Les parlementaires de la Commission mixte « infrastructures, énergie et mines/agriculture, environnement et ressources naturelles » de la CEDEAO ont recommandé, le vendredi 9 mai à Lomé, la suppression de 4 taxes sur les billets d’avion dans l’espace sous régional à compter du 1er janvier 2026.  

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En réunion délocalisée du 6 au 9 mai à Lomé, des parlementaires et experts du transport aérien ont réfléchi sur le thème : « Le transport aérien comme moyen d’intégration des peuples ouest-africains : stratégies de réduction des coûts des billets d’avion ». Cette rencontre a abouti à une série de recommandations à l’endroit des chefs d’Etats et de gouvernement, de la Commission et du parlement de la CEDEAO.

Les parlementaires demandent aux Etats membres de « prendre toutes les mesures nécessaires à compter du 1er janvier 2026 pour supprimer effectivement les 4 taxes à savoir : taxe sur les billets, taxe touristique, taxe de solidarité et taxe sur les voyages à l’étranger et de réduire de 25%, les taux de redevance pour les services aux passagers et redevance de sécurité », a déclaré la co-présidente du présidium à la clôture, la députée Fanta Conté.

Les élus de la CEDEAO prônent également l’élaboration d’un cadre réglementaire fixant un plafond des taxes, redevances et droits aéroportuaires ; la mise en place d’un fonds régional de soutien aux compagnies aériennes ouest africain ; la création d’espace unique de transport aérien afin de mutualiser les charges et de rendre le secteur aérien ouest africain plus compétitif. Les travaux ont permis aussi d’exhorter les Etats membres à se conformer aux politiques et procédures de l’Organisation de l’avion civile internationale (OACI), de mettre en place une plateforme d’indemnisation des passagers en cas de refus d’embarquement, d’annulation et de retard important de vol, et de supprimer les taxes et redevances qui ne sont pas conformes aux normes de l’OACI.

Les députés plaident également pour l’installation urgente d’un comité comprenant des parlementaires pour la mise en œuvre et le suivi de l’acte additionnel relatif à la politique commune en matière de redevance, de taxe et de droit d’aviation dans les Etats membres de la CEDEAO et de l’acte additionnel portant amendement de l’article 4 de l’acte additionnel relatif aux règles communes d’indemnisation des passagers en cas de refus d’embarquement, d’annulation ou de retard important de vol dans les Etats membres de la CEDEAO.

Durant 4 jours, les parlementaires ont mené des réflexions et des débats sur les défis et opportunités de l’aviation en Afrique de l’ouest. Ils ont aussi exploré les moyens de réduire les coûts des billets d’avion afin de rendre le transport aérien plus accessible aux populations et d’accélérer l’intégration régionale.

Pour le président de séance à la cérémonie de clôture, Mamadou Sako, « Nos travaux ont mis en lumière plusieurs facteurs qui contribuent à des coûts excessifs notamment la fragmentation du marché aérien ouest africain, les lourds taxes et redevances aéroportuaires et le manque d’infrastructures et de compagnies nationales viables ».

Des tarifs aériens plus élevés dans l’espace CEDEAO

Un billet d’avion a un coût abordable n’est pas un luxe mais un levier stratégique pour l’épanouissement des populations de la communauté, a estimé le député Sako. Aujourd’hui, encore les coûts élevés des billets d’avion freinent la mobilité inter régionale, limitant ainsi les échanges commerciaux, le tourisme et la coopération entre nos citoyens, a déploré le député Sako.

En termes de taxes et droits d’avion appliqués dans l’espace de la CEDEAO, les experts ont relevé au total 172 dont 112 sont payés par des exploitants d’aéronef et 66 par les passagers. « Les prix fixes sont en moyenne 103% plus élevés dans l’espace CEDEAO que les autres régions. En outre, les frais de sécurité sont en moyenne 70% de plus élevés que dans les autres régions. Les taxes gouvernementales sont en moyenne 47,4% plus élevées que dans les autres régions, cela induit une augmentation des tarifs aériens dans la CEDEAO de 20% pour les vols domestiques, 48,6% pour les vols régionaux et 36,5% pour les vols internationaux comparativement aux autres parties du monde », a mentionné le co-président de la commission mixte infrastructure du parlement.

Le diagnostic étant posé, les approches de solution et le délai étant connu, a dit le député Sako, « nous sommes alors conscients que l’avenir du transport aérien en Afrique de l’ouest dépend de notre volonté ferme et collective à briser les obstacles et à promouvoir une véritable intégration régionale ». Pour lui, « les populations aspirent à un espace où voyager d’un pays à l’autre soit simple, abordable, et efficace. Il nous revient donc en tant que législateurs et décideurs de faire en sorte que cette aspiration devienne une réalité ».

La cérémonie de clôture s’est achevée par une conférence de presse animée les députés Fanta Conté et Mamadou Sako.

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