Au premier jour de son voyage apostolique au Cameroun, le Pape Léon XIV a visité l’orphelinat Ngul Zamba, un lieu de refuge pour les enfants privés de soutien familial dans la capitale Yaoundé, une mégapole de plus de 2 765 000 habitants. Tout en saluant «avec gratitude» tous ceux qui les accompagnent, le Saint-Père s’est directement adressé aux dizaines d’enfants hébergés dans ce lieu, leur rappelant qu’ils sont «porteurs d’une promesse» qui ne disparait pas dans les épreuves.
C’est une visite voulue par le Pape Léon XIV lui-même. Comme dans ses précédents voyages, le Saint-Père a voulu disposer d’un moment dans «un lieu où se manifeste la tendresse de Dieu», où «Dieu veut vous serrer sur son cœur». «Je désire le faire, moi aussi, en son Nom», a dit le Pape augustin à l’entame du bref discours adressé directement aux enfants hébergés dans cet orphelinat dont le nom “Ngul Zamba”, en Ewondo, signifie “la Force de Dieu”. En ce lieu, a dit le Pape, c’est avant tout «votre Père du Ciel qui vous accueille avec amour comme ses enfants», soulignant ensuite que par ce fait, cette maison forme «une véritable famille» où se rencontrent «des frères et des sœurs qui partagent avec vous une histoire douloureuse». Aussi, a renchéri le Vicaire du Christ, dans cette famille, le frère aîné c’est Jésus. Sur ce, «cette fraternité rassemblée autour de Lui vous rend forts, vous aide à porter ensemble les fardeaux de la vie et vous procure une vraie joie».
Là où il y a de la misère, Dieu est présent
Le Pape est bien conscient de la douleur que portent ces enfants. «Je sais que plusieurs d’entre vous ont traversé des épreuves difficiles. Certains ont connu la souffrance de l’absence à travers la perte de leurs parents ou de personnes proches. D’autres ont fait l’expérience de la peur, le rejet, l’abandon, le manque, l’incertitude», a reconnu le Pape. Cependant, le Saint-Père n’a pas entretenu le chagrin. Bien au contraire, il a voulu pousser les enfants à l’espérance, cette «espérance [qui] ne déçoit pas».
“Vous êtes appelés à un avenir plus grand que vos blessures. Vous êtes porteurs d’une promesse. Car là où il peut y avoir de la misère, de la souffrance ou de l’injustice, Dieu est présent, et Il connaît vos visages, Il est tout proche de vous. L’Évangile nous rappelle que Jésus manifestait une bienveillance particulière pour les enfants comme vous. Il les mettait au centre. Soyez sûrs qu’Il regarde chacun de vous avec la même affection.”
Un beau témoignage d’amour qui ne doit pas cesser
Avec le même élan de tendresse, le Saint-Père s’est ensuite adressé aux responsables de l’orphelinat, ainsi qu’aux éducateurs, au personnel, aux bénévoles et bien sûr aux religieuses qui accompagnent ces enfants, saluant «avec gratitude» leur œuvre de charité. «Votre engagement fidèle est un beau témoignage d’amour. En prenant soin de ces enfants, vous goûtez par avance la joie promise par le Seigneur à ceux qui servent les petits (Cf. Mt 25, 40). Votre attention est le visage de la Miséricorde divine», leur a dit le Pape, rappelant que par ce dévouement, ils offrent «bien plus qu’un soutien matériel», «une présence, une écoute, une famille, un avenir».
Il a par ailleurs rappelé que la tendresse de Dieu «qui se manifeste à travers vous», est «une tendresse fidèle qui ne disparait pas dans les épreuves et qui ne déçoit jamais», invitant l’orphelinat à «persévérer courageusement dans cette belle œuvre entreprise».
Une présence apporte la lumière et le réconfort
Cette visite a été reçue par la congrégation des Filles de Marie de Yaoundé qui tiennent cette maison, avec «un honneur indescriptible» et comme «une grâce immense», en cette année où l’institut religieux célèbre le centenaire de son existence. La congrégation diocésaine fondée en 1926 sous l’impulsion de Mgr François-Xavier Vogt et Mgr René Marie Graffin, pionniers de l’Église catholique au Cameroun, est principalement au service des enfants abandonnés, conformément à leur charisme: «À la suite du Christ, au service du pauvre et du petit». Aussi, en adressant les remerciements de la congrégation –et de toute la communauté de Ngul Zamba- sœur Régine Cyrille Ngono Bounoungou, supérieure générale de l’institut, a dit au Pape combien «ces enfants, que la vie a éprouvés précocement, voient en vous, non seulement le Successeur de Pierre, mais un père dont la présence apporte la lumière et le réconfort».
La joie et l’exaltation des enfants hébergés à l’orphelinat
Les mots du Pape ont été suivis par des chants et des témoignages d’enfants hébergés dans l’orphelinat, ainsi que de leurs encadreurs, tous teintés de «joie», d’«honneur» et d’ «exaltation» pour «ce moment tant important».
Aussi les enfants n’ont-ils pas cessé de répéter cette promesse biblique d’un amour inconditionnel et éternel de Dieu, tirée du livre d’Isaïe: «Une femme oublie-t-elle son enfant, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles. Même s’il s’en trouve une pour oublier; moi, je ne t’oublierai jamais. Vois, j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains».
Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican






