Les jeunes catholiques uruguayens ont répondu présents à l’invitation du Pape. Plusieurs centaines d’entre eux ont accompagné ce vendredi 6 novembre l’arrivée de Léon XIV dans leur pays, de l’aéroport jusqu’au centre de Montevideo, le suivant jusqu’à la nonciature apostolique où loge le Souverain pontife pendant son séjour en Uruguay.
«Où sont les jeunes? Où est la jeunesse du Pape? Plus fort!»: c’est par cette boutade que Léon XIV a salué les centaines de jeunes catholiques uruguayens venus l’acclamer sous le balcon de la nonciature où il réside pendant ces trois jours en Uruguay. Le mot avait été passé dans la journée auprès des plus jeunes et des adolescents pour se retrouver au pied de la représentation diplomatique du Saint-Siège à Montevideo pour chanter sous les fenêtres de leur hôte.
Les jeunes déjà présents place de l’Indépendance
Déjà dans l’après-midi, alors que s’approchait l’heure de l’atterrissage de l’avion qui transportait le Pape depuis Rome, des centaines de jeunes, dont de nombreux bénévoles ayant participé à l’organisation de ce voyage, ont convergé vers la place de l’Indépendance, cœur de la vieille ville de Montevideo où s’est déroulé la première cérémonie officielle du Souverain pontife en Uruguay, la rencontre avec les autorités politiques.
Une rencontre peu banale, au regard des voyages apostoliques effectués par les Papes successifs: cet échange protocolaire, l’événement souvent le plus politique d’une visite pontificale, s’est déroulée en plein air, dans la rue, et était visible et approchable par la population. Pas besoin d’invitation officielle, pas besoin de laisser-passer, pas besoin de passer de nombreux cordons de sécurité, les Uruguayens pouvaient y assister sans trop de formalité.

Les jeunes Uruguayens sous les fenêtres de la nonciature à Montevideo (VATICAN MEDIA)
Bain de foule
Manifestation de la convivialité et de la chaleur des habitants qui n’hésitent pas à embrasser les inconnus lorsqu’ils les rencontrent la première fois. Léon XIV, qui fut escorté par environ 30 000 personnes le long du parcours reliant l’aéroport de Montevideo au centre-ville, a pu après cette rencontre goûter à un bain de foule le long du parcours le conduisant à l’autre place emblématique de la ville, la place de la Constitution où la cathédrale fait face au Cabildo.
C’est devant cet édifice officiel, ancien siège du gouvernement de la cité, que les clés de la ville lui ont été remises symboliquement. Il y a signé le livre d’or. «Je confie au Seigneur cette chère ville de Montevideo et tous ses habitants. Que son amour éclaire vos chemins et fasse fleurir parmi vous la paix, la fraternité et l’espérance», y a-t-il écrit en espagnol.
Un rideau d’enfants-saints
Sur ce court chemin parcouru en voiturette de golf, Léon XIV a pu encore goûté à l’enthousiasme, à la joie et à la spontanéité des jeunes Uruguayens. Plusieurs dizaines d’entre eux, environ 250, venus des paroisses de la capitale, étaient disposé le long des barrières, voire assis au pied d’elles, déguisés en saints et bienheureux d’Amérique et d’ailleurs, d’hier à aujourd’hui pour accompagner le Pape vers la cathédrale. Quelques centaines de mètres à peine, souvent ponctués d’arrêts pour que le Saint-Père embrasse et bénisse un bébé.

Les jeunes enfants déguisés en saints et bienheureux
C’est donc avec les jeunes que la journée du Pape s’est achevée après les vêpres. «Merci beaucoup. Merci vraiment pour cet accueil chaleureux. Je vois que l’Uruguay est un pays de jeunes qui ont la foi. Que Dieu vous bénisse!» s’est-il exclamé, partageant sa «grande joie» de les saluer et confiant son espoir de les revoir dans les prochains jours.
Léon XIV, visiblement à l’aise et peu affecté par les plus de 13h de vol entre Rome et Montevideo, n’a pas hésité à plaisanter avec son jeune auditoire. «Le nonce dit qu’il veut aller se coucher, mais vous, chantez jusqu’à l’heure que vous voulez! Bon, peut-être pas trop tard quand même, car les voisins voudront dormir eux aussi! Merci de tout cœur pour votre enthousiasme et merci d’être ici», a-t-il poursuivi, souriant, avant de donner sa bénédiction. Si le pays semble pour l’instant relativement indifférent à sa venue, ces jeunes catholiques sont bien déterminés, eux, à profiter de la présence de leur Pape.
Xavier Sartre – Envoyé spécial à Montevideo

