La 60e édition du Festival international du film de Karlovy Vary s’ouvre ce vendredi et se terminera le samedi 11 juillet dans la ville thermale de Bohême de l’Ouest. Une édition doublement anniversaire qui marque également 80 ans depuis la création du festival – un cap qui place Karlovy Vary dans un cercle très restreint.

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Le Festival international du film de Karlovy Vary est en effet le deuxième plus ancien festival de cinéma d’Europe, créé au lendemain de la guerre en 1946. Sous le régime communiste, il alternait avec le Festival de Moscou, ce qui explique cet écart entre son âge et le nombre d’éditions.

Pour faire de cette édition 2026 un moment exceptionnel, les organisateurs ont tenu à faire venir certains des plus grands noms du septième art, notamment l’un des monstres sacrés d’Hollywood aux deux oscars, Dustin Hoffman, déjà à Karlovy Vary ce vendredi et l’actrice française Juliette Binoche, elle aussi oscarisée, qui doit arriver en milieu de semaine prochaine. Parmi les autres stars prévues dans la ville thermale, l’acteur et réalisateur américain Jesse Eisenberg est lui aussi déjà arrivé sur place dès jeudi.

Comment fait-on pour convaincre Juliette Binoche de venir à Karlovy Vary ?

Karel Och,  directeur artistique du festival : « C’est un rêve. J’ai eu la chance de rencontrer Juliette Binoche au Festival Lumière de Lyon, au mois d’octobre dernier. Nous avons passé près d’une heure à discuter de son premier film comme réalisatrice, mais aussi des films qu’elle aimerait présenter ici. Nous avons évoqué plusieurs titres et nous étions d’accord, notamment sur Copie conforme d’Abbas Kiarostami, un réalisateur qu’elle a toujours énormément admiré. Nous présenterons également un film très important pour notre région, Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof Kieślowski, un immense réalisateur qui, je crois, mérite d’être encore davantage célébré. »

Il y a aussi, en compétition, un film suisse dont nous n’avions pas parlé la dernière fois et qui ne vous a pas laissé indifférent

Karel Och : « Oui, c’est la première fois que nous accueillons en compétition Crystal Globe un film réalisé par un cinéaste suisse. C’est amusant, car cette année nous célébrons également les 80 ans du festival. Lors de la toute première édition, en 1946, nous avions présenté quatorze films, dont un film suisse. Il y a donc une belle connexion historique.

Le film s’intitule A Happy Familly. Il raconte l’histoire d’une mère célibataire qui élève seule ses enfants et fait tout ce qu’elle peut, malgré les difficultés. C’est un portrait très honnête et profondément humain. Je pense que beaucoup de spectateurs découvriront à travers lui un visage de la Suisse qu’ils ne connaissent pas forcément. »

Nous sommes en pleine Coupe du monde de football. Vous ouvrez le festival avec un film consacré au match mythique Argentine-Angleterre du Mondial 1986. Et vous programmez aussi un documentaire sur Éric Cantona…

Karel Och : « Nous avons découvert ces deux films à Cannes. Même s’ils sont liés au football, ils parlent de bien plus que de sport. Le documentaire consacré au match Argentine-Angleterre évoque évidemment aussi les relations historiques et politiques entre les deux pays.

Le réalisateur parvient à traiter tous ces aspects d’une manière passionnante. En le voyant à Cannes, je me suis dit : pourquoi ne pas en faire notre film d’ouverture ? Je suis convaincu que même les personnes qui n’aiment pas le football apprécieront ce film.

Quant au documentaire sur Éric Cantona, lorsque j’ai appris qu’il serait présenté à Cannes, j’ai immédiatement libéré mon agenda pour assister à la projection, car j’étais persuadé qu’il viendrait. Et il est venu ! Il était formidable. Il avait d’ailleurs trois films à Cannes cette année, comme acteur ou protagoniste. Ce documentaire dresse un portrait très riche d’une personnalité complexe, flamboyante, volcanique, mais aussi extrêmement intelligente et sincère. »

Vous n’avez pas encore invité Eric Cantona à Karlovy Vary, comme Juliette Binoche ?

Karel Och : « Pas encore… Mais j’espère qu’un jour, ce sera possible ! »

Plus d’infos sur le programme complet du festival : www.kviff.com

Auteur:Alexis Rosenzweig

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