Le gynécologue de 63 ans et l’Irakienne de 25 ans, ex-esclave des djihadistes devenue porte-drapeau de sa minorité, ont reçu le prix des mains de la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen, qui a salué « deux des voix les plus puissantes au monde aujourd’hui » contre l’oppression des femmes.
Lors de la cérémonie à l’Hôtel de ville d’Oslo, les deux lauréats ont interpellé la communauté internationale et réclamé la fin de l’impunité pour les auteurs de violences sexuelles en temps de guerre.
La guerre à l’indifférence
« Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard », a affirmé Denis Mukwege. « S’il faut faire la guerre, c’est la guerre contre l’indifférence qui ronge nos sociétés aujourd’hui ».
Surnommé « l’homme qui répare les femmes », le médecin congolais soigne depuis deux décennies les victimes de violences sexuelles dans son hôpital de Panzi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), région déchirée par des violences chroniques. Depuis sa création en 1999, l’établissement a traité plus de 50’000 femmes, enfants et même nourrissons, aux corps meurtris.







