de ces deux villes. Nous avions travaillé sur le programme avec le préfet d’Anié avant les élections municipales de juin 2019. Nous avions prévu repartir travailler avec le maire mais la pandémie nous freine pour le moment. Nous mettons l’accent comme je l’ai dit sur l’interactivité.
Quels sont vos conseils aussi bien aux Sénégalais qu’aux Togolais en ces temps de pandémie ?
Mon plus grand conseil c’est qu’ils restent chez eux. S’ils ne peuvent pas, qu’ils respectent à la lettre les mesures barrières. Il faut mettre un accent particulier sur la prise en charge des personnes de troisième âge car elles sont les plus vulnérables.
Interview réalisée par
Bienvenu AMOUH & Assou AFANGLO







