Les moniteurs de terrain du réseau d’alerte précoce et d’intervention de la CEDEAO (ECOWARN) sont appelés à accroître leur contribution à l’efficacité du système, afin de mieux répondre aux enjeux de sécurité humaine dans la sous-région. L’appel a été lancé le mercredi 25 février à Lomé par la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, chargée de l’alerte précoce, Mme Damtien Tchintchibidja, à l’ouverture de la retraite annuelle de trois jours des moniteurs issus de douze pays ouest-africains.
Mme Tchintchibidja a souligné l’importance du rôle des observateurs de terrain dans le dispositif ECOWARN, les invitant à prendre pleinement conscience de la valeur de leur mission. « L’alerte précoce est centrée sur les êtres humains. Il est donc essentiel de reconnaître la qualité du travail des moniteurs », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois précisé que leur mission ne se substitue ni aux systèmes de sécurité des États membres ni aux décideurs politiques dans les processus de planification et de prise de décision.
Cette rencontre vise à renforcer les compétences techniques des participants, notamment en matière de collecte, de vérification et de transmission des données, tout en garantissant des standards de fiabilité et d’exactitude dans la collecte des données.
La directrice par intérim de l’alerte précoce de la CEDEAO, Dr Onyinye Onwuka, a insisté sur l’importance stratégique de cette formation. Elle a qualifié les moniteurs de terrain de « squelette du système d’alerte précoce », les exhortant à s’approprier davantage les fonctionnalités de la plateforme ECOWARN pour améliorer leur efficacité opérationnelle.
Le chef de la division gestion du système et planification, Marcel Komi Bossou, a indiqué que l’atelier constitue un cadre d’évaluation des méthodes actuelles et de réflexion sur les défis opérationnels. Selon lui, un renforcement continu des capacités est indispensable pour préserver la performance du dispositif. Il a mis en garde contre les insuffisances liées à la qualité des données, à la cohérence des rapports ou encore à l’intégration des nouvelles fonctionnalités, qui pourraient compromettre la fiabilité des alertes, notamment face aux menaces émergentes et aux enjeux transversaux comme le genre.
Au programme des travaux figurent plusieurs thématiques, dont le mandat institutionnel de la CEDEAO, les techniques de collecte et de vérification des données, l’analyse des indicateurs, ainsi que le cadre d’analyse de la sécurité humaine et d’évaluation des risques de conflits. Les participants aborderont également les cinq thématiques relatives à l’Alerte précoce (AP) au sein du système ECOWARN notamment : la gouvernance et droits humains, la criminalité, la sécurité, l’environnement et santé. Les moniteurs aborderont aussi, les différents types de rapports (rapports d’évènement et de situation) ainsi que le rapport de la CEDEAO sur la sécurité humaine, l’évaluation des performances et les conclusions du rapport de la CEDEAO sur la sécurité humaine.
Mis en place en 2005, le réseau ECOWARN s’est progressivement imposé comme un outil majeur de suivi de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. Il compte aujourd’hui 74 observateurs de terrain et relève de la direction de l’alerte précoce de la CEDEAO basée à Abuja, au Nigéria.







