Cina Lawson, ministre togolais de l’Efficacité du Service public et de la Transformation numérique, a lancé le Challenge national des langues locales, première étape du programme « Voix du Togo ». Une initiative qui consiste en une plateforme de contribution où les citoyens peuvent fournir des textes, des enregistrements et des traductions.

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Ces données serviront à entraîner des modèles capables de comprendre puis de traiter les langues parlées dans le pays. Objectif : permettre à un citoyen d’échanger un jour avec un service public numérique dans sa propre langue.

La phase pilote, d’un mois, du dispositif démarre avec trois langues : l’éwé, le kabiyè et le moba. Il s’agit de tester la méthode de collecte avant de l’étendre progressivement aux autres langues du pays.

Concrètement, les participants créent un compte à partir de leur numéro de téléphone et indiquent les langues qu’ils parlent, lisent ou écrivent. La plateforme leur propose ensuite des tâches adaptées à leurs compétences : lire des phrases à voix haute, transcrire des enregistrements, traduire des textes ou vérifier les contributions d’autres utilisateurs. Chaque enregistrement, traduction ou correction alimente un corpus destiné à améliorer la compréhension automatique des langues togolaises. A terme, la connaissance linguistique des citoyens va se transformer en une ressource numérique collective.

A noter que la qualité des données constitue un enjeu central. En effet, les contributions ne seront pas exploitées sans contrôle : des linguistes et des membres des communautés linguistiques devront les valider avant leur utilisation. Le Togo AI Lab, avec des étudiants, des chercheurs et des développeurs, prendra ensuite le relais. L’équipe exploitera les corpus validés pour entraîner et affiner les modèles d’intelligence artificielle. Des compétitions organisées sur la plateforme Zindi devraient également mobiliser la communauté technologique autour de ces données.

Précision de taille, le gouvernement prévoit d’envoyer des agents de terrain dans les localités où l’accès au téléphone ou à Internet demeure limité. Ces équipes recueilleront directement les contributions afin d’éviter que la fracture numérique ne prive certaines communautés de l’initiative.

 SerAz

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