Les experts au colloque international sur « la gestion des transitions politiques et le renforcement de la résilience face aux extrémismes -cas de l’Afrique de l’ouest » ont recommandé, le dimanche 6 mars à Lomé, quelques lignes directives aux Etats notamment le renforcement de « la stratégie de la gouvernance constitutionnelle et politique dans la perspective de la prévention du phénomène de l’extrémisme violent ». Ce rendez-vous de réflexion, d’échanges et de partage d’expériences de deux jours entre scientifiques et juristes de la sous-région et d’ailleurs répond à cet urgent besoin de lucidité dans la région de l’Afrique de l’ouest qui traverse en ces périodes, une zone de turbulences « En initiant ce colloque international, le Togo ambitionne non seulement d’interpeller le monde scientifique sur son rôle, sa place dans l’édification des sociétés paisibles et stables, mais aussi de recueillir des propositions concrètes et novatrices susceptibles de nourrir les réflexions dans le cadre d’une plus grande conférence que nous organiserons à Lomé, le 21 avril prochain sur le thème des transitions politiques et la lutte contre l’extrémisme violent en Afrique », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur, Prof. Robert Dussey, à l’ouverture des travaux en présence du représentant résident du PNUD, Aliou Dia. Les communications étaient organisées autour de trois panels notamment « Paradigme sécuritaire et enjeux politiques » ; « Défis contemporains à la lumière des derniers évènements politiques et sécuritaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest » ; « Transitions politiques au Sahel et en Afrique de l’Ouest : comment accompagner au mieux les processus ». Les réflexions sont axées sur des thématiques comme « Etats africains face aux extrémismes violents : Analyse de la situation au Sahel, le bassin Les officiels à l’issue de l’ouverture du colloque du Tchad et au Togo » ; « Comprendre les motivations et les méthodes des groupes terroristes au Sahel et en Afrique de l’Ouest » ; « La question des identités dans la fabrique des extrémismes violents en Afrique » ; « Coopération transfrontalière et maitrise des frontières ». Les lignes directives de ce colloque Ces experts et scientifiques de la sous-région et d’ailleurs ont recommandé, entre autres, « de renforcer la stratégie de gouvernance économique et de développement dans les États » ; « de restructurer et de mettre en place des stratégies et des agendas au niveau des institutions internationales qui calquent avec les exigences politiques et économiques de la gouvernance de la transition politique ». Ils ont suggéré également d’« insister sur la collaboration transfrontalière entre les États en proie aux extrémistes violents dans le cadre de la gestion des transitions politiques et qu’ « en cas d’extrémisme violent dans les transitions politiques, diversifier la collaboration avec tous les acteurs au niveau national et international ». Des apports importants à la conférence du 21 avril prochain « Toutes ces recommandations constituent de précieux apports qui serviront de base des travaux de la prochaine conférence internationale de Lomé sur les transitions politiques et la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans la région de l’ Afrique de l’Ouest prévue pour le 21 avril prochain », a rassuré le ministre. Les conclusions des travaux mettent à juste titre outre le besoin de crédibiliser davantage nos institutions politiques, le rôle essentiel des leaders religieux et d’opinion, de la société civile et des autres composantes de la société notamment les jeunes et les femmes sur les grandes questions concernant la gestion de nos États, a indiqué Prof. Dussey. Il a salué « les recommandations pertinentes » visant la consolidation des États, la prise en compte des réalités endogènes et culturelles dans les processus de transition ainsi que la mise en place au sein des institutions décisionnelles, des centres d’intelligence et de réflexion stratégiques. « La démocratie sociale doit côtoyer la démocratie électorale »
A l’ouverture des travaux, le président de l’Université de Lomé, ministre en charge des Enseignements, Prof. Dodzi Kokoroko a laissé entendre que « la démocratie sociale doit succéder ou côtoyer fermement et activement la démocratie électorale au risque de vivre le temps éternel des Etats aux pieds d’argiles ». La démocratie de l’espace CEDEAO, poursuit-il « doit être un ensemble qui regroupe sécurité, dialogue ethnique et interreligieux, solidarité et justice sociale voire éradication de la pauvreté ». L’absence de cette unité, dit-il, « sert et servira de caisse de résonnance aux terrorismes, aux extrémismes violents et aux coups d’Etat ». Il a remercié le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé pour ses actions avant-gardistes de sécurité et de développement et de médiation au service de la stabilité du Togo et de la CEDEAO. Prof Dussey interpelle sur crédibilité des institutions politiques Les experts prônent un renforcement de la stratégie constitutionnelle La clôture des travaux s’est déroulée en présence du représentant résident du PNUD au Togo, Aliou Dia, du président de l’Université de Lomé, Prof. Dodzi Kokoroko et du rapporteur général du colloque, Prof. Adama Kpodar, directeur général de l’Ecole nationale d’administration (ENA).
AJA/OAF






