L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) renforce sa préparation à la maladie à virus Bundibugyo (BVD) dans la région de la Méditerranée orientale, en intensifiant son soutien à Djibouti, à la Somalie et au Soudan, pays identifiés comme prioritaires à la suite d’une évaluation régionale des risques. Ces efforts font suite aux épidémies survenues en République démocratique du Congo et en Ouganda, ainsi qu’à la confirmation d’un cas importé de BVD à Nairobi, au Kenya.
Bien qu’aucun cas de BVD n’ait été confirmé dans la région de la Méditerranée orientale, les conflits, les déplacements de population et la saturation des systèmes de santé dans plusieurs pays rendent plus difficile la préparation et la réponse à d’éventuels cas, exposant déjà les populations vulnérables à un risque accru.
Entre juillet et septembre 2026, l’OMS a déployé des missions multidisciplinaires à Djibouti, en Somalie et au Soudan afin d’évaluer le niveau de préparation national et d’identifier les difficultés rencontrées en matière de surveillance, de capacités des laboratoires, de prévention et de contrôle des infections, de prise en charge des cas et de coordination des urgences. L’OMS collabore avec les autorités nationales pour combler ces lacunes grâce à des formations, un appui technique, des fournitures médicales et des exercices de simulation.
En Somalie, les mesures de préparation ont été renforcées suite à la confirmation d’un cas importé de BVD au Kenya voisin. Des plans de préparation fédéraux et infranationaux ont été élaborés, une cellule de crise multisectorielle mise en place et les procédures de dépistage et d’échange d’informations transfrontalières ont été renforcées. Des centres d’isolement ont été désignés et évalués à Mogadiscio, Garowe et Hargeisa.
L’OMS a soutenu la formation de plus de 150 agents de santé en matière de surveillance, de prise en charge des cas, de prélèvement d’échantillons, de prévention et de contrôle des infections, ainsi que d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Un exercice de simulation auquel ont participé plus de 70 personnes a permis de tester la coordination d’urgence, la collaboration transfrontalière et les procédures de notification des cas ; les résultats obtenus ont alimenté un plan d’action correctif.
L’OMS a également fourni des kits de diagnostic et du matériel de prise en charge des cas, ainsi que 200 000 dollars américains provenant de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence. Un soutien supplémentaire est nécessaire pour équiper les centres d’isolement, renforcer les capacités des laboratoires et obtenir des équipements de protection individuelle supplémentaires.
Au Soudan, les efforts de préparation se poursuivent malgré le conflit, les déplacements de population et les graves difficultés d’accès. Suite à une mission d’évaluation de la préparation menée par l’OMS, une évaluation nationale de la préparation a été réalisée dans tous les États, la couverture de surveillance a été étendue et les mécanismes de coordination d’urgence ont été activés.
Cinquante agents de santé de première ligne ont été formés à Khartoum, et l’OMS a fourni des kits de laboratoire, une assistance technique et du matériel de communication sur les risques. Les priorités comprennent le renforcement des capacités de dépistage en laboratoire, l’amélioration des capacités d’intervention de première ligne, la prévention et le contrôle des infections, ainsi que la mobilisation communautaire.
À Djibouti, l’OMS a appuyé une évaluation nationale de l’état de préparation et une révision des plans de riposte, notamment aux principaux points d’entrée. Le personnel de santé a reçu une formation en matière de détection des cas, de dépistage, de triage, d’isolement, d’orientation, de gestion des déchets et de prévention et de contrôle des infections.
Un exercice de simulation a permis de cerner les lacunes nécessitant des mesures supplémentaires, tandis que des experts déployés par le biais du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie ont appuyé les activités de surveillance. Les efforts se poursuivent pour renforcer les capacités des laboratoires, la détection précoce et les dispositifs d’intervention d’urgence.
L’OMS a également élaboré des listes de contrôle régionales de préparation, des outils de planification d’urgence et des orientations techniques, et a renforcé sa coordination avec les pays des régions africaine et de la Méditerranée orientale. Des fournitures de laboratoire, des conseils aux voyageurs et des ressources pour la mobilisation communautaire ont été fournis afin d’appuyer les efforts nationaux de préparation dans la région de la Méditerranée orientale.
Malgré les progrès accomplis, des lacunes persistent en matière de dépistage précoce et de confirmation en laboratoire, ainsi que de disponibilité des équipements de protection et des ressources nécessaires aux interventions d’urgence. Les conflits, l’insécurité et les restrictions d’accès constituent des défis supplémentaires, notamment dans les pays déjà confrontés à des crises humanitaires majeures.
L’OMS continue de travailler avec les autorités nationales et ses partenaires pour renforcer la préparation et veiller à ce que les cas suspects de BVD puissent être détectés, étudiés et pris en charge rapidement.







