Décédée le 14 août 2026 à 97 ans, l’artiste japonaise Yayoi Kusama laisse une œuvre nourrie de ses hallucinations et traumatismes parmi les plus reconnaissables de l’art contemporain. Des pois aux citrouilles en passant par ses célèbres installations immersives, retour sur cinq créations qui ont marqué sa longue carrière.

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‘Infinity Nets’

Fuyant un milieu familial conservateur au Japon, Yayoi Kusama s’installe à New York en 1957. Seule et sans ressources, elle commence à peindre des toiles monumentales d’un genre inédit. Armée d’un simple pinceau et de peinture blanche, elle répète des micro-boucles sur fond sombre jusqu’à saturation de l’espace.

C’est le début de son obsession pour la répétition. En matérialisant son angoisse face à l’immensité du monde, elle invente le concept d’auto-oblitération (s’effacer dans l’infini).

‘Infinity Mirror Rooms’

En 1965, Yayoi Kusama cherche un moyen de dépasser les limites physiques de la peinture bidimensionnelle. L’effort requis pour peindre des milliers de pois devient trop épuisant. Les miroirs seront la solution. Dans les ‘Infinity Mirror Rooms’, créées dès les années 1960 à New York, le spectateur se voit démultiplier à l’infini, happé par la lumière et la matière. Le jeu de miroirs et de LED donne la sensation d’être dans un espace vivant, qui respire, presque organique.

>> A voir, une présentation d »Infinity Mirror Rooms’ de Yayoi Kusama :

https://youtube.com/watch?v=8VwJMw_fLvI%3Ffeature%3Doembed

‘Pumpkin’

Impossible d’évoquer Yayoi Kusama sans ses citrouilles, motifs récurrents depuis son enfance, qui constitue pour elle un élément botanique réconfortant, un corps stable qui relie la terre au cosmos. L’artiste japonaise décline ce motif sous toutes les formes: papier mâché, résine, peinture à l’huile, acrylique… C’est aux yeux d’Yayoi Kusama un symbole d’ancrage et de paix.

L’attachement de l’artiste pour la citrouille prend racine pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que sa famille gère un commerce de graines en gros. La citrouille était alors un aliment de base quotidien au Japon.

Yayoi Kusama, l'infini à portée de regard à la Fondation Beyeler. [KEYSTONE - ANDREAS BECKER]
Yayoi Kusama, l’infini à portée de regard à la Fondation Beyeler. [KEYSTONE – ANDREAS BECKER]

‘The Obliteration Room’

Commandée à l’origine en 2002 par la Queensland Art Gallery en Australie, cette installation est la reconstitution directe d’une hallucination fondatrice de Yayoi Kusama. A dix ans, elle voit les fleurs rouges d’une nappe se multiplier à l’infini sur les murs, le plafond et jusqu’à elle-même.

Dans cette œuvre participative, l’artiste japonaise inverse le processus. Elle confie un espace domestique entièrement blanc au public et lui donne des gommettes colorées en forme de pois pour qu’il sature la pièce. Un geste qui lui permet de transformer son hallucination en une expérience collective, ludique et poétique.

>> A voir, Frances Morris (ancienne directrice de la Tate Modern à Londres) raconte le principe de l »Obliteration Room’ (en anglais):

https://youtube.com/watch?v=-xNzr-fJHQw%3Ffeature%3Doembed

‘Dots Obsession’

Les pois constituent l’ADN du vocabulaire visuel de Yayoi Kusama depuis les années 1960. Pour l’artiste, ce motif n’est pas une simple forme géométrique, mais une métaphore de l’univers. Elle considère que la Terre, la Lune, le Soleil et chaque être humain ne sont que des pois microscopiques perdus au milieu de millions d’autres dans le cosmos.

Déclinée sous forme de grandes installations immersives à partir de la fin des années 1990, ‘Dots Obsession’ combine des ballons vinyles gonflables monumentaux et des miroirs pour former une immersion vertigineuse dans l’infini.

Un visiteur parcourt l'exposition de l'artiste japonaise Yayoi Kusama à la Haus der Kunst de Munich, le 7 février 2007. [KEYSTONE - ANDREAS GEBERT]
Un visiteur parcourt l’exposition de l’artiste japonaise Yayoi Kusama à la Haus der Kunst de Munich, le 7 février 2007. [KEYSTONE – ANDREAS GEBERT]

>> A lire aussi : La « reine des pois », l’artiste japonaise Yayoi Kusama, est décédée à 97 ans

olhor

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