Lomé accueille depuis le 8 juillet la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO), un rendez-vous continental consacré à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la corruption. Pendant deux jours, des experts venus de 46 pays réfléchissent au rôle que peut jouer l’intelligence artificielle dans le renforcement des dispositifs de conformité et de prévention des risques financiers.
Organisée par l’Association Togolaise des Compliance Officers (ATCO), en partenariat avec la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières du Togo (CENTIF) et la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), cette troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO) place les nouvelles technologies au cœur des stratégies de lutte contre la criminalité financière.
Le thème retenu cette année, « La fraude, la corruption et autres infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle », illustre les mutations profondes auxquelles sont confrontés les acteurs de la conformité. Face à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués, les professionnels du secteur entendent explorer les possibilités offertes par l’intelligence artificielle afin d’améliorer la prévention, la détection et le traitement des opérations financières suspectes.

L’intelligence artificielle au service de la conformité
Durant les échanges, les experts abordent plusieurs applications concrètes de l’IA dans les métiers de la conformité. Les discussions portent notamment sur l’optimisation des procédures de connaissance du client (KYC), le renforcement des mécanismes de diligence raisonnable (due diligence), ainsi que l’identification plus efficace des personnes politiquement exposées (PEP) et des bénéficiaires effectifs.
Les participants examinent également les capacités de cette technologie à détecter de manière proactive les fraudes, à améliorer les systèmes de contrôle interne et à favoriser une meilleure harmonisation des pratiques africaines en matière de lutte contre les flux financiers illicites.
L’ambition affichée est de permettre aux institutions financières, aux entreprises et aux autorités de contrôle de disposer d’outils adaptés aux nouvelles formes de criminalité économique et financière, dont les méthodes évoluent rapidement sous l’effet de la transformation numérique.
À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a insisté sur l’importance stratégique de ces enjeux. « La conformité et la gestion des risques ne constituent plus de simples exigences réglementaires. Elles sont devenues des leviers stratégiques de gouvernance responsable, de compétitivité économique et de souveraineté nationale », a-t-il déclaré devant les participants.
Une distinction panafricaine remise au Togo
En marge de cette rencontre continentale, un Prix panafricain de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent a été attribué au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.
La distinction, réceptionnée par le ministre Badanam Patoki, vise à reconnaître les efforts entrepris par le Togo dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Selon les organisateurs, cette reconnaissance intervient dans un contexte marqué par les réformes engagées ces dernières années pour consolider le cadre juridique, institutionnel et opérationnel du pays dans ce domaine. Elle traduit également la volonté des acteurs africains de promouvoir une coopération renforcée face aux défis croissants de la criminalité financière transnationale.
En réunissant à Lomé des spécialistes issus de près d’une cinquantaine de pays, la GRCRO confirme ainsi son ambition de devenir une plateforme de référence pour le partage d’expériences, la diffusion des bonnes pratiques et le développement de solutions innovantes, notamment grâce à l’intelligence artificielle, au service d’une gouvernance financière plus résiliente sur le continent.







