Dans un communiqué publié, le lundi 9 juin, le parquet de grande instance de Lomé est revenu sur les événements survenus dans la nuit du 5 au 6 juin, marqués par des manifestations non autorisées dans plusieurs quartiers de la capitale.
Selon le communiqué, des groupuscules d’individus ont bruyamment investi les voies publiques sans autorisation préalable, érigeant des barricades et perturbant la circulation, en réponse à des appels à manifester lancés depuis l’étranger via les réseaux sociaux. Ces messages, qualifiés d’« incitations à des actions déstabilisatrices contre les institutions de la République », émanaient d’un groupe de Togolais résidant à l’étranger.
La nuit du jeudi 5 juin a ainsi été marquée par des attroupements dans certains quartiers de Lomé, où les manifestants se sont livrés à des vacarmes avec casseroles et autres objets bruyants, bloquant la circulation. Le lendemain, vendredi 6 juin, d’autres regroupements ont eu lieu, occasionnant de nouveaux barrages sur la voie publique et des actes d’agression physique, selon les termes du parquet.
Le ministère public rappelle que ces actions s’inscrivent en violation de la loi n° 2019-010 du 12 août 2019, qui encadre les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation pacifiques publiques. Ces actes sont considérés comme des troubles aggravés à l’ordre public au sens des articles 495 et 496 du nouveau code pénal.
Les forces de sécurité sont intervenues pour rétablir l’ordre, procédant à l’interpellation de plusieurs manifestants, dont la majorité est de nationalité togolaise. Parmi les personnes arrêtées figure également un ressortissant français résidant au Togo depuis quelques mois.
À la suite des enquêtes menées par la police judiciaire, 56 personnes ont été remises en liberté. Le parquet précise que certaines de ces libérations ont été décidées en raison de charges jugées légères, tandis que d’autres personnes, bien que suspectées, ont bénéficié d’un rappel à la loi, compte tenu des circonstances.
Par ailleurs, la garde à vue a été prolongée pour quelques individus afin de permettre la poursuite des investigations. Ils seront présentés au parquet dans les prochaines heures.
Ce communiqué, signé du procureur de la République, Talaka Maawama, souligne la volonté des autorités judiciaires de poursuivre les auteurs des troubles, tout en veillant au respect des droits fondamentaux des personnes concernées.







