De nouveaux documents issus du piratage de Tata Electronics, sous-traitant indien d’Apple, détaillent la liste des fournisseurs de composants de l’iPhone 18 Pro. Des photos du smartphone en plein test de résistance aux chutes ont également été identifiées dans les fichiers publiés sur le dark web.

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Nous rapportions fin juin l’ampleur du piratage visant Tata Electronics, avec plus de 200 000 fichiers et 630 Go de données dérobées par le groupe World Leaks. Reuters et Android Authority ont depuis identifié, dans ce même lot de fichiers, des documents et des images propres à l’iPhone 18 Pro, encore non annoncé par Apple.

Une cartographie des fournisseurs qu’Apple ne rend jamais publique

Reuters a consulté au moins six fichiers qui associent de nombreux composants de l’iPhone 18 Pro à l’entreprise qui les fabrique, sur plusieurs centaines de pièces au total. Ces documents couvrent les puces de la carte mère principale, certaines pièces de la batterie et des éléments des modules photo. Apple publie bien une liste de ses fournisseurs, mais elle ne précise jamais quelle pièce provient de quelle usine. C’est justement cette correspondance précise qui rend les fichiers sensibles aux yeux du groupe, selon une source proche du dossier citée par Reuters.

Pour certains composants, Apple s’appuie sur plusieurs fournisseurs en parallèle, ce qui lui permet de négocier les prix et de répartir les risques. Pour d’autres, seuls quelques fournisseurs apparaissent dans les documents. Un concurrent ou un fabricant de contrefaçons qui mettrait la main sur ces informations aurait donc un mode d’emploi clé-en-main de la chaîne de production.

Et tout cela tombe plutôt mal. L’entreprise a annoncé une hausse du prix de ses iPad et MacBook la semaine dernière. Cette décision s’explique par une répercussion du coût des puces de mémoire et de stockage en pleine croissance lui aussi. Les analystes anticipent une hausse similaire sur l’iPhone. L’iPhone 18 Pro et le Pro Max sont attendus en septembre. L’Inde, où Tata assemble une partie de la production, occupe une place croissante dans la fabrication de l’appareil. Selon le cabinet Counterpoint, le pays devrait assembler 26% des iPhone vendus dans le monde en 2026, contre 6% quatre ans plus tôt.

Des photos de test de chute prises sur le site indien de Tata

Les fichiers contiennent aussi des photos prises dans une usine de Tata, datées du début de l’année 2026. Elles montrent un smartphone classique, de teinte grise, sans repli ni écran courbe, équipé de trois capteurs photo à l’arrière et du logo Apple. Reuters ne peut pas confirmer le numéro de modèle exact, mais sa source affirme qu’il s’agit bien de l’iPhone 18 Pro. Plusieurs documents portent un filigrane « confidential » et des noms de code internes correspondant à cette génération d’appareil.

Le leaker Evan Blass a, de son côté, partagé des vidéos issues du même lot de fichiers, relayées par Android Authority. L’appareil y apparaît dans une finition argentée, une teinte plus claire que le gris décrit par la source de Reuters, avec un îlot photo rectangulaire aux angles arrondis et trois objectifs disposés en triangle, un agencement proche de celui de l’iPhone 17 Pro. Le module embarque aussi un flash LED et un capteur LiDAR. Sur les images, le téléphone est lâché sur une surface dure puis filmé face contre le sol : il ne présente aucun dommage visible, même si les extraits restent courts.

L’iPhone Ultra pliable, présenté comme la nouveauté principale de la gamme 2026, n’apparaît pour l’instant dans aucun fichier identifié. Tata a restreint l’accès à ses systèmes internes et a fait appel à un cabinet d’audit pour mener l’enquête. Apple a ouvert une enquête sur l’incident en coordination avec son sous-traitant.

Par Guillaume Belfiore

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